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Comment arrêter de barber vos amis avec vos photos de vacances pourries

Voyager est toujours une excellente occasion de prendre des photos. Si tout le monde ne peut pas être un grand photographe professionnel, il faut bien avouer que certains s’en sortent quand même mieux que d’autres. Qui n’a pas un couple d’amis qui vous barbent à chaque retour de voyage en vous infligeant leurs centaines de photographies floues, mal cadrées et inintéressante ? À moins que… ce soit vous, le fameux couple d’amis ?

Si c’est le cas, vous aurez peut-être envie de donner un peu de pep’s à vos photos de vacances. Voici comment.

Pourquoi prendre de meilleures photos ?

« Mes photos sont très bien comme elles sont, et je vous emm**de M. Palsambleu ! » me direz-vous peut-être. Ce à quoi je vous répondrai plusieurs choses : d’abord, vous n’êtes guère poli ; ensuite, si vous êtes en train de lire ce billet, c’est qu’il y a bien une raison, non ?

Évidemment, libre à chacun de prendre les photos qu’il souhaite, et il n’y a pas de jugements à avoir là dessus. Mais au fond, pourquoi essayer de prendre de meilleures photos ? Pour répondre à ça, il faut d’abord se demander pourquoi prendre des photos tout court :

  • pour garder une trace de mon voyage, un souvenir impérissable que je pourrai chérir, me remémorer au coin du feu et montrer à mes futurs petits-enfants ;
  • parce que j’ai envie de frimer, de dire « j’y étais » et d’épater mes followers sur Twitter, Fackbook et compagnie ;
  • parce que la pratique photographique est un art qui me plaît et que je n’ai pas besoin d’autres raisons.

Considérez le point suivant : quelques soient vos raisons de dégainer votre appareil photo, vous gagnerez a prendre de meilleures photos.

  • vous aurez du mal à fasciner vos amis ou collègues avec vos récits de voyages si vos photos sont barbantes ;
  • vous frimerez d’autant plus facilement que vos clichés représentent avec majesté et magnificence la beauté de l’endroit que vous visitez ;
  • quitte a prendre des photos pour prendre des photos, autant s’attacher à réaliser des clichés intéressants, non ?

Alors, on y va ?!

Réfléchissez avant de déclencher

Le reflexe du photographe débutant est souvent le suivant : je vois quelque chose que je trouve visuellement plaisant, je pointe mon appareil, je clique, et hop ! c’est dans la boite.

En revanche, les photos des photographes professionnels, celles qui nous ébahissent et qu’on aimerait accrocher au mur, ont souvent été le fruit d’un minutieux travail de repérage, d’un patient travail de cadrage, composition, d’étude de la lumière et des couleurs, etc.

Prendre une photo intéressante nécessite un minimum de réflexion.Avant de pointer votre appareil, posez vous quelques questions :

  • Qu’est-ce qui m’intéresse vraiment dans ce que je vois ? Les couleurs ? Les lignes ? Les formes ?
  • Quel est mon sujet ? Qu’est-ce je dois incorporer dans le cadre ou laisser en dehors ?
  • Quel est le but de ma photo ? Est-ce que je veux faire passer une émotion ? Capturer un truc dont je veux me souvenir absolument ou montrer à mes amis ?

Attendez, ce n’est pas fini ! Avant de presser le déclencheur, réfléchissez encore un peu :

  • Est-ce que cette photo est la meilleure que je puisse prendre ? Ne pourrais-je pas améliorer encore le cadrage en me déplaçant un peu ?
  • Est-ce que cette photo vaut vraiment le coup ? Aurai-je envie de la revoir plus tard et de la partager ?

Si non, peut-être vaut il mieux s’abstenir.

Évidemment, il faut parfois prendre une photo sur le vif pour capturer un instant ou profiter d’une opportunité. Le reste du temps, vos photos seront meilleures si vous prenez un peu de temps pour améliorer la qualité de chaque photo.

Prenez moins de photos

Vaut-il mieux prendre 10 clichés magnifiques ou 300 photos barbantes et inutiles qui n’intéresseront personne ? Plutôt que de mitrailler tout ce qui vous entoure, pourquoi ne pas s’attacher à privilégier la qualité sur la quantité ?

Prendre moins de photos présente plusieurs avantages. D’abord, vous aurez plus de temps pour réfléchir et construire chaque cliché, et la qualité de vos photos s’en ressentira (cf. point précédent). Ensuite, trier et retoucher vos photos de vacances ne devient plus une tâche herculéenne, ce qui réduit les chances que vos clichés ne soient laissés à pourrir dans un recoin poussièreux de votre disque dur.

Autre chose : on a parfois tendance a vouloir prendre des photos pour garder des souvenirs. Néanmoins, la photographie n’est pas forcément le medium le plus apte à restituer une odeur, une émotion, une anecdote, ou autre… Dans ce cas, l’écriture (par exemple) sera un moyen plus efficace de ne pas perdre de précieux souvenirs.

En plus, vous aurez moins l’air d’un touriste idiot à tout mitrailler autour de vous…

Évitez les clichés « clichés »

Pouvez-vous m’expliquer l’intérêt de prendre une n-ième photo de la tour de pise ? De pourrir la circulation sur Abbey Road ? L’Humanité a-t-elle vraiment besoin d’un nouveau portrait de la tour Eiffel ?

Pourquoi prendre une photo qui a déjà été prise par des milliers de personne avant vous, et que vous pourrez trouver à l’identique à des millions d’exemplaires sur le web ?

Une bonne photographie, c’est aussi une expression personnelle et originale. Si vous photographiez des lieux hautement touristiques, évitez de prendre la photo « évidente », celle que tout le monde a déjà pris et prendra encore. Faites au moins l’effort de chercher le petit truc que personne ne remarque ou de trouver un angle original. En plus, vous profiterez d’autant mieux de ce que vous êtes en train de visiter.

Arrêtez de vous prendre en photo devant n’importe quoi

Kristen and the Tower

Là, c’est plus un cri du cœur qu’un conseil… Je n’ai jamais compris cette volonté de certains touristes à vouloir se faire prendre en photo devant le premier monument venu.

Alors, quoi ? Est-ce que vous savez que votre belle-mère est sur le point de se faire assassiner et il vous faut un alibi ? Ou avez vous peur que vos collègues doutent du fait que vous avez vraiment vu les pyramides ?

Prendre quelques portraits de vous et ceux qui vous sont chers, c’est intéressant. Mais se faire prendre en photo devant un paysage, c’est s’assurer d’avoir en une seule photo un mauvais portrait et un mauvais paysage.

Et surtout, surtout, ne vous prenez pas en photo en train d’embrasser le Sphinx ou de tenir la tour de pise ! S’il vous plaît ! Un peu de dignité que diable !

Apprenez quelques règles de composition basiques

Le photographe débutant a souvent tendance à placer son sujet au beau milieu de son cliché, ce qui produit souvent des images qui manquent de dynamisme. En général, excentrer son sujet peut donner des photos beaucoup plus intéressantes et visuellement attirantes. C’est la fameuse « règle des tiers ».

D’autres règles de composition peuvent permettre de prendre de meilleures photos, pourquoi ne pas se renseigner sur le sujet ?

Triez et gardez le meilleur

Sur le coup, il est parfois difficile de jeter aux ordures numériques des clichés moyens ou médiocres, parce que, fraîchement retourné au pays, ils nous rappellent avec nostalgie ce voyage a peine terminé.

Néanmoins, ces centaines de clichés présenteront ils encore pour vous un véritable intérêt d’ici quelques mois ou années ? Non ? Dans ce cas, mieux vaut les supprimer et ne garder que la crème de la crème. Vous prendrez plus de plaisir à les revoir, perdrez moins d’espace à les stocker, et barberez moins vos amis en les leur montrant.

Continuez à vous améliorer

Comme le piano, le karaté ou la cuisine, la photographie s’apprend. Tout le monde (ou presque) peut faire cuire des pâtes, mais il faut de la pratique pour réussir un saumon farci en croûte (ne me demandez pas comment cet exemple m’est venu à l’esprit). Pareillement, tout le monde peut viser la tour Eiffel et presser le déclencheur, mais prendre des clichés intéressants, fascinants, captivants, étonnants, drôles nécessite de l’entraînement.

Lire des blogs spécialisés, consulter les livres de photographes talentueux, et surtout continuer à prendre des photos sont autant de moyens de continuer à s’améliorer.

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Les automobilistes sont-ils tous des abrutis ?

Je n’aime pas trop conduire. Mais quand il m’arrive de prendre la voiture, je ne peux m’empêcher de remarquer les comportements individualistes et peu courtois de l’automobiliste moyen. Et il n’est pas rare qu’un juron m’échappe lorsque je suis témoin (ou victime) d’une brusque accélération au dessus des limitations de vitesse, d’un queue de poisson, ou n’importe quel comportement incivique.

Lors de ma dernière sortie, je me suis demandé ce qui m’agaçait autant chez les autres conducteurs. Il est rare que je m’énerve contre quelqu’un, alors pourquoi me surprends-je à crier « regardez-moi ce gros con ! », tout seul, derrière mon volant ?

Et puis, je crois que j’ai compris. J’ai repensé à mon propre article, « Et si le gros con, c’était vous ? » et je me suis posé sincèrement la question. Et je crois bien qu’au volant, le gros con, c’est moi.

Tous des abrutis, même moi

Le problème des voitures, c’est qu’on ne voit pas le visage de l’autre conducteur. Pas moyen de savoir si c’est une jeune mère avec trois gamins, une petite vieille un peu paumée, ou un quincagénaire un peu distrait parce qu’il a de sérieux problèmes au boulot.

Cette absence de contact visuel me prive d’une des facultés humaines les plus importantes : l’empathie. Je deviens incapable de me mettre à la place de l’autre. Au lieu de lui imaginer des excuses et d’être plus tolérant, je suppose automatiquement que ce conducteur est un gros con individualiste et malpoli.

Et pourquoi est-ce le cas ? Pourquoi est-ce ce comportement que, par défaut, je projette sur les autres voitures ? Il me semble que, tout simplement, c’est parce que c’est mon propre état d’esprit quand je suis au volant. Au volant, je suis un individualiste discourtois, et je ne peux m’empêcher de m’imaginer que c’est le cas de tous les autres.

Comment y remédier ? Comment arrêter de voir des gros cons dans toutes les voitures ? À mon avis, il faut changer soi même d’état d’esprit. Commençons par adopter la courtoisie et l’altruisme au volant, et supposer que c’est le cas de tout le monde. Toujours laisser passer les piétons avec un sourire, respecter les priorités, ne pas chercher à griller trois places dans une file en provoquant des embouteillages, etc. Au lieu de chercher à aller le plus vite possible, considérer que maintenir un trafic fluide est un travail d’équipe : attendre son tour pour s’insérer dans une file, adopter une conduite souple et fluide, etc.

Et surtout, se retenir d’insulter copieusement les autres conducteurs. Les insulterais-je ainsi s’ils étaient en face de moi ? Sûrement pas. N’oublions pas que dans la voiture, monstre de métal impersonnel, se trouve un être humain.

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Que faire quand vous avez tort ?

Lorsque vous dialoguez avec des gens, ou publiez des billets sur un blog, il se peut parfois que quelqu’un vous fasse remarquer que vous avez proféré une énormité. Enfer et damnation ! L’impensable est arrivé, vous êtes devant le fait accompli : vous avez raconté n’importe quoi. Vous vous êtes planté sur toute la ligne. Vous avez tort.

Avoir tort est toujours désagréable, car c’est la preuve que vous n’êtes pas parfait. Notre esprit est conditionné à ne pas faire preuve de faiblesse, car le faible s’expose à d’autres agressions. Et surtout, nous ne savons pas toujours comment réagir. Il y a à mon avis une bonne et une mauvaise façon, commençons par la mauvaise.

Comment ne pas réagir quand vous avez tort

La mauvaise façon de réagir à mon avis, c’est de sombrer dans le déni et ne pas reconnaître votre tort. Nous connaissons tous des personnes qui refusent toujours d’admettre qu’elles se sont trompé, et persisent à affirmer qu’elles ont raison sur toute la ligne. Quelque soit les arguments que vous leur opposerez, même si l’évidence et la logique sont contre eux, ils s’entêteront à ne pas reconnaître leur faute.

Pire, ces cuistres utiliseront les pires stratagèmes pour se défendre : attaques personnelles, insultes, mauvaise foi, etc. Je vais vous faire une confidence : ces personnes et leurs comportements m’agacent prodigieusement. Je déteste ce genre de procédé, parce qu’il coupe court à tout dialogue constructif, et révèle à mon avis une profonde immaturité.

Ces gens sont-ils stupides, pour refuser l’évidence ? Non, je pense plutôt qu’ils n’ont pas assez confiance en eux pour admettre leurs failles. Reconnaître leur tort les blesserait dans leur amour propre, et ils préfèrent développer des stratégies d’auto-défense pour protéger leur fierté.

Le problème, c’est que ce réflexe est parfois tellement ancré en eux qu’il en devient maladif, ils en arrivent à se convaincre eux même qu’ils ont raison. C’est à mon sens dramatique, car ils se privent du pouvoir de la remise en question, et s’interdisent tout développement personnel.

Comment bien reconnaître ses torts

Attention, je ne parle pas des cas ou d’autres, au cours d’un débat, essayent de vous discréditer pour vous rallier à leurs arguments. Je parle du cas avéré ou vous êtes réellement en faute. Voici, à mon avis, la bonne façon de procéder quand vous avez tort.

  1. Reconnaissez votre faute. Admettez que vous vous êtes gouré, ou que vous avez fait une bêtise. Ne tournez pas autour du pot, dites franchement et à haute voix « Je reconnais que j’ai eu tort ». Ça fait mal, hein ? C’est normal, c’est la même douleur que quand on verse du désinfectant sur une plaie. Ça ira mieux ensuite.
  2. Expliquez exactement en quoi consiste votre tort. Dites quelque chose comme « Je n’aurais jamais du dire ceci, ou faire cela. Ce n’était pas correct ». Cela montre à vos contradicteurs que vous comprenez en quoi consiste votre faute, et que vous n’avez pas fermé le dialogue. Et surtout, cette verbalisation vous permet de lâcher prise sur le fait que vous vous êtes trompé, et que vous n’êtes pas parfait.
  3. Ne vous cherchez pas d’excuses. Assumez complètement que vous avez mal agi, que vous avez été bête. Reconnaissez cette responsabilité.
  4. Expliquez ce que vous auriez du dire ou faire à la place : « J’aurais plutôt du dire que… J’aurais plutôt du procéder ainsi… ». Cela montre à vos interlocuteurs que vous êtes sincère, et que vous avez compris votre faute.
  5. Présentez vos excuses à ceux que vous avez blessé. Si vous avez blessé quelqu’un publiquement, présentez vos excuses publiquement, c’est une question d’honnêteté.
  6. Expliquez ensuite ce que vous allez dire ou faire pour vous racheter. Et agissez.

Procéder ainsi est une preuve de maturité. C’est une bonne chose pour vous, parce que vous soulagez votre esprit de la culpabilité de votre faute. Vous acceptez le fait que vous n’êtes qu’humain, et vous entraînez votre amour propre à ne pas dépendre d’une perfection inatteignable. Et surtout, vous permettez à votre esprit de passer à autre chose, au lieu de tourner en rond encore et encore.

C’est également une bonne chose pour les gens que vous avez blessé. En reconnaissant votre faute et votre responsabilité, vous les soulagez en leur permettant d’entamer le deuil de leur douleur (même si celle-ci n’est qu’une simple vexation). Si vos contradicteurs sont de bonne foi, vous entamerez le processus de réconciliation. En faisant preuve de sincérité, vous aurez plus de chance d’encourager le même type de comportementchez eux, et d’arriver à une résolution de conflit sincère et honnête. Qui sait, vous tomberez peut-être dans les bras l’un de l’autre.

Enfin, et c’est peut-être le plus important, tirez des leçons de vos erreurs. Ce n’est qu’à cette condition que vous arriverez à reconnaître des torts pour ce qu’ils sont : des opportunités de mûrir.

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Savez-vous prendre la fuite ?

Savez-vous prendre la fuite au bon moment ? Nous avons tous vécu des situations déplaisantes, voire franchement désagréables. Notre conditionnement culturel et notre fonctionnement psychologique nous poussent en général à faire front et à persister, quitte à se taper pendant des années des boulots abrutissants ou des relations nocives. Refuser de prendre la fuite peut pourtant avoir des conséquences dramatiques, par exemple dans le cas de harcèlement moral ou de maltraitances conjugales.

Pourtant, prendre la fuite n’est pas forcément faire preuve de lâcheté. Parfois, c’est tout simplement la meilleure situation envisageable. On pourrait même aller plus loin, en disant que parfois, prendre la fuite est réellement la solution qui demande le plus de courage et de maturité. Car il faut beaucoup de force morale pour mettre de côté son égo et passer outre au jugement d’autrui.

Évidemment, il ne faut pas confondre les « bonnes fuites » et les « mauvaises fuites ». Sombrer dans l’alcool ou la drogue, voici un exemple de fuite qui représente une fausse solution, mais qui ne résoud pas le vrai problème.

Alors comment distinguer les deux ? Et comment savoir quand fuire ou pas ? L’exercice peut parfois être trés difficile.

Toutes ces réflexions, ainsi que quelques solutions possibles, se trouvent dans la vidéo de cette conférence « De l’art de prendre la fuite », que je vous laisse regarder.

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Le top 10 des bonnes raisons pour détester Noël

Ah ! La période des fêtes de noël ! Joie, amour, bonheur… Ou pas ! Car Noël, c’est aussi l’occasion pour toute une communauté de grincheux de cracher leur aigreur à la face du monde en pestant contre cette « fête commerciale ».

Il est vrai que les occasions de détester les fêtes de fin d’année sont nombreuses. Allez, parce que je ne dédaigne pas moi aussi me laisser aller à quelques aigreurs, voici mon top 10 des bonnes raisons pour détester Noël.

Je déteste les chants de Noël

Et c’est reparti ! Tous les ans, pendant un mois, ma municipalité se croit obligée de diffuser des chants de Noël à grand renfort de hauts parleurs accrochés un peu partout. Je déteste ces musiques niaises et sirupeuses apparemment chantées par des chorales de jeunes ados prépubères sous acide.

D’autant que ces agaçantes mélodies, à cause de leurs sonoritées criardes et de leurs paroles naïves, ont tendance à s’implanter dans mon esprit pour ne plus s’en déloger. Je me surprend donc à chantonner « Il est né le divin enfant » au beau milieu des tâches les plus sérieuses, ce qui m’agace au plus haut point.

C’est d’ailleurs mon excuse pour céder à une autre tradition, la fameuse « cuite de noël ».

Je déteste les décorations de Noël

Ah ! Les fameuses décorations. Il fut un temps ou une élégante boule de faïence et une guirlande discrète disséminées dans une plante verte donnaient à un logement une atmosphère festive et bon enfant.

Aujourd’hui, la modération ne fait plus partie des préoccupations des amateurs de décorations de noël. Les toits et les jardins sont recouverts de guirlandes flashy, de lanternes clignotantes, de lutins en plastique et de bonhommes de neige en polystyrène. Tout pour épater le voisin. Je ne peux même plus sortir de chez moi sans avoir l’impression de me retrouver en boite de nuit des années 70.

Quand au sapin, il est tellement recouvert de boules en plastique et de petits anges à l’air stupide qu’on ne l’aperçoit même plus.

Je songe d’ailleurs à fonder le FNLSN, le Front National pour la Libération des Sapins de Noël.

Je déteste les pères noël en détresse

Vous avez forcément un voisin qui a cedé à cette stupide mode qui consiste à accrocher un père noël en plastique sur le rebord de son balcon. Je n’ai jamais vraiment compris l’intérêt de cette coutume, qui me paraît plutôt morbide.

En fait, chaque fois que j’aperçois l’un de ces monte-en-l’air, je crois voir un enfant en détresse sur le point de tomber. Mon caractère héroïque me pousse à crier « Non ! Attends ! Ne saute pas ! » en me précipitant pour secourir le malheureux. Je ne vous explique pas la honte quand je découvre mon erreur.

Je déteste offrir des cadeaux qui seront revendus juste après

Les cadeaux de Noël… Tant de souvenirs pénibles y sont associés ! Qui n’a jamais pleuré de rage en progressant à coup de poing dans une foule avide et déchaînée, pour finalement parvenir à atteindre l’horrible ours en peluche rouge que votre petite nièce oubliera une semaine après les fêtes ?

C’est un fait, je ne sais jamais quoi offrir. Qu’est-ce qui ferait plaisir à ma grand-mère ? À quoi peut bien rêver un jeune homme de six ans ? Je n’en sais fichtre rien.

Mais comme la tradition exige que l’on offre des cadeaux, et que celui qui ne cède pas à cette tradition sera taxé d’égoïste gauchisant, je me résoud à trouer mon compte en banquepour acheter des absurdités qui ne feront plaisir à personne et seront revendu sur ebay juste après.

Pour me venger, j’achète les cadeaux les plus moches possibles.

Je déteste recevoir des cadeaux que je n’oserai pas revendre

Comme si faire des cadeaux ne suffisait pas ! Il faut encore en recevoir. Vous n’imaginez pas l’angoisse qui m’étreint chaque fois que je déballe un paquet. « Qu’est-ce que ça va être ? Encore un truc inutile ! Et il va falloir prétendre que c’est une excellente idée ». Puis, le sourire pincé et hypocrite de celui qui a reçu un truc moche et encombrant et qui joue la comédie pour ne pas froisser mémé.

En plus, mes grands parents surveillent mon compte ebay pour s’assurer que je ne revende pas les cadeaux qu’ils m’ont offert. Je suis condamné à garder les horreurs qu’ils m’infligent. Les sadiques !

Je déteste qu’il ne neige que chez les autres

La neige fait partie de la magie de Noël. Tous mes souvenirs d’enfance remontent à la surface quand je contemple les collines immaculées, les batailles de boules de neige et la carotte en guise de nez sur les gros bonhommes de neige.

Sauf que moi, j’habite dans une région ou il ne neige jamais. En tout cas, pas à Noël. Je dois donc subir les images de villages enneigés, les luges et les igloos, alors que chez moi, il flotte !

Pareil pour la cheminée. Qui peut résister à l’odeur du bois qui s’enflamme, aux craquements des bûches et à la douceur réconfortante d’un week-end à lire au coin du feu ? Si seulement j’avais une cheminée…

Je déteste tuer des bébés arbres

J’ai beau faire, je ne comprends pas le plaisir qu’il peut y avoir à installer un petit sapin dans son salon. C’est quand même un bébé arbre mort, non ? Et si des sapins zigouillaient votre enfant pour le placer dans leur forêt en guise de décoration ? Et s’ils poussaient le vice jusqu’à décorer son petit cadavre sanguinolant avec des guirlandes ? Vous trouveriez ça drôle ?

Je déteste prendre de bonnes résolutions

Je me dis parfois que j’aimerais bien toucher deux mots à l’abruti qui a décreté qu’il fallait prendre de bonnes résolutions pendant les fêtes.

Je déteste prendre de bonnes résolution, pour deux raisons :

  1. Ça me rappelle que j’ai des défauts à corriger, ce qui m’agace, puisque j’ai tendance à me voir comme un être parfait ;
  2. Ça me rappelle que je n’ai pas tenu mes résolutions de l’an dernier, et qu’en plus d’avoir des défauts, je n’ai aucune volonté ;

C’est vraiment une tradition idiote.

Je déteste les repas de famille

Parfois, je me pose la question : qu’ai-je donc de commun avec tous ces gens que je vais devoir supporter pendant quatre heures à table ? Qu’y a-t-il de pire qu’un repas de famille (à part un repas avec la… belle-famille) ?

D’abord, il faut supporter les radotages de la mamie gateuse, qui vous prend encore pour un gamin de quatorze ans. Ensuite, le stress de maman qui court partout en criant des ordres d’une voie aigue, et qui s’engueule avec beau-papa parce qu’il a laissé crâmer la dinde. Et puis il y a tatie Henriette qui ne peut pas s’empêcher de lancer la discussion sur des sujets politique, pour être bien sûre que tout le monde s’engueule, quand ce n’est pas l’oncle René qui étale sa science en expliquant pour la n-ième fois les origines de la fête de Noël. Mais le pire, c’est quand le cousin Gaston, bourré, commence à raconter des blaguessalaces devant les enfants. Ambiance garantie !

Forcément, pour compenser, je picole et m’empiffre. Ça n’est pas trés raisonnable, mais ça fait passer le temps.

Non, vraiment, je ne peux pas supporter tous ces faux-culs, tout sourire à l’extérieur, mais qui ne peuvent pas vous supporter. Et le pire, c’est qu’ils pensent la même chose de moi !

Je déteste les gens niais et heureux

Je ne comprends pas pourquoi cette horrible période des fêtes de fin d’année peut rendre certaines personnes aussi joyeuses. Nous avons tous un collègue ou un ami qui ne peut pas s’empêcher d’arborer un stupide bonnet rouge à grelot, et qui insiste à longueur de journée pour que nous « nous aimions les uns les autres ».

C’est un fait, les gens heureux deviennent niais et sirupeux. Le contraste me fait paraître encore plus morose.

Cela fait beaucoup de bonnes raisons de détester les fêtes de Noël. Mais je crois que le pire, pendant les fêtes, ce qui m’insupporte le plus, ce qui me hérisse le poil, ce qui me donne le plus envie de râler, c’est… les gens qui détestent Noël.

Et vous, quelles sont vos bonnes raisons pour détester noël ?

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Compétences sociales Développement personnel

Et si vous arrêtiez d’attendre le bon moment ?

« Ce n’est pas le bon moment ». Est-ce que cela ne vous agace pas d’entendre cette phrase ? Peut-être même la prononcez vous, parfois ? Chaque fois que j’entends ça, je suis désespéré pour la personne qui est en face de moi.

« J’aimerais me mettre à mon compte et devenir auto-entrepreneur, mais ce n’est pas vraiment le bon moment, avec les gosses, tu comprends… »

« J’aimerais acheter un voilier et partir faire le tour du monde, mais avec la crise, ce n’est pas vraiment le moment… »

Le bon moment ne vient jamais

Nous avons tous des rêves et des projets d’envergure. Et tous, nous avons des obligations, des hauts et des bas, des gamins, un boulot, des occupations, des rendez-vous, des crédits, etc. Évidemment, nous sommes tentés de remettre nos grands projets à plus tard. Pas de chance, ces projets sont justement ceux qui nous rendraient heureux, parce qu’ils correspondent à ce que nous voulons vraiment.

Dans 95% des cas, ce n’est qu’une excuse, que nous invoquons parce que nous avons peur de nous lancer. Alors, nous préférons nous réfugier dans le fantasme : un jour, je ferai le tour du monde. Un jour, je créerai ma boite. Un jour, j’apprendrai à jouer du piano, etc.

À force de toujours remettre la réalisation de ses rêves à plus tard, on fini par s’apercevoir qu’on n’a rien accompli, que le temps passe, et oh ! Suprise ! Ce n’est toujours pas le bon moment.

Que sont devenus vos rêves ?

Voici mon avis : ce n’est jamais le bon moment. Si vous ne partez pas faire le tour du monde aujourd’hui, vous n’irez jamais. La seule solution, c’est d’agir maintenant. Posez vous la question : qu’est-ce que vous pourriez faire aujourd’hui qui vous rapprocherait de votre but ? Vous voulez faire le tour du monde ? Décrochez votre téléphone pour prendre rendez-vous avec un vendeur de bateaux. Vous voulez vous installer à votre compte ? Allez donner aujourd’hui votre démission.

Agissez dés maintenant. Vous trouverez les ressources nécessaires et les solutions aux problèmes ensuite. Mais arrêtez d’attendre le bon moment, il ne viendra jamais.

La différence entre ceux qui vivent la vie de leur rêve, et ceux qui vivotent en attendant la retraite, c’est que les premiers agissent dans l’instant. Et vous, dans quelle catégorie vous situez-vous ?

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Compétences sociales Sculpture de Soi

Et si le gros con, c’était vous ?

Nous sommes entourés de gros cons. C’est en tout cas ce qu’il faut penser si l’on en croit mon entourage.

Si on leur pose la question, la plupart des gens répondront qu’ils fréquentent beaucoup de connards. Par contre, bien peu reconnaissent faire eux même partie de cette catégorie.

Tout le monde fréquente des cons, mais personne ne l’est. Il y a là une bizzarerie mathématique. Où sont donc passés tous ces cons ?

« Ces cons ne savent même pas qu’ils sont cons », direz vous peut-être ? Mais vous vous doutez bien que tout le monde pense exactement la même chose, n’est-ce pas ?

Et si le gros con, c’était vous ?

On est toujours le con de quelqu’un

Loin de moi l’idée de vouloir vous insulter. Je sais en effet que les lecteurs de Palsambleu ! représentent la fine fleur de l’élégance et de la distinction.

Toutefois, toute personne sincèrement intéressée par son développement personnel se doit de se poser la question au moins une fois. Suis-je un gros con qui s’ignore ?

Personne ne veut être un gros con, et même les cons avérés nient faire partie de cette catégorie. Les cons ignorent-ils leur condition ? Ou bien se contentent-ils de la nier ?

Et si les cons ne se rendent pas compte de leur état, comment pourriez vous savoir si vous êtes vraiment con ou pas ? Pas de panique ! Je suis là pour vous aider.

Alors docteur ? C’est grave : vous êtes con !

Voici une série de question et d’affirmations. À chaque fois, répondez par oui ou par non, et notez votre nombre de oui et de non. Rendez-vous plus bas pour lire les résultats.

  • Vous pensez que vous êtes entourés de cons ;
  • Vous êtes absolument certain de ne pas être un gros connard ;
  • Vous êtes toujours aimable avec vos supérieurs, mais vous pensez que vos subordonnés ont parfois besoin d’être brusqués pour être efficaces ;
  • Vous êtes trés sûr de vous ;
  • Vous aimez critiquer et dire du mal d’autres personnes en leur absence ;
  • Vous pensez que vos réussites ne dépendent que de vous, mais vos échecs ont toujours une cause extérieure ;
  • Vous n’avez jamais tort et par conséquent, vous ne ressentez jamais le besoin de vous excuser ;
  • Vous pensez qu’il est sain de piquer une bonne colère de temps en temps ;
  • Vous pensez que vous êtes entourés d’incapables ;
  • Vous avez trés souvent l’impression de pouvoir faire mieux que les autres ;
  • Vous n’hésitez pas à insulter ou humilier une personne qui l’a bien mérité ;
  • Vous ne pouvez pas faire confiance aux gens qui vous entourent ;
  • Quand vous entrez dans une pièce, si les gens partent, c’est parce que vous les intimidez ;
  • Vous n’êtes jamais invité chez vos collègues ;
  • Vous pensez qu’on peut généraliser certaines qualités / défauts à des populations entières (les arabes, les immigrés, les homos, etc.) ;
  • Vous êtes contre le droit au mariage pour les couples homosexuels ;
  • Vos phrases contiennent souvent l’expression « Ces gens là » ;

Avez-vous répondu à toutes les questions avec franchise et honnêteté ? Si vous avez obtenu plus de 4 ou 5 « Oui », je crois bien que j’ai une mauvaise nouvelle pour vous…

Pourquoi est-ce si dur d’admettre que vous êtes un con ?

Avant d’aller plus loin, peut-être convient-il de définir ce qu’est un con ? On utilise parfois ce terme pour définir un idiot, mais ce n’est pas vraiment la définition qui nous intéresse. Un con n’est pas non plus un beauf, car la « beaufitude » désigne plutôt une vacuité, et on trouve des cons trés cultivés.

Dans Objectif Zéro Sale Con, Robert Sutton ne définit pas les cons par leur qualité, mais par leurs actions. L’auteur considère qu’un con est une personne qui à des comportements de nature à humilier, agresser, démoraliser ou rabaisser les gens avec qui il entre en contact, et surtout un con s’attaque principalement aux plus faibles.

Une autre caractéristique que me paraît indissociable du con, c’est le sentiment de supériorité. Le con se croit au dessus de la masse des crétins qu’il méprise. Il a par conséquent une trés haute opinion de lui même. Or, des études sociologiques ont montré que nous souffrons en général d’un biais de perception, et que nous avons tendance à nous voir sous un jour beaucoup plus favorable et clément que la réalité.

C’est d’ailleurs un mécanisme bien connu des charlatans de tous poils qui l’utilisent pour dire la bonne aventure.

En résumé, être persuadé de ne pas être un gros con est l’une des caractéristiques principales des gros cons.

Être un connard est un handicap

Pourtant, être un gros con n’a que peu d’avantages, et beaucoup d’inconvénients. Voyez plutôt.

Les gens vous craignent

À force d’humilier et de rabaisser les autres, ceux-ci apprennent à vous éviter et à vous craindre. Cela ne veut pas dire qu’ils ne vont pas vous torpiller dans votre dos à la première occasion.

Vous vivez dans le déni

Personne n’ose vous apporter les mauvaises nouvelles, et tout le monde se tient à carreau en votre présence, pour éviter d’attirer votre attention. Votre vision de la réalité est donc complètement biaisée. Jusqu’au jour ou la réalité vous ratrappe.

La liste de vos ennemis s’allonge

À force de vous comporter comme un enfoiré, la liste des gens qui ont quelque chose à vous reprocher d’allonge. Vous pouvez être certain qu’à la première occasion de vous rendre la monnaie de votre pièce, vos ennemis ne se priveront pas.

Vous êtes seul

Peut-être avez vous l’impression d’être apprécié et respecté, parce que votre entourage vous lèche les bottes et reste courtois par peur et intérêt. Mais si vous êtes vraiment un gros con, le jour ou il vous arrivera une tuile, vous pouvez être certain que personne ne lèvera le petit doigt pour vous aider. Vous serez seul. Terriblement seul.

Vous êtes inefficace

Dans un cadre professionnel, des études ont montré que les équipes dans lesquelles règne un climat de peur et de stress sont beaucoup moins efficaces que celles ou confiance et collaboration sont les maîtres mots.

Vous êtes manager ? Vous avez l’impression d’être efficace, parce que dés que vous entrez dans une pièce, tout le monde à l’air de bosser à fond ? Je vous assure qu’en votre absence, c’est une autre histoire. Au contraire, les employés qui subissent des gros cons sont bien plus susceptibles de se rendre coupable de sabotage.

Vous préparez la mort de votre couple

Une relation de couple épanouissante devrait être basée sur la tendresse et le respect mutuel, qualités dont vous ne faites pas preuve si vous êtes vraiment un gros con. En ne rendant pas votre partenaire aussi heureux qu’il pourrait l’être, vous vous privez vous même des plus grandes joies qu’offre une vie de couple réussie.

Vous êtes entouré de sales cons

Si l’on dit souvent que les contraires s’attirent, il n’en est pas moins vrai que les gros cons ont tendance à s’agglutiner en grappes. Si vous êtes un gros con, il est donc probable que vous soyiez entouré d’autres gros cons, avec toutes les conséquences désagréables et dangereuses que cela engendre.

Vous êtes en sursis

Désolé de vous le dire, mais les gros cons ne sont plus à la mode. De plus en plus d’études et de livres démocratisent l’idée que les gros cons n’ont pas à être tolérés, et sont nuisibles pour leur entourage comme pour les résultat de l’entreprise.

Peut-être que votre comportement vous a permis de gravir les échelons de la hiérarchie pour arriver à une position de pouvoir. Mais les temps changent, et ce même comportement pourrait trés bien être la cause de votre perte demain. Songez-y !

Comment arrêter d’être un gros con ?

Découvrir que l’on est un gros con est douloureux, et la guérison nécessite une remise en question drastique. Voici quelques conseils qui peut-être vous permettront de faire quelques progrès.

Le reconnaître, c’est faire le premier pas

Nombreux sont les gros cons qui nient leur état. Accepter la vérité, et admettre que vous avez un problème est assurément la première étape sur le chemin de la guérison.

Si vous êtes prêt à reconnaître que votre comportement n’est pas toujours adéquat, et que vous décidez de changer pour de bon, profitez-en pour faire un check-up complet. Listez les comportements que vous aimeriez modifier, les réactions que vous aimeriez susciter, et fixez vous des objectifs.

Arrêtez de penser qu’être un gros con est cool

Si certains enfoirés s’ignorent, d’autres en sont bien conscient, et en sont même fier. Toutefois, peut-être fait-il préciser les faits suivants : 1) On peut avoir de l’autorité sans être con. 2) On peut s’affirmer sans être con. 3) On peut être performant sans être con. 4) On peut avoir du succès sans être con. 5) On peut avoir du charisme sans être con. Etc.

Bref ! Quoi que vous en pensiez, être un gros con n’est pas une qualité, et ne peut que vous désservir.

Arrêtez de fréquenter des gros cons

Il faut bien reconnaître que la connerie est souvent contagieuse. Le fait étant que les cons se soutiennent mutuellement, il est difficile de changer si vous baignez dans un environnement peuplés d’enflures.

Essayez de vous rapprocher de personnes plus ouvertes, plus modérées, plus réfléchies, plus gentilles, bref ! Moins connes…

Évidemment, ce ne sera pas facile au début, car les gens fuient les cons comme la peste, surtout si vous êtes catalogué comme tel. Il faudra montrer patte blanche, et faire preuve de patience.

Changez votre vision des autres

Les gens ne sont pas automatiquement des gros cons parce qu’ils vous ont contrarié, ou commis une erreur. Oui, parce qu’avoir des avis trés tranchés et juger sur des informations supercificelles est une autre caractéristique du connard. Au lieu de cataloguer les autres, pourquoi ne pas laisser le bénéfice du doute ? Après tout, vous même êtes certainement moins parfait que vous ne voudriez le laisser entendre.

Essayez de voir le bon côté des gens. Attachez-vous à leurs qualités, plutôt qu’à leurs défauts. À ce qui vous rassemble, plutôt qu’à ce qui vous différencie. Ne soyez pas trop prompt à juger, et évitez d’émettre des critiques négatives à tout bout de champ.

Pensez gagnant − gagnant

Le con pense souvent que pour gagner, les autres doivent perdre. Pour monter dans la hiérarchie, il doit écraser les autres. Pour avoir des résultats, il voit ses collègues comme des concurrents.

Et si vous changiez de paradigme ? Et si vous tentiez l’approche gagnant − gagnant ? Le principe est simple : partez du principe que vous gagnerez plus si tout le monde gagne.

Cela vous amènera à adopter une approche collaborative plutôt que compétitive. À mettre en valeur vos collègues plutôt qu’à les enfoncer. À travailler en équipe plutôt qu’en individualiste. À penser un peu moins à vous, et un peu plus aux autres. Et qui sait, peut-être les résultats dépasseront-ils vos espérences ?

Lisez Palsambleu !

Sans blague ! Ce blog regorge de bons conseils sur le développement personnelAbonnez-vous pour ne rater aucur article.

Pratiquez au quotidien

Arrêter d’être un gros con nécessite des efforts quotidiens. En guise d’exercice, vous pouvez par exemple vous forcer à reconnaître que vous avez eu tort au moins une fois par jour. Vous pouvez aussi vous contraindre à présenter des excuses, à propos de n’importe quoi, au moins une fois par jour.

Ce genre d’exercice quotidien vous aidera à inscrire votre guérison dans la durée, et à ne pas perdre de vue vos objectifs.

Nous avons suffisamment de gros cons

J’espère qu’un lecteur ne se sera senti insulté par ce billet, car ce n’est pas l’enjeu. J’espère également vous avoir convaincu qu’être un gros con, ce n’est pas sexy ni efficace.

La prochaine fois que vous aurez envie de prononcer un truc du genre « Mais quel gros con celui-là » ou « Quelle conne ! », résistez à cette impulsion pendant quelques secondes, et posez vous la question : Et si le gros con, c’était moi ?

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Vous ne savez pas vous présenter

Si je vous pose cette simple question : « Qui êtes-vous ? », saurez-vous me répondre du tac-au-tac ?

Sous son apparence banale et simpliste, cette interrogation est en fait fort complexe.

Avez-vous remarqué, lors d’une nouvelle rencontre, que l’on pose toujours les mêmes questions « Quel est votre nom » et « Que faites vous dans la vie ? », comme si connaître mes noms et activités professionnelles permettait de me connaître entièrement.

Pourtant, il-y-a tellement de choses qu’on ignore, quand on ne connaît que le métier d’une personne.

Savez-vous vous présenter ?

C’est un constat : en règle générale, lorsque vous rencontrez quelqu’un, vous ne posez que rarement des questions intéressantes. Chaque humain est un être d’une complexité infinie, parfaitement unique, et vous vous contentez de vous enquérir de sa profession. Tristement banal.

Et l’inverse et vrai. Vous ne savez pas vous présenter. À part votre nom et votre métier, vous n’arrivez qu’exceptionnellement à donner d’autres informations pertinentes pour aider votre nouvelle rencontre à mieux vous connaître.

Pourtant, savoir se présenter est une compétence qui me parait importante. Dans le cadre professionnel, en soirée, pour séduire lors d’un speed dating, etc., toute rencontre commence en général par une présentation.

Comme c’est vendredi, je vous propose en guise d’exercice de réfléchir à votre pitch personnel. Imaginez que vous deviez vous « vendre » en quelques phrases, quels éléments voudriez vous mettre en avant ? Sauriez-vous, en deux minutes, résumer qui vous êtes, et donner envie à l’autre de vous connaître mieux (ou d’acheter votre produit) ?

Qu’est-ce qui vous définit

Vous n’êtes pas votre travail, vous n’êtes pas votre compte en banque, vous n’êtes pas votre portefeuille, ni votre putain de treillis.
Fight Club, Tyler Durden

Avant d’expliquer aux autres qui vous êtes, peut-être faut-il que vous vous posiez vous même la question, car bien des gens ont du mal à définir leur propre identité. Se demander « Qui suis-je » reviens à se poser la question « Qu’est-ce qui me définit ? ». Alors, est-ce que c’est…

  • Votre métier ?
  • Votre histoire ?
  • Votre enfance
  • Vos passions ?
  • Votre famille ?
  • Vos valeurs et principes ?
  • Vos idées ?
  • Votre culture
  • Votre nationalité ?
  • Votre ethnie ?
  • Vos talents ?
  • Votre apparence ?
  • Vos vêtements ?
  • Vos expériences ?
  • Vos fantasmes ?
  • Vos projets ?
  • Vos rêves ?
  • Vos peurs ?
  • Vos tics et manies ?
  • Vos coups d’éclats ?
  • Vos voyages ?
  • Vos erreurs ?

La liste est encore longue. Alors, qu’est-ce qui vous définit ? Et bien, probablement un peu de tout ça ! Vous voyez que cela fait beaucoup d’éléments qu’on pourrait mettre en avant.

Lorsque je rencontre des gens, j’aime bien leur poser des questions un peu inhabituelles, du genre « Bon, et vous avez des talents particuliers ? » ou « Alors, quel est votre défaut préféré ? ». Essayez, vous verrez c’est amusant.

Mais revenons à nos moutons…

Les caractérisques d’un bon pitch

Pour remplir son rôle, un bon pitch doit à mon avis répondre à certains critères.

Être sincère

Vous êtes en train de vous présenter. Soyez sincère. Je ne dis pas qu’il ne faille pas vous montrer sous votre meilleur jour, mais n’allez pas jusqu’à mentir en donnant une fausse image de vous.

Être engageant

Donnez envie à votre interlocuteur (trice) de vous connaître plus avant. Soyez-donc engageant et dynamique, souriez, redressez-vous, regardez la personne à qui vous parlez dans les yeux, etc.

Être personnel

Un bon pitch personnel est, comme son nom l’indique, personnel. Qu’est-ce qui fait que vous êtes unique et à nul autre pareil ? Laissez-donc de côté les affirmations trop communes, du genre « je travail dans un bureau et j’aime le sport », et démarquez-vous en mettant en avant des qualités uniques.

Être mémorable

Si votre présentation répond aux critères ci-dessus, alors elle sera probablement mémorable. Si les gens se rappellent de votre introduction, ils se rappelleront de vous, ce qui est une bonne chose1.

Savoir se présenter est une compétence indispensable, et toutes les relations commencent par ce petit rituel. Exercez-vous, et vous augmenterez les chances de marquer les esprits lors d’une nouvelle rencontre.

Au delà de ça, il est toujours intéressant de se poser la question : Qui êtes-vous ? Qui voulez-vous être ?

  1. sauf si vous leur devez de l’argent []
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Marre d’être timide ? Suivez le guide !

Je suis un ancien timide. Le genre de timidité suffisamment prononcée pour qu’elle vous pourrisse la vie au quotidien. Vous savez, cette angoisse qui vous prend quand le téléphone sonne ? Ou quand il faut demander sa route à un badaud ? Je l’ai vécue au quotidien, pendant longtemps.

Je détestais être timide, et considérais ma timidité comme un vrai handicap. Je fantasmais sur un moi futur, débarrassé de tout complexe, capable de m’intégrer dans n’importe quel groupe, d’être le centre de l’attention avec panache, et d’emporter le cœur de n’importe quelle femme.

Il y a de ça plusieurs années, j’ai décidé de me prendre en main. Je ne voulais plus être timide. Aujourd’hui, sans correspondre à 100% à l’archétype du « supersocial », je suis plutôt satisfait du résultat. Décrocher mon téléphone n’est plus qu’un acte banal, et je peux me rendre à une soirée ou je ne connais personne et arriver à y prendre du plaisir.

Évidemment, Rome ne s’est pas faite en un jour, et je ne suis pas du genre à vous promettre de vaincre votre timidité en une semaine grâce à un secret bien gardé mais disponible dans mon ebook à 22€. Et puis, je ne suis pas psychologue, et j’imagine qu’il y a autant de timidités différentes que de timides. Toutefois, j’ai eu envie d’écrire cet article, peut-être donnera-t-il le petit coup de pouce à ceux qui en ont besoin.

D’où vient la timidité ?

Qui connaît son ennemi comme il se connaît, en cent combats ne sera point défait.

Comme le recommande le sage Sun Tzu, commençons par tâcher de comprendre notre ennemi. Qu’est-ce que la timidité ? Nous en connaissons les symptômes, mais quelles en sont les causes ?

À mon avis (ce qui va suivre est une définition personnelle), la timidité est un ensemble de comportements et d’émotions d’autoprotection provoqués par une simple névrose : la peur d’être rejeté.

De cette simple peur vont en découler d’autres : peur d’être jugé, peur de prendre des risques, peur de l’échec, peur de la critique. Toutes ces crispations mentales vont conduire le timide à mettre en œuvre les comportements que nous connaissons bien : éviter de se mettre en avant, limiter au maximum les relations avec des inconnus, prendre le moins de risques possibles, etc.

Pourquoi la timidité est-elle un calvaire ?

Être timide est une névrose qui peut devenir terriblement handicapante. Si vous n’en êtes pas (encore) convaincu, voici une liste non exhaustive des risques que encourez si vous ne soignez pas votre timidité.

La paralysie sociale

La timidité nous conduit à éviter au maximum les contacts avec les gens. Par conséquent, votre cercle social sera fatalement réduit, vous manquerez des opportunités de rencontrer des gens intéressantes et utiles.

Un inconfort permanent

Dans la mesure ou la majeure partie de notre vie fait intervenir des relations avec l’autre, votre timidité vous rend la vie difficile et inconfortable, puisque l’angoisse de la timidité marque chaque action de la vie quotidienne.

Rater des opportunités

Dans la mesure ou être timide vous pousse à l’immobilisme, à limiter les risques et les rencontres, vous risquez tout simplement de passer à côté de beaucoup d’opportunités de toutes sortes : professionnelles, amoureuses, etc. Par conséquent, à moins de vous appeler Pierre Richard, vos chances de vivre la vie trépidante dont vous rêviez sont minces.

Devenir trop gentil

Par peur de blesser, d’être jugé et rejeté, le timide n’ose pas dire non, pensant qu’être gentil est le meilleur moyen pour s’assurer la bienveillance de son interlocuteur. Nous savons ce qu’il en est, n’est-ce pas ?

Devenir un sale con

La réaction inverse est également possible. Ayant du mal à être lui-même, le timide ne peut concevoir les relations sociales que sur le mode dominant / dominé. Il devient alors un sale con tyrannique et persécute ceux qui ont le malheur d’être assez proche de lui.

Vivre dans sa bulle

Cantonné dans son inaction, le timide fini parfois par vivre une vie de fantasmes, et perd le sens des réalités. Il idéalise les relations qu’il aimerait vivre avec la jolie secrétaire du service comptable qu’il n’a pas le courage d’aborder, ou le super boulot qu’il pourrait avoir s’il avait le courage de demander une mutation.

Ne pas échanger

En limitant au maximum vos échanges avec vos pairs, vous passez à côté de beaucoup d’opportunités d’échanger avec autrui, d’apprendre de nouvelles choses. Vous préférerez stagner et vous contenter de ce que vous avez plutôt que de prendre des risques pour évoluer.

Je ne veux pas être cette personne là

Quelle personne voulez-vous être ? Quelles sont les qualités que vous souhaiteriez obtenir ? À qui voulez vous ressembler ?

Le minimum, c’est de vous débarasser du sentiment d’inconfort qui entâche tous vos rapports avec les autres. Voyons comment nous y prendre.

Comment vaincre sa timidité ?

J’ai trouvé énormément d’articles sur le web qui traitent de la timidité. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas terrible. La plupart professent des banalités en proposant des conseils comme « acceptez-vous tel que vous êtes » ou « n’ayez pas peur du jugement des autres », ou encore « apprenez à contrôler votre anxiété ». Super Albert ! Comment n’y ai-je pas pensé moi même ?!

Vous vous rendez bien compte que ces « conseils » n’ont aucun intérêt, et n’ont jamais aidé personne. Ce qu’il nous faut, c’est de la pratique.

La timidité est une réaction émotionnelle. Instinctive. C’est un conditionnement. Pour s’en débarasser, un seul moyen :

Il faut conditionner le cerveau à ne plus être timide.

Et comment s’y prend-on ma bonne dame ? La théorie est assez simple (mais la pratique l’est moins). Voici une méthode en trois étape.

1) Sortez un pied hors de votre zone de confort

La première étape, c’est de faire quelque chose que vous ne feriez pas d’habitude, par timidité. Il faut sortir de votre zone de confort, et vous mettre en danger de manière à déclencher volontairement une réaction de timidité.

Vous êtes terrorisé par votre téléphone ? Appelez la piscine locale pour demander les horaires d’ouverture. Vous détestez parler à des inconnus ? Arrêtez le premier passant pour lui demander votre chemin (même si vous n’êtes pas perdu. Vous allez voir, c’est amusant). Vous êtes tétanisé à l’idée d’adresser la parole à un membre du sexe opposé ? Profitez d’une file d’attente pour échanger une ou deux banalités avec la personne qui vous précède.

Ne vous mettez pas la pression. Si vous vous fixez des objectifs insurmontable, vous n’allez pas les atteindre, et votre confiance en vous va se dégonfler un peu plus, alors que nous cherchons l’effet inverse. Au fur et à mesure de votre progression, vous pourrez vous lancer des défis plus ardus. En fait, l’idéal serait d’arriver à considérer ça comme un jeu.

Je vous ai compilé une petite liste d’exercices, que vous trouverez plus bas dans l’article.

2) Constatez que vous ne vous en portez pas plus mal

Après chaque petit défi, prenez quelques minutes pour un face à face avec votre cerveau1. Rappelez-vous de votre réaction d’anxiété quelques minutes auparavant, et constatez à quel point elle était irrationnelle, puisque vous êtes manifestement encore vivant, et personne ne vous a ri au nez.

Du simple fait d’avoir réalisé votre objectif, d’être sorti de votre zone de confort, de vous être dépassé, vous devriez ressentir un léger boost de confiance en vous. Vous sentez ? C’est votre timidité qui a reculé, un peu.

En avant pour la troisième étape !

3) Recommencez

Et c’est tout. Je vous avait prévenu que la théorie était facile. Tout ce que vous avez à faire, c’est de vous lancer un défi chaque jour. Chaque jour, faites quelque chose, même une toute petite chose, pour faire reculer de quelques centimètres les frontières de votre timidité.

Cette méthode permet réellement de conditionner le cerveau à ne plus être timide. À force de dépasser vos limites, l’esprit assimile que les conséquences terribles qu’il envisageait sont sans fondement. Dans le même temps, il apprécie ces petits pics de confiance en soi jusqu’à en devenir dépendant.

Au fil du temps, vous sentirez votre anxiété sociale devenir de moins en moins présente, et votre confiance en vous augmenter petit à petit.

Facile à dire, n’est-ce-pas ? Moins facile à faire. Au boulot !

Exercices pratiques

Si vous êtes en manque d’inspiration, voici une petite liste d’exercices que vous pouvez pratiquer au quotidien, dans le cadre de la méthode décrite plus haut. Ils sont plus ou moins triés par ordre de difficulté, n’hésitez pas à en proposer d’autres dans les commentaires.

Visionner « The Power of Vulnerability »

Ok, ce n’est pas vraiment un exercice. Je vous conseille néanmoins de visionner cette magnifique conférence, au cours de laquelle Brené Brown explique trés bien que ce sentiment de vulnérabilité qui peut s’apparenter à de la timidité n’est pas une tare, bien au contraire.

Si une vidéo peut vous convaincre que vous n’avez pas besoin d’être parfait, et que l’imperfection ne doit pas vous empêcher d’agir, c’est bien celle-ci. À titre personnel, cette conférence m’a vraiment touché aux tripes, et aidé à relativiser chaque fois que je me suis senti imparfait.

S’habiller correctement

Dans son désir de passer inaperçu, le timide s’habille souvent de la manière la plus insignifiante possible. Jean, baskets, tee-shirt ou vieux pull. N’importe, du moment qu’il n’attire pas l’attention.

Et si pour une fois vous décidiez de vous habiller avec élégance ? Faites un effort, et habillez-vous d’une manière plus classe que d’habitude. Chemise ? Costume ? Cravate ? Pourquoi pas ?

Certes, vous allez attirer le regard. Certes, cela vous mettra mal à l’aise. C’est parfait, c’est le but. Vous allez vite vous y habituer, et attention, vous ne pourrez plus revenir en arrière.

Note : bien s’habiller ne s’improvise pas. Demander à l’une de vos élégantes connaissances de vous accompagner faire les boutiques pourrait être un autre exercice intéressant.

Rentrer dans une boutique pour demander son chemin

Comme ça, pour le fun, même si vous n’êtes pas perdu. Rentrez dans la première boutique qui passe, et demandez votre chemin. Si la personne qui vous répond se montre avenante (et pas trop occupée), pourquoi ne pas engager la conversation ensuite ?

Adresser la parole a un(e) inconnu(e) dans une file d’attente

Vous poireautez à la Poste ? À la gare ? À la caisse du supermarché ? Profitez de l’opportunité, et adressez la parole avec la personne qui vous suit. Tournez vous, complimentez la sur son joli pull, ou prévenez la que son poireau dépasse et risque de tomber2, souriez et retournez vous. Point bonus si vous entamez une conversation.

Accepter un compliment sans fausse modestie

Le timide qui reçoit un compliment botte en touche. Sachez néanmoins que la fausse modestie est le début de l’orgueil. La prochaine fois que quelqu’un vous adressera un compliment, recevez-le comme un cadeau au lieu de le refuser. Dites quelque chose comme « Merci, cela me va droit au cœur », plutôt que « Oh, vous savez, ce n’était pas grand chose ».

Soutenir le regard d’un inconnu

Voici un petit exercice amusant, pour jouer dans les transports en commun. Établissez un contact visuel avec une personne qui vous entoure, et maintenez ce contact pendant au moins 5 secondes, yeux dans les yeux ou jusqu’à ce que l’autre baisse le regard.

Attention, ce genre de contact peut être perçu comme un acte extrêmement aggressif. Je ne voudrais pas que vous vous fassiez aggresser par ma faute, ou que vous vous retrouviez en taule. Pendant l’exercice, souriez pour ne pas paraître menaçant, et si vous êtes un homme, ne jouez pas à ça avec des femmes. Si vous êtes une femme, vous pouvez jouer à ça avec des hommes, mais vous allez vous faire aborder…

Un jour que je pratiquais cet exercice, je suis tombé sur quelqu’un qui jouait visiblement à la même chose. Nous sommes restés les yeux dans les yeux deux bonnes minutes, visiblement trés embarrassés mais refusant de céder. Les deux minutes les plus inconfortables de toute mon existence.

Raconter un truc personnel

Le timide pense souvent qu’il est trop insignifiant pour intéresser autrui. À la prochaine occasion, lors d’une pause clope, ou autour de la machine à café, racontez un truc personnel à une personne dont vous n’êtes pas spécialement proche (sinon c’est de la triche).

Racontez une anecdote personnelle, votre week-end ou dernière sortie théâtre. N’importe. Pas besoin de savoir parler en public, mais essayez quand même de tenir votre auditoire en haleine une bonne minute.

Pratiquer un art martial

Vous inscrire dans un club d’arts martiaux vous aidera à rencontrer de nouvelles personnes, et vous pourrez vous intégrer dans un groupe hétérogène, peut-être différent des populations que vous fréquentez d’habitude.

Et puis, pratiquer un art martial améliorera votre physique et votre santé, et vous vous sentirez plus à l’aise dans votre esprit à mesure que vous serez mieux dans votre corps. Travailler à libérer les crispations physiques libère aussi les crispations mentales.

Faire du théâtre

Inscrivez vous à un club de théâtre, c’est une chouette occasion de parler en public. Vous allez rencontrer du monde, gagner en aisance orale et en prestance scènique. En plus, c’est amusant. Chouette défi, n’est-ce pas ?

S’inscrire à un club de danse

Quelle meilleure activité pour fréquenter de manière décomplexée des membres du sexe opposé ? Vous inscrire à un club de danse (de préférence une danse de salon) vous fera rencontrer du monde, et vous aurez ensuite l’occasion de vous rendre à de nombreuses soirées.Danser rapproche, au propre comme au figuré.

Et puis, si vous êtes un homme, vous serez sans doute accueilli avec enthousiasme : la plupart des clubs de danse sont en sureffectif féminin.

Le mot de la fin

Ce ne sont que quelques idées d’exercices à réaliser, mais je pense que vous avez saisi le principe.

J’espère que ces quelques conseils vous aideront à vous débarrasser de ce manque de confiance en soi que vous empoisonne. Ça ne se fera pas en un jour, c’est un processus lent et régulier, qui nécessite un travail constant. Soyez tolérant avec vous même, et n’oubliez pas que la vie existe pour en profiter.

Et vous, avez-vous un retour d’expérience à nous communiquer ?

  1. Je sais, ça peut paraître étrange, dit comme ça. []
  2. ou n’importe quelle autre sottise. []
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Compétences sociales Développement personnel

Trouver des occasions de parler en public

Parler en public est quelque chose d’extrêmement gratifiant. C’est aussi une compétence difficile à maîtriser. La dernière fois, j’ai tenté d’écrire un guide complet sur les meilleures façons de devenir un meilleur orateur. Néanmoins, pour devenir un excellent orateur, la meilleure méthode est encore de pratiquer souvent. Plus vous pratiquerez, plus vous progresserez dans l’art oratoire.

À moins d’être orateur professionnel, enseignant ou politicien, les occasions de parler en public ne sont pas forcément monnaie courante. Voici donc quelques conseils pour trouver des occasions de prendre la parole en public.

Parler en public pour progresser

Donner des cours

Donner un cours est une excellente façon de commencer à parler en public. Beaucoup d’universités et autres établissements de l’enseignement supérieur recherchent des intervenants extérieurs pour assurer quelques cours dans l’année. En fonction de votre spécialité professionnelle et de vos compétences, ce pourrait trés bien être vous.

Renseignez-vous sur les cursus proposés par les universités de votre région, et soyez proactifs : appelez le secrétariat et demandez à parler au responsable pour proposer vos services comme intervenant extérieur.

Au travail

Les occasions de parler en public au travail sont nombreuses : rapports d’activités, réunions, présentation de produits, etc.

Si l’un de vos collègues doit prendre la parole en public, n’hésitez pas à lui proposer de le remplacer. Comme la plupart des gens détestent parler en public, il vous laissera sans doute sa place avec gratitude.

Donner une conférence

Dans beaucoup de domaines d’activités sont organisés des salons, congrés, séminaires et journées de conférence. Certains événements publient des appels à orateurs et recherchent activement des conférenciers. N’hésitez pas à proposer un ou plusieurs sujets. Donner une conférence nécessite énormément de préparation, mais c’est également trés gratifiant, et trés bon pour votre crédibilité professionnelle.

On trouve aussi des cycles de conférences plus ou moins généralistes, organisés par des associations, des mairies ou des organisations privées. De nombreuses villes accueillent des TedX, par exemple. Là encore, des appels à orateurs sont souvent publiés. Renseignez-vous auprès de vos collectivités locales ou médias locaux.

Donner des formations

Donner une formation est également un excellent moyen de parler en public. Si vous pouvez être rémunéré pour ça, c’est encore mieux.

Si vous n’êtes pas formateur de métieur, plusieurs solutions s’offrent à vous. Vous pouvez proposer à votre direction de donner une formation sur un sujet particulier au sein de votre entreprise. Ou contacter des associations locales pour animer bénévolement une formation un week-end. Ou vous inscrire au régime des auto-entrepreneurs, et démarcher les organismes de formation de votre région.

Donner des formations est un métier à part entière, et demande là encore énormément de préparation. Mais parler en public pour transmettre un savoir est quelque chose de trés gratifiant.

Organiser des soirées d’échanges

Notez bien que je ne parle pas d’échangisme…

Pourquoi ne pas organiser, chez vous ou dans un bar local, une soirée d’échange ou chacun serait amené à présenter un sujet ou une idée pendant quelques minutes ? Une bonne occasion de prendre la parole devant un public tolérant et dans une bonne ambiance, tout en évoquant des sujets divers et variés.

Vous inscrire à un club de théâtre

Quel meilleur moyen pour parler en public que de le faire sur une scène de théâtre ? Il est probable que de nombreuses associations de votre région proposent des ateliers ou des cours de théâtre. Vous pourrez alors participer à des pièces, des matchs d’impros, etc.

Préparez un discours lors d’une fête

Que ce soit lors d’une fête, anniversaire, marriage, etc., pourquoi ne pas vous proposer aux organisateurs pour réaliser un petit speech de quelques minutes ?

Se produire lors d’une one-man show

Certains bars ou restaurants organisent des concours de stand-up comedy, ou les volontaires peuvent occuper la scène pendant quelques minutes pour tenter de dérider d’audience. Si vous vous sentez en verve, allez-y !

D’autres soirées vous permettront de vous produire lors de concours de slam, ou d’autres arts oratoires. En plus, vous passerez sans doute un excellent moment.

Inscrivez-vous à des groupes de paroles

Là encore, il vous faudra vous renseigner, mais peut-être certaines associations de votre région organisent des groupes de parole, ou chacun tour à tour est amener à s’exprimer sur un sujet particulier. En fonction du thème retenu, pourquoi ne pas aller y faire un tour ?

Prendre la parole lors d’un meeting politique

À l’époque ou j’étais étudiant, le gouvernement de l’époque avait tenté de faire passer en force quelque mesure impopulaire, ce qui avait déchaîné la rage des étudiants. Mon université avait été bloquée, et le mouvement étudiant avait décidé d’organiser des « assemblées générales », joyeuses foires ou chacun pouvait venir sur l’estrade pour promouvoir ou critiquer le blocage des facs.

Même si mon engagement politique n’était guère prononcé, je pris la décision de venir haranger la foule, avec la simple motivation de ne pas laisser passer une telle occasion de pouvoir parler en public.

Bref ! Les occasions de parler en public sont plus nombreuses que vous ne le pensez, il suffit de les créer. Et vous, avez-vous de bonnes idées pour trouver des occasions de prendre la parole en public ?

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Comment bien parler en public et devenir un orateur charismatique

Parler en public est sans doute l’une des choses les plus gratifiantes qu’il m’ait été donné de faire. Qui n’a pas senti l’adrénaline de l’orateur avant de monter sur l’estrade, le plaisir d’avoir un auditoire suspendu à ses lèvres ne sais pas de quoi je parle.

La communication orale est une compétence que je considère extrèmement importante à maîtriser. Qu’il s’agisse d’enseigner, de motiver ou de convaincre, qui maîtrise l’art oratoire dispose assurément d’un outil extrèmement puissant dans sa trousse à outils d’humain moderne.

J’ai eu l’occasion d’assister à de nombreuses prises de parole en public (cours, conférences, etc.), et je dois dire qu’une bonne conférence donnée par un orateur expérimenté est une expérience trés agréable. En revanche, un mauvais orateur, une conférence soporifiques me donnent envie de m’endormir sur le champ, ou de quitter la salle en rampant discrètement entre les autres auditeurs.

J’ai pu ainsi tenter d’analyser ce qui me plaisait ou pas chez tel ou tel orateur, et tâcher de comprendre les différences fondamentales entre les bons et les mauvais orateurs.

J’ai moi-même eu l’occasion de prendre la parole en public à quelques reprises, devant des publics allant de quelques personnes à plusieurs centaines, pour tenter de mettre en pratique ces découvertes. S’exprimer en public n’est pas une compétence innée, il y a énormément de travail et d’expérience derrière chaque bon orateur.

Vous êtes orateur débutant ? Vous allez bientôt donner un cours ou une conférence pour la première fois ? Un peu inquiet à l’idée de prendre la parole ? Voici un petit guide sur l’art de parler en public, afin de devenir un bon orateur.

Première étape, ne pas se planter d’objectif

Ça-y-est, c’est confirmé : vous allez vous exprimer en public. Avant toute chose, la première question à se poser est la suivante :

Quel est l’objectif de mon intervention ?

Pourquoi allez vous prendre la parole en public ? Est-ce pour informer ? Motiver ? Divertir ? Convaincre ? Votre objectif ne sera pas le même selon que vous interveniez pour une conférence, un meeting politique, une réunion professionnelle, un one-man show, un discours de mariage, etc.

Si vous ne savez pas trés clairement dés le départ pourquoi vous allez intervenir, vous pouvez être certain que vous allez vous planter. Prenez donc le temps de répondre à cette simple question.

Comprendre la mission de l’orateur

Si la plupart des orateurs sont ennuyeux au possible, c’est parce qu’ils commettent une erreur fondamentale : ils ne comprennent pas quelle est la mission fondamentale de l’orateur.

Faire passer un message de la manière la plus plaisante possible.

D’abord, vous devez faire passer votre message. Que ce soit une émotion, une information, une idée, une compétence, cela dépend de votre objectif. Mais dans tous les cas, vous devez apporter quelque chose à votre audience.

Ensuite, vous devez divertir votre audience. Votre prestation doit être agréable à regarder, votre public doit passer un bon moment. D’aucuns considèrent qu’il est de la responsabilité de l’auditeur d’être attentif. Pour ma part, j’estime qu’il est de la responsabilité de l’orateur de donner envie à l’auditeur d’être attentif.

Si votre message est intéressant, mais que vous êtes barbant, le public aura plus de mal à s’en souvenir. De même, si vous réalisez un véritable show, mais que vous ne faites pas passer un bon message, c’est un échec.

Au final, à la fin de votre prestation, vos auditeurs doivent répondre positivement à ces deux questions :

  • Est-ce que j’ai appris quelque chose ? (dans le cas d’une conférence, par exemple)
  • Est-ce que j’ai passé un bon moment ?

Comment réaliser cet exploit ? Nous l’allons voir plus loin.

Pour illustrer mon propos, je vous propose de regarder l’une des trés bonne vidéos de Franck Lepage, qui mélange avec talent conférence et spectacle comique, donnant ainsi à son message une forme particulièrement mémorable.

Partir sur de bonnes bases

Avant d’entamer la préparation de votre intervention, il vous faut réunir toutes les informations nécessaires qui vous permettront de vous adapter au mieux à la situation lorsque vous allez prendre la parole.

Comment sera le public ? Hétérogène ? Spécialisé ? Quelle sera sa moyenne d’âge ? À quelles genres de références sera-t-il sensible ? Combien seront-ils ? Quelle sera son niveau de connaissance du sujet que vous allez aborder ?

À quelle heure allez vous prendre la parole ? Tôt le matin alors que tout le monde est encore endormi ? En fin de journée alors que tout le monde sera surexité et aura plus de mal à se concentrer ? Juste après un repas, pendant que le public digère ?

Quel est le format de votre intervention ? Sa durée ? Y aura-t-il une séance de questions ? Y aura-t-il d’autres conférences sur le même sujet avant ou après vous ?

Quelle est la disposition de la salle ? Quel matériel aurez vous à disposition ? Devrez-vous amener votre propre télécommande ? Quel format est acceptable pour le support visuel ? Y aura-t-il un accès au réseau ?

Croyez-moi, rien de pire que d’arriver le jour J après des semaines de préparation pour découvrir que le matériel disponible ne permettra pas de diffuser votre support visuel. Évitez ce genre de déconvenues, posez vous ces questions dés le départ.

Bien définir son message

Commençons par nous intéresser au fond de votre intervention. Comment définir au mieux votre message ? Quelle est l’idée principale que vous voulez faire passer ?

Pour vous aider à structurer votre pensée, posez vous la question suivante :

Si je devais résumer mon intervention en une seule phrase, quelle serait-elle ?

Ce n’est pas un exercice de style. Écrivez vraiment cette phrase. Écrivez-la et réécrivez la tant que vous n’en êtes pas satisfait. Si vous ne parvenez pas à résumer votre propos en une seule phrase, c’est que le message que vous devez faire passer n’est pas suffisamment clairement défini dans votre tête.

Faites ensuite le test avec un proche : lisez-lui cette simple phrase. S’il ne la trouve pas claire et intelligible, repartez pour un tour.

L’avantage de cet exercice, c’est qu’il va vous permettre de simplifier au maximum votre discours. Par pitié, ne faites pas comme 95% des orateurs : essayer de trop en dire. Vous devez dire une chose et une seule. Allez droit au but, laissez le reste de côté. Si votre message est simple et clair, il sera mémorable. Si vous partez dans tous les sens, personne ne comprendra ce que vous avez voulu dire.

Structurer sa présentation

Vous avez clairement défini votre message, et vous savez que toute phrase qui ne servira pas directement votre propos devra être élaguée sans pitié.

Voyons maintenant comment structurer votre prise de parole en public.

Pouvez-vous résumer votre message en trois phrases ? Trois idées qui doivent suivre un enchaînement logique et amener naturellement vers la conclusion de votre discours ?

Ces trois phrases peuvent d’ores et déjà constituer votre conclusion, mais également les trois idées principales qui constitueront le fil de votre discours. Ainsi, vous allez dérouler ces trois idées principales pour les résumer en guise de conclusion.

L’esprit humain est doté d’une faculté d’absorption limitée. En découpant votre présentation en trois points, vous créez un canevas, une structure simple et cohérente, que vos auditeurs vont pouvoir suivre beaucoup plus facilement.

La technique des trois phrases peut-être répétée pour vous aider à détailler chaque sous-partie, puis chaque sous-sous-partie jusqu’à ce que vous obteniez le niveau de détail souhaité.

Ce n’est pas la seule façon de créer une structure pour votre prise de parole, mais je trouve celle ci la plus intéressante et facile à mettre en œuvre.

Réussir sa conclusion

La conclusion est d’une importance vitale lorsqu’il s’agit de prendre la parole en public. C’est le moment où l’enchaînement logique que vous avez mis en place va se cristalliser en un message simple, clair et cohérent. C’est également la dernière image que gardera de vous votre public.

En fait, ce n’est pas trop grave si vous bafouillez ou perdez quelque peu le fil pendant votre présentation. Par contre, votre conclusion doit être irréprochable.

Que doit contenir une conclusion ? D’abord, votre conclusion doit reprendre l’essentiel de votre message. Après avoir entendu votre conclusion, et uniquement votre conclusion, votre auditeur moyen doit avoir compris de quoi vous avez parlé, et capté la substantifique moëlle de votre propos.

En fonction des cas, vous pouvez également terminer par un appel à l’action (en définitive, je vous demande de…), ou une ouverture (et si la solution, c’était…).

En fait, la conclusion est tellement importante que c’est la première chose que je prépare. Ce n’est qu’une fois que j’ai le script clair et précis de ma conclusion que je passe au reste de l’intervention.

Une bonne introduction

Après la conclusion, je passe en général à l’introduction, qui est l’autre moment clé d’une prise de parole en public.

L’introduction est le moment ou vous allez capter l’intérêt du public. En quelques secondes, vous devez le réveiller, le séduire, l’intriguer. Nous sommes véritablement dans une relation de séduction.

Voici un exemple d’une (trés) mauvaise introduction (à lire d’une voix égale et monotone) :

Bonjour, je m’appelle Antoine, je travaille chez Zimbabwe Télécom, et je vais vous parler de l’impact des migrations de pigeons sur la qualité des signaux téléphoniques. En petit un, nous étudierons les habitudes migratoires du pigeon moyen, et en petit deux de quelles manières les pigeons qui se posent sur les câbles téléphoniques perturbent les signaux de communication.

Boooooouuuuh !!! Est-ce que vous ne dormez pas déjà ? Comment peut-on espérer retenir l’attention d’un public comme ça ? Aucun mystère ! Aucun sens théâtral ! Zéro pointé.

Lorsque vous allez prendre la parole, ne rentrez pas tout de suite dans le vif du sujet. Il vous faut d’abord capter l’attention de votre public. Certains commencent par un sondage (ya-t-il dans cette salle des gens qui…). C’est une techique un peu convenue, qui peut donner de bons résultats si elle est réalisée avec talent, ce qui n’est presque jamais le cas.

La meilleure façon de commencer à séduire votre public, c’est de lui raconter une histoire. Racontez une anecdote qui vous est arrivée personnellement, qui a priori n’a rien à voir avec le sujet, pour intriguer. Puis petit à petit, amenez votre propos sur le terrain qui vous intéresse.

Les meilleurs orateurs sont capables de commencer à raconter une histoire des plus légère, puis de dériver petit à petit vers les sujets les plus techniques sans aucune transition, et sans que vous ne vous en rendiez compte. Et pourtant, vous êtes toujours suspendu à leurs lèvres.

Une autre méthode est de commencer en annonçant d’emblée une information ou une statistique extraordinaire en rapport avec votre sujet. « Au cours des 18 prochaines minutes pendant lesquelles je donnerai ma présentation, quatre américains qui sont présentement vivant seront morts à cause de la nourriture qu’ils mangent. » — sont les premiers mots de Jamie Oliver lorsqu’il parle des ravages de l’obésité. Notez comme il a capté l’attention du public en moins de 10 secondes : on entend les mouches voler.

Le storytelling est un sujet à part entière, il serait hors-sujet de le traiter ici. Je vous recommande de visualiser comment font les autres orateurs, pour trouver de l’inspiration. Toutefois, vous avez saisi l’idée d’une bonne introduction : captiver votre public, et l’amener vers votre sujet de la manière la plus subtile possible.

Maintenir un rythme

L’humain moyen ne peut pas rester concentré plus de quelques minutes d’affilé. Si votre présentation est monotone, vous allez perdre et ennuyer 95% de la salle. Vous ne pouvez pas vous contenter de balancer une bonne blague au début puis de débiter votre contenu non-stop.

Conserver l’intérêt de son auditoire nécessite de maintenir un rythme dans votre présentation. Prévoyez de « relâcher la pression » toutes les quelques minutes, en entrecoupant des jeux de mots, des blagues, des anecdotes, en posant une question, etc. La fréquence dépendra de la fatigue du public, son niveau de concentration, de la technicité du sujet, etc.

N’hésitez pas à engager votre public : posez-lui des questions (rhétoriques, ne vous interrompez pas), apostrophez-le, parlez-lui. Votre public doit sentir que vous êtes là pour lui.

Si vous le pouvez, essayez plutôt de limiter vos prises de parole à 25 à 30 minutes. À mon sens, une conférence d’une heure est une totale hérésie. De plus, cela vous forcera à simplifier votre discours et à aller à l’essentiel.

Un bon support visuel

Aujourd’hui, il est plutôt rare d’assister à une conférence ou un cours magistral sans support visuel. Comme son nom l’indique, un support n’est qu’un support, il ne doit pas contenir l’intégralité du script de votre conférence !

Si vous imposez à votre public une diapositive qui contient du texte, celui ci lira le texte et arrêtera de vous écouter. Par pitié, par pitié, je vous en conjure ! Ne commettez pas cette erreur. Pas plus de 6 ou 7 mots par diapo.

Évitez également les présentations type « Listes à puce de mémé ». Il n’y a pas de moyen plus sûr d’indiquer à vos auditeurs qu’ils vont se faire ch**er comme des rats morts. Un support visuel est censé être visuel ! Au final, tâchez de produire quelque chose d’engageant. Je vous conseille d’aller vous balader dans la section des meilleures présentations sur Slideshare, pour trouver de l’inspiration.

Évitez la surabondance de diapos : une par minute me parait une bonne moyenne.

Les répétitions

Une règle d’or : répétez souvent, et répétez beaucoup. La communication orale s’accommode mal de l’improvisation, à moins que vous ne soyez vraiment bon dans ce domaine. Dites vous que les conditions le jour J ne seront pas les mêmes que lorsque vous êtes tout seul tranquillement chez vous.

Lorsque vous allez monter sur l’estrade pour parler en public, vous allez être stressé, nerveux. Vous devez connaître votre intervention sur le bout des doigts, et avoir répété de nombreuses fois pour pouvoir parer à toute éventualité.

Répétez seul jusqu’à être capable de débiter votre conférence avec et sans support visuel. Puis répétez devant des proches, et prenez en compte leur retour. Vous devez également savoir à quel moment précisément vous devez faire avancer votre support.

Si votre intervention est limitée à une durée fixe, répétez jusqu’à ce que vous puissiez tenir le timing. Gardez à l’esprit que le jour J, vous allez probablement avancer un peu moins vite, il faut en tenir compte. Vous ne pouvez pas vous permettre d’être interrompu et chassé de l’estrade avant votre conclusion, parce que vous n’avez pas tenu vos délais.

Seul un entraînement intensif vous donnera l’aisance et la confiance nécessaires le jour J.

Quelques recommandations pour le jour J

Soyez-en forme, frais et dispos. Couchez-vous tôt la veille, et tâchez de passer une bonne nuit.

Insistez pour vérifiez dans quelles conditions se déroulera votre intervention : la disposition de la salle, le matériel, etc.

Vérifiez que votre support visuel est prêt, accessible (vous en aurez fait des copies de sécurité un peu partout), et fonctionne sur le matériel disponible.

Si vous devez utiliser votre propre ordinateur, assurez-vous d’avoir bien fermé tout logiciel qui pourrait gêner le déroulement de votre prestation. Vous ne voulez pas d’une notification intempestive sur laquelle 500 personnes liront que votre maman embrasse son gros poussin.

Ne changez plus rien. À ce stade, vous devez être prêt. Résistez à l’envie de modifier votre support ou votre script. Vous avez fait au mieux, n’allez pas tenter ce genre de manœuvre hasardeuse. Vous êtes fin prêt pour prendre la parole en public.

Pendant la présentation

Votre langage corporel en dira long sur vous. Campez-vous sur vos deux pieds, tenez vous bien droit, respirez profondément et calmement, contentez-vous de toiser votre auditoire tant que vous n’aurez pas le silence et l’attention du public. Vous êtes détendu. Maître de la situation. Heureux d’être là. Montrez-le.

Le début de l’intervention doit être net. Avant, vous n’aviez pas commencé. Après, vous avez commencé. Lancez-donc un « Bonjour ! » franc et clair, avant d’enchaîner.

Évitez de vous cacher derrière un éventuel pupitre. N’ayez pas peur de vous exposer, après tout vous êtes là pour ça. Avancez-vous et occupez au maximum l’espace disponible.

Évitez de vous balader pendant votre prestation. Préférez rester campé sur vos deux pieds, et regardez votre auditoire. Vous êtes en train de parler à des gens, la moindre des politesse est de les regarder dans les yeux. Et sortez les mains de vos poches.

Ne regardez pas vos notes. D’ailleurs, vous n’avez même pas de notes, vous n’en avez pas besoin. Vous connaissez votre sujet.

Étivez de prêter attention aux légères perturbations qui pourraient survenir dans la salle (personne qui arrive en retard, etc.). Si vous portez votre attention sur un élément extérieur, votre public le fera aussi, et vous allez le distraire inutilement.

Si une perturbation devient vraiment trop importante et risque de distraire votre auditoire, tirez-en partie et lancez une blague, pour rester maître de la situation. Attendez d’avoir l’attention de l’assistance avant de reprendre.

Parlez haut et clair, d’une voix forte et distincte. Ne parlez pas trop vite, ni trop lentement. L’entraînement vous aidera à trouver le bon rythme.

Si vous êtes bien préparé, et avez suivi tous les conseils précédents, tout devrait bien se passer. Profitez du plaisir d’être là. Des centaines de personnes sont ici pour écouter ce que vous avez à dire. Éclatez-vous !

La séance de question

Dans le cas de cours ou conférence vient ensuite la séance de question. Réservez les questions pour la fin. Dans le cas ou vous êtes interrompu par une question pendant votre prestation, expliquez que vous y répondrez à la fin.

Plusieurs situations ici :

La personne qui pose une vraie question, et à laquelle vous connaissez la réponse : répondez, puis demandez si vous avez bien répondu. Facile.

la personne qui pose une vraie question, mais dont vous ne connaissez pas la réponse : avouez que vous ne savez pas, que la question est intéressante, et que vous allez vous renseigner. Il n’y a pas de mal à ne pas tout savoir.

La personne qui pose une question hostile, aggressive, ou qui conteste vos propos : surtout, ne répondez jamais, jamais de manière aggressive, car vous risqueriez de voir le public se tourner contre vous. Au contraire, utilisez la sympathie de vos auditeurs à votre égard pour désamorcer la situation, et isoler le contestataire. Restez courtois et répondez de votre mieux. Si la personne insiste, expliquez que vous êtes tout disposé à en discuter ensuite, mais que vous préférez garder du temps pour d’autres questions.

La personne qui introduit sa question en parlant pendant 15 minutes, voire qui ne pose même pas de question du tout : que ce soit en tant qu’orateur ou auditeur, je supporte mal ce genre de cuistre. Dites vous que les gens sont venus pour vous écouter vous, pas lui. Si vous avez un bon contact avec le public, n’hésitez pas à interrompre ce rustre dés que vous sentez qu’il va s’épancher trop longtemps :

Pardonnez moi de vous interrompre monsieur1, j’ai une mémoire de poisson rouge, pouvez-vous poser votre question sans emphase, sinon je ne pourrai pas me rappeler de tout ce que vous avez dit, et je ne pourrai pas répondre.

S’il insiste, interrompez-le encore, et qu’il sente la lanière de votre fouet cingler ses épaules de butor :

Écoutez, je vois que vous avez un avis intéressant sur la question, j’aimerais beaucoup en discuter avec vous ensuite, mais si cela ne vous dérange pas, j’aimerais réserver le temps des questions aux gens qui ont de vraies questions et que je pourrais aider.

Si cet animal ne part pas immédiatement se terrer dans quelque terrier putride, c’est qu’il est définitivement dépourvu d’une quelconque faculté émotionnelle.

Après votre prestation

Vous venez de prendre la parole en public. Vous vous en êtes tiré haut la main. Prenez quelques minutes pour apprécier les applaudissements, les retours appréciateurs et les félicitations que ne manqueront pas de vous addresser vos auditeurs, sans parler de votre nouvelle popularité. Vous l’avez bien mérité.

Mais ne vous endormez pas sous vos lauriers, car il est déjà temps de penser à votre prochaine prestation. Si votre discours a été filmé, tâchez de vous en procurer une copie, et regardez votre propre conférence de bout en bout. Notez les lenteurs, les bafouilles, les tics.

Demandez explicitement des retours négatifs, pour avoir des idées des éléments à corriger pour la prochaine fois.

Car il y aura une prochaine fois.

  1. car ce sont souvent des messieurs []
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Vous aussi, vous pouvez dire la bonne aventure

Bonjour chères lectrices, bonjour chers lecteurs. J’espère que tout le monde va bien. Il y a quelques temps, je vous avais expliqué comment les charlatans s’y prenaient pour réaliser des analyses psychologiques criantes de vérité en un coup d’oeil grâce à l’effet Barnum. J’espère avoir démontré qu’il y a arnaque sous roche, et que les tests des magazines ne sont que platitudes et banalités.

Toutefois, cet article n’était qu’un avant goût de ce qui va suivre, car l’effet Barnum n’est qu’une des techniques utilisées par les diseuses de bonne aventure pour soutirer de l’argent à leurs naïves victimes.

La technique complète que je vais vous expliquer se nomme le cold reading, ou lecture à froid en bon français. On parle de lecture à froid lorsqu’on procède sans connaître d’informations au préalable sur la victime. Dans le cas contraire, on parlera de hot reading. Une fois que vous aurez parcouru ce billet, vous comprendrez comment s’y prennent les voyants pour sembler lire dans vos pensées et prédire votre avenir.

Un peu d’éthique

Attention aux charlatans. Il faut savoir que le cold reading est une technique qui n’est pas magique, mais qui n’en reste pas moins trés puissante, et peut fortement impressionner.

Certaines personnes l’emploient pour distraire leur prochain, et utilisent leur art dans un but spectaculaire et amusant. Ils ne profitent pas de la naïveté de la personne en face d’eux, et l’aident même parfois à résoudre ses problèmes, en l’écoutant plus qu’autre chose. Il n’y a alors pas de mal.

D’autres, en revanche, n’ont pas de scrupules, prétendent disposer de super-pouvoirs, et abusent de personnes parfois sans défenses pour leur soutirer d’importantes sommes d’argent.

Autant dire que ces personnes doivent être évitées à tout prix. C’est pour ça qu’il est bon de connaître leur technique pour les démystifier. Aussi, si vous connaissez des gens naïfs qui dépensent de l’argent chez les diseurs de bonne aventure, n’hésitez pas à faire lire cet article, vous leur rendrez service (et vous me ferez de la pub 🙂 ).

Ceci étant dit, êtes vous prêt à pénétrer dans le monde de la voyance et de la bonne aventure ? Nous commencerons pas parler des prérequis nécessaire à une bonne lecture. Ensuite, nous étudierons la technique proprement dite. Suivez le guide.

Batir une relation, établir l’atmosphère

smoke swirls
Crédit photo : Cheekybikerboy

Dans le processus de cold-reading, c’est en fait le sujet lu qui fait tout le travail1 : une bonne lecture ne peut se dérouler sans un totale implication de sa part. Il est nécessaire que le sujet soit confiant vis-à-vis des capactités « extra-lucides » du lecteur, c’est donc à celui-ci d’instaurer la relation nécessaire, et d’acquérir le prestige qui lui permettra de faire son travail.

Pour ce faire, la plupart des lecteurs adoptent un rôle en fonction de leur physique, qui leur permettra de paraître extravagant, ou au moins différent, sans pour autant avoir l’air menaçant. C’est le cliché de la fameuse « madame Irma ».

Les lecteurs auront également intérêt à travailler dans un environnement dédié, théâtralisé, qui saura plonger le sujet dans une ambiance mystérieuse, voire mystique (une roulotte pleine de fumée, par exemple). Ils utiliseront parfois des accessoires (boule de crystal, cartes de tarot, lignes de la main). Ces accessoires participent à l’ambiance, et permettent certains échappatoires. Un lecteur qui réfléchit fera mine d’observer sa boule de crystal.

L’autre avantage de certains accessoires, c’est qu’ils permettent d’orienter la recherche immédiatement, avec des questions comme « Vous préférez que je commence par la ligne de coeur, ou la ligne de richesse ? »

Bref, rappelez vous qu’il est vital d’obtenir l’adhésion totale du sujet avant de commencer. Les sceptiques aggressifs sont les pires sujets, mieux vaut alors tout arrêter.

Vos statistiques sur le bout des doigts

Un bon lecteur à froid se doit de connaître sur le bout des doigts ses… statistiques ! En effet, au cours de la lecture, vous aurez parfois à lancer des prédictions « au pif ». Vous aurez beaucoup plus de chances de viser juste si votre prédiction colle aux stats.

Hum… Je vois une femme. Je vois son nom. Il commence par un N. Nadia. Non, Nathalie !

Hum, voilà un voyant qui ne se mouille pas trop, dans la mesure ou nathalie fait partie des prénoms les plus utilisés dans les années 1960. Allez, levez la main, ceux d’entre vous qui ne connaissent pas au moins une Nathalie ?

Vous aurez compris l’intérêt d’intégrer toutes les données, qui portent sur le mariage, le divorce, la vie de famille, la paternité, la santé, les animaux familiers, les prénoms populaires par année, l’emploi, l’habitat, l’éducation, l’espérance de vie, bref ! Tout ce qui touche à la vie courante.

Ainsi, il vous sera bien utile de savoir que beaucoup de prénoms féminins commencent par un M ou un L, ou que 70% des travailleurs utilisent des ordinateurs.

L’INSEE, L’Institut national de la statistique et des études économiques est votre amie. Et oui, il va falloir potasser. Vous avez entendu dire que la voyance s’apprenait sans effort ?

Un sens de l’observation à tout épreuve

Un bon diseur de bonne aventure se doit de posséder un sens de l’observation à toute épreuve. Il est possible d’obtenir énormément d’informations sur une personne simplement à partir de son apparence.

En quelques secondes, vous devez être capable d’obtenir son âge, sa catégorie socio-professionelle, son appartenance ethnique, son éducation, son statut marital, ses passions, son style de vie, sa religion, son état d’esprit, la hauteur de son salaire, et j’en passe. Les meilleurs lecteurs à froid sont de véritables profilers. Ces informations seront utilisées plus tard, pour orienter la lecture.

Voici quelques éléments à considérer :

  • Les bijoux sont trés révélateurs. Une alliance révelera le statut marital facilement. Une belle bague au doigt d’une jeune femme indique qu’elle est probablement en couple, et vous pouvez estimer ses revenus en fonction du prix de la bague. Certains anneaux ou colliers ont des significations particulières (affiliation, clubs, métier, religion, etc.). Un anneau à l’oreille d’un homme peut signifier qu’il veut paraître plus jeune, ou qu’il est attentif à son apparence. Une montre peut être révelatrice (sportive, chère, digitale ou à aiguille, grosse ou petite, etc.) Une absence totale de bijoux est également significative (personalité introvertie, ou « libérée »)
  • Les vêtements sont également riches en informations. La provenance des vêtements donne une idée du niveau de revenu de la personne. Est-elle décontractée ? Sportive ? Travaille-t-elle dans un bureau ? Est-elle en relation avec des clients ? Est-elle introvertie ou extravertie ? Quelle image veut-elle donner d’elle ? Autant d’informations disponibles.
  • Les accessoires : La personne a-t-elle un portable autour du coup ? Cela pourrait indiquer un besoin de rester connecté aux autres. Une malette en cuir ? Peut-être travaille-t-elle dans un bureau ? Un sac à main à la mode ? Une canne ou des béquilles ? Un sac Fnac ? Des lunettes vieillotes ou au contraire « fashion » ? À vous de déduire ce qu’il y a derrière.
  • Il est important de vous faire une idée assez précise de l’âge de la personne, car les intérêts et les expériences varient au fil du temps (voir plus loin). Une personne qui fait plus jeune que son âge sera trahie par ses pattes d’oies. À l’inverse, certains modes de vies pas trés sains font vieillir avant l’âge.
  • La beauté de la personne, même si le critère est subjectif, donnera des informations précieuses. Les trés belles femmes, par exemples, intimident les hommes, et sont vues comme des menaces par leurs congénères. Elles regrettent de ne pas être appréciées pour leurs autres qualités. Les gens au physique ingrat ont souvent des relations plus difficile.
  • Une personne à l’élocution fluide, au vocabulaire riche a sans doute reçu une bonne éducation, et touche un bon salaire. À l’inverse, une élocution difficile peut signifier de plus faibles facultés intellectuelles, une condition plus difficile, et des soucis d’argent.
  • La taille, le poids, la musculature permettent d’avoir une idée du style de vie de la personne. Est-elle sportive ou pas ? Les gens plus petits ou plus gros que la moyenne en souffrent généralement. Les gens d’allure sportive ont généralement un mode de vie sain, et des revenus confortables.
  • Vous pourrez découvrir quelle image se fait la personne d’elle même en observant son allure, sa toilette. Ses cheveux sont-ils bien coupés ? Est-elle rasée de près ? Du noir sous les ongles ? Elle doit surement travailler manuellement, à l’usine ou dans son jardin ? Des cals sur les paumes ? Travail manuel, c’est sûr. Les cheveux trés courts pour un homme ? Peut-être est-il policier ou pompier ? Des cheveux longs ? Peut-être est-il enseignant, musicien, artiste, etc. ?

En fait, il y a tellement de choses qu’on peut déduire de l’apparence d’une personne qu’il faudrait un livre entier pour tout expliquer. Ensuite, prenez bien en compte qu’il ne s’agit encore que de supposition, d’hypothèses probables, d’indices. Aucun certitude n’est encore possible. Il ne s’agit que d’orienter la lecture.

Être fin psychologue

The eye of the beholder
Crédit photo : Emmanuele Contini

Vous êtes observateur ? C’est bien. Mais il vous faudra d’autres talents pour devenir diseur de bonne aventure. Notamment, un don pour la psychologie. Car si nous sommes tous différents, nous n’en appartenons pas moins à la même espèce, et nous fonctionnons tous plus ou moins de la même façon.

Vous n’avez pas les moyens de faire remplir à votre patient un test de personalité (ça ne ferait pas trés serieux). Il vous faudra donc être malin et avisé pour pénétrer dans son esprit, et vous imprégner de sa personalité.

Carl Jung, un psychiatre suisse, a effectué des travaux importants sur les types psychologiques. Selon sa théorie, notre personalité est déterminée par 4 fonctions (pensée, sentiment, intuition, sensation), et deux attitudes (introversion, extraversion). L’introverti est celui qui tire son énergie de son monde intérieur, d’où une tendance à la solitude et la contemplation. L’extraverti tire son énergie du monde extérieur, d’où une tendance a être plus liant et expansif. Bien entendu, il ne s’agit que de tendances. Ainsi, une personne pourrait être 25% extravertie et 75% introvertie.

Plus tard, Myers et Briggs, reprenant les travaux de Jung, établiront une nouvelle échelle, le MBTI (Myers Biggs Type Indicator), qui est encore trés utilisée de nos jours pour établir des profils psychologiques.

Le MBTI défini trois échelles en plus de l’Introversion – extraversion que nous venons de voir :

  • E = Extraversion <-> I = Introversion : orientation de l’énergie
  • S = Sensation <-> N = iNtuition : définit la manière dont on recueille l’information, intuitivement ou au travers de ses sens
  • T = Thinking (pensée) <-> F = Feeling (sensation) : comment prend-on ses décisions, rationnellement, ou au « feeling »
  • J = Judgement (jugement) <-> P = Perception : définit le mode d’action, la manière dont on est connecté au monde extérieur.

En déterminant dans quelle case se trouve plus ou moins (il ne s’agit toujours que de tendances) votre sujet, vous obtiendrez une aide précieuse pour comprendre de quelle manière il se perçoit, comment il batit sa relation au monde. Bref, vous aurez une bonne idée de ce à quoi peut ressembler sa vie.

L’échelle Introversion – Extraversion est sans doute celle qui vous aidera le plus. Les personnes introverties ont tendance à préferer la solitude à la foule, ont quelques amis de longue date et des activités telle que la lecture, ou passent beaucoup de temps devant leur ordinateur, et se sentent fatigués après quelques échanges sociaux.

Les extravertis préférent les activités communautaires, ont un réseau de connaissances étendu, le contact plus facile, et se sentent seuls et fatigués en cas d’activités solitaires.

Nous ne sommes pas objectifs sur nous mêmes

La classification, c’est bien, mais c’est fastidieux. Pour gagner du temps, vous devez savoir qu’en fait, la plupart des gens ont une opinion trés favorable d’eux même, et s’attribuent toutes les qualités du monde. Si on leur demande, la plupart des gens penseront (même s’ils ne le disent pas) qu’ils sont loin d’être bêtes, sympas, qu’ils ont une bonne faculté pour résoudre les problèmes, qu’on peut leur faire confiance, qu’ils sont honnêtes, capable de fournir beaucoup d’efforts et de travailler dur, observateurs et doués pour juger de la nature humaine, trés sociables et que leur présence est recherchée.

Le sexe de votre sujet influe sur la manière dont il se perçoit. Si c’est une femme, elle sera enchantée si vous lui dites qu’elle est trés attentive aux besoins et sentiments des autres, a une bonne compréhension de la nature humaine, fait souvent passer les besoins des autres (surtout ceux de sa famille et ses proches) avant les siens. Elle ne pourra qu’acquiéscer si vous lui faites remarquer qu’elle n’est pas toujours appréciée à sa juste valeur, tire une grande satisfaction en aidant les autres, et est trés intuitive.

Si c’est un homme, vous obtiendrez son adhésion en lui disant qu’il est confiant, objectif, logique, que dans une certaine mesure, il respecte toujours ses décisions et ses principes, que si il veut vraiment résoudre un problème, il y parviendra, et qu’il est attirant pour les femmes.

Enfin, vous ne vous mouillerez pas trop en devinant que votre sujet n’aime pas agir sans raison ni comprendre ce qu’il fait, n’aime pas le changement sans bénéfices évidents, et n’apprécie pas d’être manipulé ou contrôlé par d’autres.

Les phases de la vie

Old woman with a photo
Crédit photo : kk+

En plus des points mentionnés plus haut, vous devez savoir qu’un autre élément important influe sur nos vies : notre âge. Nos envies, nos rêves, nos aspirations, notre expérience ne sont pas les mêmes à 20, 40 ou 60ans.

Même si chaque vie est unique, nous traversons tous plus ou moins les mêmes phases, et des crises spécifiques surviennent à des âges plus ou moins similaires (la crise d’adolescence, la crise de la quarantaine, ça vous dit quelque chose ?). Il est bon de connaître ces phases. Ainsi, comme vous aurez réussi à évaluer l’âge de votre sujet, vous obtiendrez un indice de plus sur ce que peuvent être ses interrogations et ses doutes.

Vers 20 ans, le jeune est en quête d’indépendance, et cherche à prendre sa place dans le monde des adultes en s’éloignant de ses parents, physiquement et émotionnellement.

De 22 à 30 ans, notre sujet cherchera à prendre sa place dans le monde, et comment accomplir ses rêves.

La période de la trentaine est généralement une phase de remise en questions de ses choix. Les célibataires ressentent le besoin de se caser, ceux en couple ont des envies de libertés. L’existence devient plus structurée (achat d’une maison, etc), la carrière décolle, etc.

35~45ans est une période de transition : les gens découvrent qu’ils entrent dans la deuxième moitié de leur vie. La santé décroit, le corps n’est plus ce qu’il était. Une importante crise d’identité se prépare : les rôles stéréotypés (mari / femme, employé) ne suffisent plus pour définir qui on est. Pour les célibataires sans enfants, une certaine « sensation de la dernière chance » apparait (surtout chez les femmes).

Après 45 ~ 50 ans, la vie tend à se stabiliser. Un renouveau apparait, les enfants s’en vont, les problèmes d’identité sont a peu près résolus.

Et maintenant, la technique

Tout ce que vous avez lu jusqu’à maintenant n’était en quelque sorte q’une introduction2. Maintenant, nous allons aborder la technique du cold reading à proprement parler.

Pour une session réussie de cold reading, vous devez vous poser deux questions :

  1. Quel est le problème du sujet ?
  2. Comment puis-je le rassurer ?

Les gens qui consultent les voyants et diseurs de bonne aventure le font généralement parce qu’ils ont un problème, et veulent savoir ce que l’avenir va leur apporter. Ils ont besoin d’être écoutés, et rassurés. Comme vous n’êtes pas devin (vous vous souvenez ? Personne ne peut lire l’avenir), votre travail se bornera à prédire tout le bonheur et la prospérité du monde. C’est tout ? C’est tout.

Jamais, jamais, jamais un diseur de bonne aventure de vous prédira un divorce, un accident, le malheur ou la solitude. Ce n’est pas ce que les gens veulent entendre. Ils veulent qu’on leur dise que oui, ils rencontreront l’âme soeur. Oui, leur problème de santé finira par se régler. Oui, ils gagneront de l’argent. Oui, ils parviendront à rembourser leurs dettes. Oui, leur enfant réussira son concours. Etc.

Mais s’il veut connaître l’avenir, votre sujet, lui, connait déjà son passé et son présent. Si vous voulez qu’il soit content de vous et que vos prédictions aient de la crédibilité, il va falloir lui prouver que vous aussi, vous pouvez lire son passé et deviner comment il en est arrivé là.

Une session se déroule donc en trois phases. D’abord, vous devez mettre votre sujet en confiance et lui prouver vos dons. Pour ça, vous utiliserez les informations déjà recueillies. Quand il se prend au jeu, vous allez pouvoir commencer à deviner quel est son centre d’intérêt principal. Quand vous aurez posé le doigt dessus, vous entamerez la dernière phase, qui consiste à rassurer votre sujet en lui prédisant tout un tas de bonnes choses.

La première phase est assez simple : il suffit de flatter le sujet en utilisant l’effet barnum. Relisez l’article, ça devrait être une formalité.

La deuxième phase est la plus importante. Vous allez interagir (j’insiste) avec le sujet, pour l’amener à s’ouvrir et à vous donner les informations dont vous avez besoin. Car plus le sujet aura l’impression que vous en savez long sur lui, plus il sera susceptible de vous divulguer d’autres informations.

Pour cela, vous allez utiliser principalement deux techniques :

  1. Le shotgunning (ou tir au fusil à pompe) consiste à proposer à votre sujet une grande quantité d’affirmations floues, et à observer comment il réagit et les interprète. En « tirant au hasard » dans toutes les directions, vous multipliez vos chances de toucher une corde sensible. Voici quelques exemples :

    Je vois une femme dans votre pasé. Elle n’a pas de lien du sang avec vous. Vous ne vous êtes pas toujours entendu avec elle. Je sens qu’elle va bientôt revenir dans votre vie.

    Je vois un problème avec une figure paternelle de votre famille. Votre père, un oncle, un cousin ? Je vois du noir dans sa poitrine.

    Je vois des initiales, un N. Et peut-être un J. J’ai le sentiment qu’une personne dont le nom commence par ces lettres aura un rôle particulier dans votre vie.

    Dans tous les cas, votre sujet sera libre d’interpréter ces informations comme bon lui semble. Au besoin, vous pourrez l’encourager avec une phrase du genre « Je vois des images, elles signifient sans doute plus pour vous que pour moi. Aidez moi, et nous découvrirons de nouvelles choses à votre sujet ».

  2. Le tir au hasard (je ne retrouve plus le nom « officiel ») consiste à émettre des déclarations floues et au pifomètre, de manière à générer une réponse, le plus souvent inconsciente, du sujet. Ces réponses sont une véritable manne d’informations pour le lecteur à froid.

    J’ai le sentiment que vous avez des soucis financiers ces derniers temps.

    J’ai l’impression qu’une personne de votre entourage occupe particulièrement votre esprit en ce moment.

    Vous avez des travaux en cours en ce moment. Quelque chose que vous devez accomplir avant de passer à autre chose.

    De telles déclarations ne sont jamais des affirmations. Elles sont formulées de manière à laisser la place à l’interprétation, et à générer un retour (feedback) de la part du sujet. Celui-ci en effet, sans même s’en rendre compte, va acquiescer, froncer les sourcils, tressaillir, se pencher, dodeliner de la tête, retenir son souffle, rapprocher sa chaise, soupirer, moins cligner des yeux, raidir ses muscles, accélerer sa respiration, etc., indiquant au lecteur attentif s’il brasse du vent ou s’approche de son but. Il vous faudra donc vous entraîner à savoir lire le langage corporel.

    C’est là que ça devient franchement marrant : même si sur 10 déclarations comme celles-ci, 9 sont fausses et une seulement touche au but, c’est celle-là que votre sujet retiendra, grâce à un phénomène psychologique appelé la validation subjective, ou mémoire sélective.

    En mélangeant ces deux techniques, vous pouvez rassembler des informations de plus en plus précises sur votre sujet. Quand vous apprenez un fait nouveau, stockez le sagement et attendez votre heure. Quand vous en saurez assez, ressortez les informations que vous avez stocké, comme si c’était vous qui les révéliez. C’est magique, on croira que vous êtes devin. On se souviendra que vous saviez.

Lost control
Crédit : Emmanuele Contini

Vous découvrirez que la plupart de ceux qui consultent les voyants ont trois principaux centres d’intérêts : le sexe / les relations, la santé, et l’argent. L’immense majorité des problèmes que vous rencontrerez rentre dans une de ces catégories. Le mariage, les rencontres, la solitude, le divorce, l’adultère, les accidents, les maladies, la guérison (de soi ou des proches), les dettes, le jeu, les investissements, les voyages, le vol, les intérêts, sont de trés grands classiques.

Si vous êtes arrivé jusqu’ici, la dernière phase est du gateau. Il vous suffit de faire un récapitulatif de tout ce que vous savez, et à formuler des prédictions positives qui répondent aux interrogations de votre sujet. Bien entendu, ces prédictions doivent rester imprécises.

Bon, et c’est quand même là que l’éthique pointe le bout de son nez. Votre sujet est dans votre poche, à votre merci. Il est de votre responsabilité de ne pas prédire n’importe quoi.

Si un homme vous demande s’il va gagner à la lotterie, répondez lui que vous voyez une rentrée d’argent, mais surement pas grâce au loto. Si une femme vous demande si son mari la trompe, répondez lui que votre impression est qu’elle est parfois un peu trop suspicieuse, et qu’il faut lui laisser le bénéfice du doute à moins d’avoir de vraies preuves. Si une personne vous demande si elle rencontrera son âme soeur, répondez que vous pensez que oui, et qu’il s’agira probablement d’une personne qui ne correspond pas au « type » habituel de votre sujet.

Ces réponses sont positives et ouvrent l’esprit sans encourager à la passivité. Elles créent les conditions mentales les plus susceptibles d’apporter des choses positives dans la vie de vos sujets. N’oubliez pas, à grand pouvoir, grande responsabilité.

Pour conclure, j’espère avoir montré que les voyantes, diseurs de bonne aventure et compagnie, s’ils sont doués d’un talent certain, ne disposent d’aucun pouvoir surnaturel. Retenez bien que personne ne peut prédire l’avenir, même si certains sont passés maîtres dans l’art de le faire croire. Si tous ne sont pas des escrocs, certains cold readers sont de purs charlatans qui profiteront de votre naïveté pour vous soutirer votre argent. Je suis sûr qu’en y réfléchissant, vous pourrier y trouver un meilleur usage, non ?

  1. bon, j’exagère, mais pas tant que ça []
  2. pas mal, pour une introduction, non ? []
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Compétences sociales

Comment lire dans les pensées

Il m’arrive une chose étrange. Depuis que j’écris ce blog, certaines de mes capacités sensorielles se sont développés de façon surprenante. En fait, je dispose maintenant de facultés telles, que j’arrive à lire dans les pensées des gens. Et oui ! Je suis devenu télépathe !

Même vous, là, derrière votre écran, j’arrive à percevoir vos ondes, et je peux déterminer qui vous êtes et ce que vous aimez. Vous ne me croyez pas ? Vous êtes sceptiques ? Je peux pourtant vous décrire avec une grande précision :

Je sais que vous avez besoin d’être aimé et admiré, et pourtant vous êtes critique avec vous-même. Vous avez certes des points faibles dans votre personnalité, mais vous savez généralement les compenser.

Vous avez un potentiel considérable que vous n’avez pas toujours tourné à votre avantage. A l’extérieur vous êtes discipliné et vous savez vous contrôler, mais à l’intérieur vous tendez à être préoccupé et pas très sûr de vous-même.

Parfois vous vous demandez sérieusement si vous avez pris la bonne décision ou fait ce qu’il fallait. Vous préférez une certaine dose de changement et de variété, et devenez insatisfait si on vous entoure de restrictions et de limitations.

Vous vous flattez d’être un esprit indépendant et vous n’acceptez l’opinion d’autrui que dûment démontrée. Vous pensez qu’il est maladroit de se révéler trop facilement aux autres. Par moment vous êtes très extraverti, bavard et sociable, tandis qu’à d’autres moments vous êtes introverti, circonspect, et réservé.

Certaines de vos aspirations tendent à être assez irréalistes.

Pensez vous que ceci décrive votre personalité fidèlement ? Oui ? Alors, vous voyez bien que je peux lire dans vos pensées. Balèze, le télépathe, non ?!

Bon, je vous rassure, chers lecteurs, il ne s’agit pas d’un nouveau poisson d’avril. Non, je n’ai pas développé de super-pouvoirs télépathiques, et non, je ne suis pas en train de péter un cable. Et bien évidemment, je suis incapable de « percevoir vos ondes », et encore plus incapable de lire dans vos pensées.

Pourtant, il y a de trés fortes chances pour que vous sous soyiez reconnu dans le texte plus haut, pas vrai ? Et bien je vais vous expliquer pourquoi. Vous êtes tout simplement victime de l’effet Barnum.

L’effet Barnum

L’effet Barnum est la tendance générale que nous avons à interpréter des affirmations vagues et générales comme étant spécifiques, et à leur donner un sens pour les appliquer à nous même.

C’est le psychologue Bertram Forer qui a mis cet effet en évidence, en réalisant une petite expérience fort amusante. Il soumit tous ses étudiants à un test de personalité. Au lieu de les corriger, il les jeta tout simplement à la poubelle1. En guise de résultat, il leur rendit à tous le même texte, celui que vous avez lu plus haut, et qu’il avait recopié dans un bête magazine.

Il demanda à chaque étudiant d’évaluer la pertinence de l’évalutation sur une échelle de 0 (nulle) à 5 (excellente). Il obtint alors la note moyenne de … 4.2. En moyenne, les étudiants estimaient que les tests étaient trés pertinents.

Le nom de cet effet vient du fondateur du cirque Barnum, auquel on prête deux aphorismes :

Il faut que dans un spectacle, chacun croit qu’il y a un petit peu de quelque chose pour lui

Et…

A chaque minute, il naît un gogo…

L’expérience à également montré que nous avons tendance à nous voir sur un jour favorable, et à accorder beaucoup plus d’importance aux déclarations qui nous sont favorables.

D’ailleurs, je parie que vous avez un grand sens de la justice, pas vrai ? Vous êtes trés doué pour juger la nature humain et vous arrivez trés bien à vous faire des opinions sur les gens. Si vous êtes une femme, vous avez de bonnes capacités relationnelles, et vos amies savent qu’elles peuvent compter sur vous. De plus, il me semble que les gens de votre entourage vous voient un peu comme quelqu’un de doué pour résoudre les problèmes, et vous avez un talent certain pour donner de bons conseils.

Et oui, l’être humain aime beaucoup la flatterie. Décrivez quelqu’un de manière vague et élogieuse, et il sera certain que vous avez résumé sa personalité de manière extrement précise. Facile, ensuite, de le convaincre que vous êtes capable de lire dans les pensées.

horoscope, bonne aventure, et autre charlatans…

L’effet barnum est une sacré aubaine pour un paquet de charlatans, et à fait la bonheur des taromancians, numérologues, mentalistes, diseurs de bonne aventure, etc.

Trouvez vous que l’horoscope que vous lisez dans les magazines est souvent pertinent ? Balivernes ! Soyez certain qu’aucun numérologue ne peut prédire votre avenir personnel.

Les tests de personalité dans les magazines ? De la crotte de pingouin ! Ce ne sont que de bêtes jeux, incapable de mesurer quoi que ce soit.

On trouve souvent, notamment dans les coins touristiques, des petites cartes censées décrire votre personalité en fonction de votre prénom. Vous voyez de quoi je veux parler ?

Robert : vous êtes un homme qui aime qu’on le respecte. Vous savez ce que vous voulez, mais il vous arrive parfois de douter de vous même, etc.

Rebelote ! Effet Barnum.

La prochaine fois que quelqu’un tentera de deviner votre personalité à partir de votre écriture ou d’une boule de crystal, vous saurez pourquoi il faut être prudent. Dans un prochain article, nous étudierons les autres techniques utilisées par les diseuses de bonne aventure pour vous manipuler. En attendant, gare aux charlatans !

  1. Les tests, pas les étudiants []
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Compétences sociales Sculpture de Soi

Comment devenir sympathique

Étymologiquement, sympathie signifie « souffir / ressentir avec ». Celui qui est sympathique, c’est celui qui partage nos joies et nos peines. Celui qui inspire de la sympathie, c’est celui que l’on a envie de cotoyer, avec qui l’on veut partager nos émotions et nos sentiments. La sympathie vous offre la posibilité d’entrer dans l’univers de l’autre.

En fait, savoir susciter la sympathie est un formidable pouvoir, qui vous ouvrira bien des portes. L’autre est la plus formidable source de richesse à votre disposition, et si vous savez vous rendre sympathique, vous verrez que votre vie sera bien plus facile et agréable.

Inspirer la sympathie est somme toute assez simple. Seulement, certains aiment se compliquer la vie, et rendent les choses plus compliquées qu’elles ne le sont. Et puis, certaines personnes ont un potentiel de sympathie bien plus élevé que la moyenne, et s’attirent facilement la bienveillance d’autrui.

Si vous mêmes cherchez une recette pour susciter la sympathie, voici quelques points de réflexion.

  • Souffrez avec : Comme je l’ai dit plus haut, sympathie vient de souffir avec. « C’est votre problème ! » : voilà une phrase qui attire à coup sûr l’antipathie sur son auteur. Rien n’est plus désagréable qu’un insensible qui se moque de nos soucis.Au contraire, faites preuve d’empathie. Montrez à autrui que vous comprenez ses problèmes, et que vous partagez ses émotions. « Je comprends ce que tu ressens », « je sais ce que c’est », « je vois ton problème ». Voilà qui devrait vous attirer de la sympathie.
  • Apportez des solutions à ses problèmes : Être compatissant, c’est bien beau, mais si en plus, vous aidez autrui à régler ses problèmes, si vous lui prétez main forte pour solutionner ses soucis, votre capital sympathie fera un bon.Ne soyez donc pas avare de coups de mains, de dépannages, d’entraide et de bénévolat.
  • Synchronisez vous : C’est prouvé, nous apprécions d’avantage les gens qui nous ressemblent. Qui se ressemble s’assemble, et qui s’assemble finit par se ressembler. Pour vous en convaincre, observez les groupes dans la rue : même âge, mêmes postures, mêmes attitudes, même style, etc. Observez également les vieux couples : ils emploient les mêmes mots, les mêmes expressions, certains finissent même par se ressembler physiquement.Qui se ressemble s'assemble

    On dit que les contraires s’attirent. Parfois, nos différences ajoutent certes un peu de piment, mais en définitive, on apprécie d’avantage les gens qui nous ressemblent, qui pensent comme nous, qui partagents les mêmes centres d’intérêt.

    D’ailleurs, c’est une règle de base dans le domaine de la persuasion. Pour rallier quelqu’un à sa cause, il faut commencer par souligner ce qui vous rassemble en évoquant vos points et intérêts communs.

    Je vous propose donc d’adopter la technique du miroir. Elle consiste à imiter votre interlocuteur pour le persuader que vous êtes similaires. Lorsque nous communiquons, seule une faible partie de l’information passe par les mots. Le reste passe par le ton de la voix, et surtout par le corps.

    Faites bon usage du mimétisme. Imitez les gens que vous rencontrez1. Faites-le de manière naturelle. Calquez vos attitudes, vos postures sur celles de votre interlocuteur. Empruntez ses expressions. Parlez au même débit et volume que lui. Respirez au même rythme. Voici quelques points que vous pourriez travailler :

    • La voix : timbre, rythme, hauteur, pauses, les mots, les expressions, etc.
    • Le visage : les expressions, mouvements de la bouche, des yeux, des sourcils
    • La respiration : calquez la sur celle de l’autre et respirez en rythme
    • Les postures : position de la tête, des bras, des mains, des jambes
    • Les mouvements : les changements de points d’appui, les déplacements, etc.
    • Et pour être perfectionnistes, la moiteur de la peau, le rythme cardiaque, la tension musculaire…

    Il faut pour appliquer cette technique être attentif à l’autre, et cela requiert de l’entraînement. Cela n’en reste pas moins un moyen étonnament puissant de susciter la sympathie. Essayez, vous serez probablement surpris du résultat.

  • Donnez des signes de reconnaissance : Les signes de reconnaissance sont une véritable nourriture spirituelle pour quiconque. Ils constituent un véritable besoin fondamental, nécessaire à la survie psychologique de l’individu.J’ai déjà parlé des pouvoirs des compliments. En donnant des signes de reconnaissance, vous reconnaissez l’existence de l’autre. Et l’autre vous en sera immensément reconnaissant. Et bien sûr, il vous trouvera sympathique 😉

    Allez, en vrac, quelques idées de signes de reconnaissance que vous pourriez donner : sourire, serrer la main, féliciter, caresser, taper sur l’épaule, admirer, mentionner le nom, faire un cadeau, offrir des fleurs, apporter un café, apprécier le travail, ébouriffer les cheveux, demander de vous accompagner, emmener en voyage, faire l’amour, faire la cour, regarder, parler, applaudir, rire, donner une prime, une promotion, une voiture de fonction, des responsabilités, une décoration, etc.

    Des signes de reconnaissance peuvent être aussi bien positifs que négatifs. Cest le principe de la carotte et du baton. Attention aussi, les signes de reconnaisance sont évalués en fonction de la source (vous). Plus vous serez charismatique, plus les signes de reconnaissance que vous donnez seront évalués positivement.

  • Montrez vous sympathique : Enfin, par réciprocité, plus vous vous montrerez sympathique envers l’autre, plus celui-ci vous trouvera sympathique. Logique, non ? Alors, bonne humeur de rigueur.

Si avec tout ça, vous avez toujours du mal à vous faire des amis, ben, c’est à désespérer 🙂

  1. Discrètement et subtilement, bien entendu, où ils vont croire que vous vous moquez []
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Compétences sociales Sculpture de Soi

Comment paraître plus intelligent que vous ne l’êtes ?

Cet article peut vous intéresser dans deux cas :

  1. Vous êtes un abruti de première, et vous voulez vous la jouer en paraissant être génial
  2. Vous êtes un génie, mais vous manquez d’aisance relationnelle et de charisme, et vous êtes souvent pris pour un abruti de première

Certains naïfs s’imaginent que pour paraître intelligent, il suffit de l’être. Rien n’est moins vrai, malheureusement1. Les gens se font une première opinion sur l’intelligence d’une personne au premier coup d’oeil. C’est à dire, en se basant quasiment essentiellement sur l’apparence.

Partant de là, il est courant que l’intelligence d’une personne soit sous-/sur-évaluée. Du coup, il est beaucoup plus facile de paraîtreintelligent plutôt que de l’être. Voici quelques conseils.

  • Soyez beau, grand et mince : C’est malheureux, mais c’est comme ça. Si vous êtes beau, grand et mince, vous serez spontanément évalué comme plus intelligent que quelqu’un de moins gâté par la nature. Ensuite, sur ce point, c’est la loterie, et on ne peut pas y faire grand chose.
  • Habillez vous classe : Ah ! Ça, tout le monde peut le faire. Si vous avez l’habitude de ne porter que trés peu d’attention à vos vêtements, peut-être est-il temps de renouveler votre garde robe ?Laissez donc tomber vos vieux t-shirts sans âge et tout tâchés. Oubliez un peu les pantalons de jogging. Faites un petit effort pour paraître élégant. Les gens bien habillés paraissent plus malins que les ploucs.
  • Portez des lunettes : Les gens associent souvent les lunettes à un QI élevé.
  • Parlez vite et fort : Un signe d’intelligence qui permet d’en imposer. Lorsque vous parlez, tâchez d’avoir un débit régulier et assez rapide. Et parlez haut (mais n’en abusez pas).
  • Exprimez vous correctement : Lorsque vous parlez, utilisez un vocabulaire varié, avec si possible des mots compliqués, qui font trés « intelligents ». Des mots comme « paradigme », « conjoncture » ou « épistcopal ».Votre débit doit être régulier, et articulez clairement. Banissez les « heu… », « hem », les hésitations, les blancs, et les mots d’argot. Tout ceci demande quand même pas mal d’entraînement.
  • Interrompez les autres : C’est peut-être un peu grossier, mais quoi qu’il en soit, les gens qui interrompent souvent les autres passent pour plus malins.
  • Choisissez avec soin vos sujets de conversation : car certains font plus intelligent que d’autres. Parmi les sujets de premier choix, on trouve la littérature, la politique, et le droit. Banissez la météo, le foot, et les ragots, qui donnent plutôt une impression de médiocrité intellectuelle.
  • Riez franchement : des études ont montré que les rires francs étaient plus appréciés que les rires dans sa barbe, les rires contenus et autres bruits de gorge. Alors, si vous voulez vous esclaffer, faites le à gorge déployée.
  • Travaillez vos postures : Ayez une attitude sûre de vous, tenez vous droit et décontracté. Vous aurez l’air plus malin que si vous êtes avachi. Et regardez les gens dans les yeux. Un regard fuyant ne fait pas intelligent.

Si vous suivez tous ces conseils, et avec un peu d’entraînement, vous ne devriez pas avoir top de mal à vous faire passer pour plus intelligent que vous ne l’êtes. Sympa, non ?

  1. ou heureusement, ça dépend pour qui []
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Compétences sociales

Une astuce de communication

Allez, c’est l’été, il fait chaud, je suis en vacances (niark niark), alors je vais le faire court.

Aujourd’hui, je vous présente une petite astuce de communication, déjà évoquée sur Nioutaik.

Elle est trés simple à mettre en oeuvre : lors d’une discussion, il suffit de répéter les derniers mots de votre interlocuteur sur un ton interrogatif. Et c’est tout. Voici un exemple librement adapté d’une discussion en soirée :

– (Un pote) Salut !
– (Moi) Salut ! (ça n’a pas encore commencé)
– Tu sais que je suis allé voir le dernier Harry Potter hier ?
– Harry Potter ? (C’est parti)
– Oui, je suis allé au cinéma avec Germaine, on s’est bien amusé, et ensuite, on est allé prendre un pot avec des amies à elles.
– Des amies ?
– Oui, on avait rendez vous avec elles après la séance. On a testé ce nouveau bar qu’ils ont ouvert, tu sais ?
– Un bar ?
– Purée ! Tu verrai le prix des consommations, c’est monstrueux !
– Monstrueux ?
– etc.

Note : Désolé pour cet exemple pathétique, je n’ai rien trouvé de mieux.

Quoiqu’il en soit, vous pouvez faire durer la conversation trés longtemps comme ça. Avec un peu d’entraînement, vous pourrez faire parler quelqu’un pendant des heures presque sans dire un mot. L’avantage, c’est que cette technique ne met personne mal à l’aise, comme le ferait la technique du silence. Seul risque : l’autre aura trés vite l’impression (justifiée ?) que vous vous payez sa tête.

Je vous avait prévenu que ça serait court. À la prochaine 🙂

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Compétences sociales Organisation

Managers : le guide du bon sens (ou comment motiver ses employés sans augmenter leurs salaires)

Ce n’est un secret pour personne, le manque de bon sens est source de bien des problèmes dans le monde. Et ceci est particulièrement vrai dans le monde de l’entreprise. Pertes de temps en réunions interminables, licenciements alors que l’entreprise réalise des bénéfices, dépense d’immenses ressources humaines pour élaborer des définitions de mission vaseuses, immédiatement archivées dans des cartons poussiéreux, ou pour restructurer, réorganiser ou réengineerer tout et n’importe quoi.

Le principe de Dilbert

Dans le monde du travail, les contradictions ne se comptent plus. Pour améliorer la productivité des employés, on leur colle un contrôle qualité tous les deux jours, et on organise des réunions de quatre heures pour découvrir pourquoi la démotivation gagne les troupes.

Si quelqu’un a su témoigner de cet état de fait, c’est bien Scott Adams, le génial créateur de Dilbert, une BD dénonçant de façon hautement cynique, caustique et satirique la vie d’un employé de bureau moyen dans une grande multinationale. Si vous ne connaissez pas, je vous recommande chaudement de lire ces BDs, vous les trouverez dans toute bibliothèque qui se respecte.

Scott Adams à également écrit un livre, le principe de Dilbert, dans laquelle il analyse à sa sauce le monde de l’entreprise.

Et le plus intéressant, c’est que Scott Adams ne fait pas que critiquer. Dans le dernier chapitre de son livre, il décrit le modèle de l’entreprise parfaite selon lui : A6HD, pour À 6 Heures Dehors !

L’entreprise parfaite

Et bien, quelles sont les caractéristiques principales de cette fameuse entreprise ? Pour Scott (Oui, je l’appelle Scott tout court, parce que c’est moins long), c’est une entreprise qui sait faire la différence entre ce qui est essentiel, et ce qui ne l’est pas. Et qu’est ce qui est essentiel, dans une entreprise ? Toujours d’après Scott, deux choses : de bons produits1, et des employés efficaces.

À première vue, cette observation paraît d’une évidence désarmante. Il est d’autant plus consternant de constater qu’elle est complètement occultée par certains managers et dirigeants, qui investissent des ressources considérables pour des résultats négligeables à court terme, et parfois même pénalisants pour l’entreprise à long terme.

Pour Scott, toute tâche qui permet d’améliorer le produit ou l’efficacité des employés est une bonne chose. Toute autre tâche est futile et se traduira à long terme par une perte de profits.

Voici quelques exemples de telles activités :

  • Développer de nouvelles procédures
  • Réunir les dirigeants pour écrire une nouvelle politique d’entreprise
  • Les sytèmes de suggestions
  • Remanier le système de paiement des salariés
  • ISO-9000
  • Organiser des équipes qualités
  • Rédaction de définitions de missions et déclarations de visions

Pour Scott, même si chaque activité prise individuellement est justifiable par les meilleurs arguments du monde, au final, elle n’améliore que trés rarement l’efficacité. Et elles sont la plupart du temps inutiles si les produits sont bons, et les salariés efficaces.

Mettre en place un système de suggestion ne sert pas à grand chose quand les salariés sont motivés : ils proposeront d’eux mêmes des améliorations. Et la budgétisation est beaucoup plus simple, quand on a un bon produit qui permet de faire des bénéfices.

Le manager avisé saura donc mettre l’accessoire de côté pour se focaliser sur l’essentiel : les employés et les produits.

Une entreprise saine repose sur des salariés efficaces

L’employé est le fondement de l’entreprise. Des employés motivés et créatifs sont inestimables, et leur productivité est immense. L’essence même de la tâche du manager est donc de conserver intacte la bonne humeur des employés.

La théorie de Scott Adams repose en grande partie sur les hypothèses suivantes :

  • Les gens sont de bonne volonté par nature, et heureux par défaut.
  • Personne n’aime travailler, et il existe un niveau de bonheur maximal que l’on peut tirer de son boulot.

    Le travail est une chose fondamentalement désagréable par rapport aux autres choix possibles, et c’est la raison pour laquelle il faut le rémunérer.
    Scott Adams

Bien sûr, il y a des gens qui apprécient leur emploi. C’est même une condition importante du bonheur. Mais réfléchissez serieusement : si le travail n’était pas nécessaire pour vivre, combien conserveraient leur emploi ?

Par conséquent, l’entreprise ne peut pas faire grand chose pour améliorer le bien être de ses employés. En revanche, elle peut faire beaucoup de choses pour l’annihiler. La mission du manager consiste donc essentiellement à fournir aux employés des objectifs à atteindre, des ressources pour y parvenir, et à s’écarter du chemin.

La première mesure à prendre, pour Scott Adams, c’est de s’assurer que tout le monde puisse quitter les lieux à 18h tapantes2 . C’est un principe d’une telle importance qu’il a même donné son nom à l’entreprise : A6HD.

Si on part du principe que personne n’aime travailler, permettre aux employés de rentrer chez eux suffisamment tôt pour avoir une vie personnelle et familiale épanouissante est encore le meilleur moyen d’assurer leur satisfaction.

Revoir l’emploi du temps

Time Spiral
Crédit photo : gadl

La plupart des managers et travailleurs imaginent qu’ils pénètrent dans un monde à part, un peu hors du temps, dés qu’ils passent la porte de l’entreprise. Ils pensent que la vie professionnelle ne devrait pas influencer la vie personnelle, et vice-versa. C’est une pensée dangereuse d’une part, et fausse de toutes façons.

La vie est un tout indivisible, et la compartimenter à outrance ne pourra que générer un malaise, dont les premiers symptomes sont les fameux « Pff ! J’ai l’impression de sacrifier ma vie de famille à mon travail » et « Avec cet enfant, je vais devoir abandonner mon emploi ».

Les dirigeants feraient bien de ne pas oublier que leurs employés ont une vie de famille. Ils travaillent pour vivre, et pas l’inverse. Et il est dangereusement utopique de penser qu’un employé est une sorte de machine lobotomisée investie à 100% pour son entreprise entre 9h et 18h. Tout le monde à des soucis, et jusqu’à preuve du contraire, il n’est pas possible de les enlever comme on enlève son manteau, pour les laisser accrochés à l’entrée du bureau.

Il faut aussi savoir qu’on est productif que quelques heures par jours (et encore, pour les plus motivés). Ceux qui s’imaginent améliorer la productivité en augmentant la durée de travail ne sont rien d’autres que de doux rêveurs au manque de bon sens flagrant.

Au contraire, compresser les activités productives pour qu’elles prennent le moins de temps possible augmente leur intérêt, et rendra le salarié plus productif. Imaginez un employé qui sait qu’il ne lui reste plus grand chose à faire pour atteindre ses objectifs de la journée, et qui doit patienter encore 4h avant de pouvoir quitter les lieux. Croyez vous réellement qu’il abattra plus de travail de sa propre initiative ?

Certains besogneux le feront peut-être, mais la plupart (dont moi) ne feront qu’étaler pour « tenir » jusqu’à la quille. Au passage, ils verront leur motivation et leur intérêt fondre comme neige au soleil, et en profiteront pour surfer sur des sites de glandeurs, ou aller discuter avec leurs collègues, avec un effet boule de neige devastateur pour la productivité.

Imaginez maintenant que ce même employé sache qu’il pourra partir lorsqu’il aura atteint son objectif, quand bien même il ne serait que 16h30. Il y a fort à parier qu’il mettra la meilleure volonté du monde à abattre la besogne le plus rapidement possible.

Il faut donc cesser de faire une fixette sur l’horloge, sous prétexte que les salariés sont payés à l’heure. Un peu de souplesse ne fera pas de mal, et pourrait au contraire avoir des effets bénéfiques pour tout le monde.

Supprimer les obstacles et fournir les ressources

Il est surprenant de voir à quel point des gens motivés sont productifs, ce qui est, si je ne m’abuse, bénéfique pour l’entreprise. Un manager pourvu d’un minimum de bon sens saura donc qu’il est promordial de maintenir une ambiance de travail bon enfant, et de préserver la bonne humeur des employés.

Pour ce faire, sa tâche consistera essentiellement à débarrasser les employés des obstacles à leur travail, et à leur fournir les ressouces nécessaires pour atteindre leurs objectifs.

Si vous êtes manager, voici quelques exemples de points à considérer :

  • Assouplir les emplois du temps : Certaines personnes ont des contraintes. L’exemple le plus flagrant, c’est celui de la mère qui doit conduire ou ramener ses enfants de l’école. Au lieu de râler et de réprimander l’employé qui arrive toujours 20 minutes en retard, il sera bien plus productif de convenir avec lui d’un arrangement pour assouplir son emploi du temps. Vous l’allégerez alors d’une source de stress, et il y a fort à parier que sa reconnaissance améliorera sa loyauté et sa motivation.
  • Éliminer les sales cons ! : Dans l’entreprise, rien ne plombe plus rapidement une ambiance qu’un sale con qui pense que la diplomatie est un pays d’ex-URSS. Rien n’entrave plus la productivité des bons salariés qu’un sale con qui a érigé la mauvaise foie et la mauvaise volonté au rang d’art de vivre. Fuyez à tout prix ce genre de personne !Parfois, il arrive que les sales cons détiennent des compétences vitales pour l’entreprise. Ils deviennent alors indéboulonnables, et continuent d’entraver le travail des autres et de pourrir l’ambiance en toute impunité. En tant que manager, ne laissez pas passer ça !

    Même si les compétences du sale con sont intéressantes, débarrassez vous en le plus rapidement possible. Si vous faites l’erreur de le garder, vous vous en mordrez les doigts, tôt ou tard.

    Le meilleur moyen de virer les sales cons, c’est encore de ne pas les embaucher. Au lieu de vous focaliser sur le savoir-faire, prêtez tout particulièrement attention au savoir-être, et écartez systématiquement les impulsifs, ceux qui n’acceptent pas la critique, ne savent pas gérer leurs émotions, ni régler leurs problèmes par des moyens pacifiques.

  • Lâcher du lest sur l’évaluation : Il existe un phénomène psychologique intéressant qui fait que souvent, les gens se comportent de la manière dont on les traite. C’est à dire que si vous parlez à vos ados comme à des bébés, vous avez peu de chance de les voir devenir responsable.De même, si vous passez votre temps à surveiller vos employés pour vérifier que le travail est fait, si vous ne les traitez pas comme des gens de confiance mais comme des truands potentiels, ils réagiront en devenant effectivement moins dignes de confiance. Ils seront moins impliqués, moins loyaux, et profiteront de la moindre occasion pour glander activement.

    Mais si vous allégez les procédures d’évaluation, si vous décidez de leur faire confiance, vous les engagez à se comporter de manière responsable et à travailler serieusement.

  • Alléger les procédures : Tout le monde ne travaille pas de la même façon. Des procédures trop strictes et artificielles à propos de tout et n’importe quoi facilitent certes l’encadrement, mais entravent la productivité. Un employé qui remplit de la paperasse ne travaille pas. Réduisez les procédures au minimum, quitte à laisser un peu de place à l’informel, pour permettre à l’employé de s’attaquer à la seule tâche utile pour vous : travailler.
  • Laisser le choix des outils de travail : Si un employé effectue son travail correctement avec son propre ordinateur, ses propres techniques, ses propres méthodes, ses propres outils, pourquoi lui imposer les votres ?Vous ne ferez que le ralentir en lui infligeant un apprentissage dont il se serait bien passé, et vous déclencherez un phénomène psychologique appelé la résistance au changement. Tant que cela n’a pas d’influence négative sur son travail, laissez le libre d’employer les moyens qu’il veut pour atteindre ses objectifs
  • Compétences, connaissances et formation : Un job ou l’on apprend plus rien est terriblement démotivant. Chaque employé devrait apprendre une choses chaque jour, et faciliter l’accès aux nouvelles compétences sera bénéfique pour tout le monde (y compris vous).D’une part, chacun sera plus motivé par un job enrichissant, et d’autre part, cette ouverture encouragera la créativité.

    En tant que manager, vous devriez appuyer les demandes de formation de vos employés, même si elles sont un peu « hors sujet ». Vous pouvez également encourager le partage des connaissances entre vos employés (Scott propose même d’inclure « transfert de compétences » dans tous les intitulés de postes), et laisser en libre service des journaux et magazines spécialisés.

  • Couper court aux réunions : Les réunions interminables sont souvent citées comme la principale perte de temps dans l’entreprise. N’organisez pas de réunion si ce n’est pas nécessaire, n’y conviez personne s’il n’y est pas indispensable, et définissez un ordre du jour clair et précis, avec des crénaux horaires fixes réservés à chaque point.N’hésitez pas à interrompre poliment mais fermement quelqu’un qui deviserait trop longtemps sans en venir au fait. Rappelez que les échéances sont fixes, et ne peuvent être repoussées. Rappelez la récompense pour tout le monde : A5HD 🙂
  • Le café, les pauses, l’habillement, et autres futilités : Ne soyez pas trop strict sur les détails. Lâchez un peu de lest, et laissez chacun s’habiller comme il veut, du moment que ça ne gêne pas son travail ni celui des autres.Laissez une cafetière en libre service, au lieu de chercher à faire des bénéfices même sur les pauses des employés. D’ailleurs, n’oubliez pas que les pauses sont essentielles. Je me répète : cessez de faire une fixette sur l’horaire. Un employé avec un objectif précis, une échance claire, et les ressources nécessaires à sa disposition travaillera sérieusement si vous lui faites confiance et ne vous tenez pas derrière son dos pour espionner tous ses faits et gestes.

J’espère que vous aurez compris qu’en matière de management et de gestion d’entreprise, le bon sens est une compétence essentielle. Négliger son importance pourrait avoir des conséquences désastreuses pour le moral et la productivité des employés, et à long terme pour la réussite de l’entreprise. Alors, si vous êtes manager, vous savez ce qu’il vous reste à faire : lisez Dilbert 😉

  1. produit au sens large : produit, service, livraison, relation client, etc. []
  2. Ce principe est à adapter, toutes les cultures n’appliquent pas les mêmes horaires de travail. En France, il serait bon de rebaptiser le concept « A5HD » []
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Les 4 clés du charisme

Le charisme, c’est une de ces notions qu’il est difficile de définir avec des mots, mais qu’on reconnait à coup sûr quand on la voit. Voici la définition du charisme par le wiktionnaire :

Aura indéfinissable que possède quelqu’un, souvent liée à sa prestance, qui est capable de susciter l’adhésion, la fascination d’un grand nombre de personnes.

De cette définition, je retiendrai principalement trois choses :

  1. L’aura : c’est ce petit plus, un mélange indéfinissable mais perceptible qui fait que la personne est charismatique.
  2. Capable de susciter l’adhésion : Les gens charismatiques sont ceux dont on cherche la compagnie, et qu’on a envie de suivre.
  3. De personnes : Le charisme est une compétence sociale par définition. Vous ne pouvez pas être charismatique si vous vivez sur une île déserte.

La plupart d’entre nous connaissent des gens charismatiques dans leur entourage. Ces gens sont fascinants, mais d’où vient leur charisme ? Je me suis souvent posé la question, et il m’est apparu qu’il n’existe pas une, mais plusieurs sortes de charisme, qui font appel à des compétences et des qualités légèrement différentes.

Tordons tout de suite le cou à quelques idées reçues : le charisme n’a pas grand chose à voir avec la beauté, pas plus qu’avec la richesse (ou alors, seulement la richesse intérieure). J’ai connu des gens trés beaux qui n’avaient pas un poil de charisme. Et j’ai connu des gens relativement communs qui rayonnaient. Le fait est que le charisme confère en lui même une certaine beauté.

Ça n’a pas non plus à voir avec l’autorité. Ce n’est pas parce que vous êtes le supérieur hiérarchique de centaines de personnes que vous êtes charismatiques pour autant. Ne confondez pas être charismatique et autoritaire. On se sent bien auprès des gens charismatiques, pas auprès des gens autoritaires. Le charisme est une source de pouvoir, il confère un leadership naturel. Mais le leadership découle du charisme, et non l’inverse.

Enfin, ce n’est pas une qualité innée, on ne naît pas charismatique, on le devient (même si étymologiquement, « charisme » signifie « don », « qualité »).

C’est donc une bonne nouvelle : même si vous n’êtes pas charismatiques, vous pouvez apprendre à le devenir. Ce qu’il faut savoir, c’est que le charisme est une qualité qui découle de beaucoup d’autres. Par conséquent, il faut un gros travail de développement personnel avant de devenir charismatique.

À l’inverse, si vous êtes un adepte du développement personnel, votre charisme progressera automatiquement, à mesure que vous gagnerez en cohérence intérieure, en confiance en vous et en sérénité.

Pour vous aider dans vos recherches, voici les 4 principales qualités, à mon avis, qu’il vous faudra développer :

Développez votre force intérieure

Tous les gens charismatiques que j’ai rencontré présentaient cette caractéristique : une personalité forte. Cela ne signifie pas qu’il étaient colériques, têtus, et râlaient après tout le monde. Cela signifie que leurs limites étaient bien définies, qu’ils savaient ce qu’ils voulaient et où ils allaient, et qu’on savait toujours à quoi s’attendre avec eux.

Si vous êtes charismatiques, vous avez des opinions fermes, parce que vous y avez réfléchi longuement, et êtes prêt à les défendre parce que vous êtes convaincu qu’elles en valent la peine. Cela ne signifie pas que vous ne changez jamais d’avis par principe, mais que vous n’adoptez pas une idée sans y avoir pensé avant.

Vous avez des principes forts, que vous suivez en toutes circonstances. Vous savez ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, vous connaissez vos limites, ce que vous êtes prêt à faire ou à ne pas faire, et il est par conséquent difficile de vous faire changer d’avis. Vous savez dire nonquand il le faut, sans pour autant froisser votre interlocuteur.

Comme vous ne doutez pas de vous, vous ne ressentez pas le besoin de protéger à tout prix votre petit amour propre. Par conséquent, vous n’êtes ni borné ni têtu, vous n’avez pas non plus peur de changer d’avis si vous constatez que vous êtes dans l’erreur, ni d’avouer vos petites imperfections, sans pour autant vous autodévaluer. Vous acceptez les critiques et n’avez pas peur de vous remettre en question.

Votre cohérence intérieure vous permet d’agir conformément à vos principes et à vos valeurs. Vous n’avez pas peur de vous mettre en danger pour obtenir ce que vous désirez, parce que vous avez confiance en votre faculté de retomber sur vos pattes. Vous vivez donc sereinement dans la certitude d’être dans le droit chemin. Vous agissez conformément à vos pensées, et vous acquérez petit à petit une réputation de fiabilité et de crédibilité.

Votre confiance en vous vous permet de ne pas rechercher sans cesse la validation de vos actes par autrui, mais plutôt à l’intérieur de vous. Cette force intérieure vous permet de devenir proactif et de prendre des initiatives. Quand les autres restent indécis, vous êtes capable de décider pour eux. Cette faculté de décider par vous même vous conférera un leadership naturel, et vous entraînerez facilement ceux qui sont moins sûrs d’eux.

Vous êtes de fait une personne de confiance, puisque vous ne donnez pas votre parole ni ne faites de promesses à la légère. Vous arrivez à l’heure à vos rendez vous, et tenez vos engagements. Comme vous êtes ferme dans vos opinions et dans vos décisions, les autres savent que vous êtes fiable, qu’ils peuvent s’appuyer sur vous et vous faire confiance.

L’autre conséquence, c’est qu’on écoute vos paroles, puisqu’on sait que vous ne parlez pas en l’air. Il vous est donc plus facile de faire prendre en compte votre opinion.

Améliorez votre visibilité

J’ai déjà rencontré des gens qui étaient de vrais fantômes. Bien qu’ayant passé quelques minutes en leur compagnie, j’étais à peine capable de me remémorer leur visage. Ils étaient absolument transparents, ne laissaient aucune trace dans l’esprit de ceux qu’ils croisaient, et c’est à peine si on les remarquait.

Chez de trés rares personnes, ça en devenait presque surnaturel. Ils venaient, repartaient, et personne ne les avait même remarqué. C’étaient les anti-charismatiques par excellence. J’avoue que ce type de compétences peut parfois être utile (comme en classe, lorsque le prof cherche quelqu’un pour aller au tableau), mais ce n’est pas ce qui nous intéresse ici.

Si vous voulez du charisme, il vous faudra de l’aisance relationnelle, et surtout de la présence. Vous ne pouvez pas rester dans un coin en espérant qu’on remarquera votre beauté intérieure, ça ne marchera pas. Montrez vous ! Il faut qu’on vous remarque, que vous soyez visible. Dans les soirées, il y a celui qui observe, et celui qui est observé. Devenez donc celui là.

En devenant plus visible, vous marquerez les esprits à plusieurs niveaux. Supposons que vous fassiez montre d’une grande visibilité au cours d’une soirée ou vous ne connaissez pas tout le monde. D’abord, il vous sera plus facile de nouer de nouvelles relations : les gens recherchent la compagnie de ceux qui ont une grande aisance sociale1 Ensuite, quand les gens repenseront à cette soirée, ils repenseront aussi à vous. Vous aurez donc marqué leur mémoire, c’est pas génial, ça ?!

Comment accroitre votre visibilité ? Ce n’est pas si compliqué, croyez moi. N’hésitez pas à utiliser tous les sens à votre disposition. Pour vous faire voir, soyez dynamique, déplacez vous, ayez l’air sûr de vous, et adoptez un style vestimentaire qui vous est propre. Faites des choses, soyez celui qui danse comme un Dieu, ou fait de la magie.

Pour être entendu, parlez haut, et même parlez tout court. Prenez part active à une conversation, et n’ayez pas peur de parler. Lancez des sujets, racontez des choses intéressantes, des anecdotes amusantes, valorisez vous en racontant vos exploits (mais faites le de manière subtile, pour ne pas passer pour un gros lourd). N’hésitez pas à utiliser une voix forte, pour être entendu (toujours sans en abuser, bien entendu).

Ne négligez pas les sensations kinesthésiques, touchez les gens sur le dos, l’épaule, la main, le bras, etc. Un simple contact par-ci par-là fera des miracles, notamment en matière de séduction. N’oubliez pas que les contacts corporels sont des signaux trés puissants. Utilisez les à bon escient.

Pour vous faire sentir, vous pourriez peut-être utiliser un léger parfum ? Et pour le goût…. Bon, là, je vous laisse le soin de trouver des idées 🙂

Quelques techniques relativement simples vous permettront d’accroitre votre visibilité de manière impressionnante. Commencez par être réellement présent. Cessez de planer, redescendez sur terre, et soyez à ce que vous faites. Concentrez vous sur la conversation en cours, focalisez vous sur le moment présent. Si vous flottez, les gens s’en aperceveront, et si vous donnez l’air de ne pas vous intéresser, vous n’intéresserez pas.

Entraînez vous à appeler les gens par leur nom, vous marquerez leur esprit et leur mémoire. C’est une méthode qui ne coûte qu’un petit effort de mémoire, et qui donne des résultats spéctaculaires. De plus, retenir le nom d’une personne vous forcera à vous concentrer et à vous intéresser à elle.

Développez un style vestimentaire bien à vous. Cela ne signifie pas qu’il faille devenir une fashion victim, mais vous devez prendre conscience que votre apparence véhicule un message, et que les gens se font une opinion sur vous en 30 secondes. Vous n’y pouvez rien, alors acceptez le, et prenez le temps de soigner votre apparence.

Travaillez votre contact visuel, jusqu’à obtenir un regard franc et amical. N’ayez pas peur de regarder les gens dans les yeux (sans les fixer au point de les mettre mal à l’aise). Un regard fuyant et timoré est le meilleur moyen pour devenir invisible.

Accroitre votre visibilité aura un autre effet : vous serez soumis à une pression sociale plus forte, c’est à dire que vous deviendrez sans doute la cible de commentaires, et serez plus souvent jugés que d’autres. Restez confiant ! Si vous montrez que vous êtes à l’aise avec ça, vous prouverez que vous avez l’habitude d’être regardé, et votre charisme montera en flèche.

Intéressez vous aux autres

Ce point est extrèmement important, et trop souvent négligé. Même si vous parvenez à développer tous les autres points cités ici, si vous oubliez de vous intéresser sincèrement aux autres, vous entretiendrez peut-être l’illusion quelques minutes, mais vous finirez par être catalogué comme le boulet de service.

J’ai déjà discuté avec des gens qui étaient parfaitement à l’aise en société, avaient des choses intéressantes à raconter, mais qui ne m’ont pas posé la moindre petite question pour savoir qui j’étais, ce que je faisais, quels étaient mes projets, mes passions, etc. Bref ! Qui ne s’intéressaient pas à moi. Savez vous quel effet cela m’a fait ? Et bien, un effet foncièrement désagréable.

J’ai éprouvé un malaise, presque du ressentiment vis à vis de ces gens si égoistes. À première vue, ils paraissaient trés agréables, mais plus le temps passait, plus mon malaise grandissait. Ma seule envie était de prendre le large, et ma seule activité, dans cette relation sociale, se bornait à chercher un prétexte pour partir.

J’ai également rencontré des gens qui avaient un immense talent pour montrer à quel point ils étaient doués. En les croisant, je me disais « Wow ! Cette personne est intelligente / compétente / douée / etc. ! » Mais ces personnes m’ont surtout laissé un goût amer dans la bouche, et pas du tout l’envie de passer du temps avec eux.

En revanche, j’ai déjà croisé quelques personnes trés charismatiques, et leur talent était tout autre : avec elles, je me sentais intelligent / compétent / doué / etc. En fait, c’était incroyable de constater à quel point leur contact était agréable, parce qu’elles me renvoyaient ce qu’il y avait de meilleur en moi.

Ce n’était absolument pas de la flatterie, ni de la complaisance. Simplement, ils remarquaient mes plus grandes qualités, et mentionnaient trés subtilement à quel point elles leurs plaisaient.

Récapitulons donc. Le premier point, c’est de s’intéresser sincèrement aux autres. Sincèrement signifie que vous ne pourrez pas faire illusion, à moins d’être un trés grand acteur, et de jouer 24h/24, 7j/7. Acceptez les autres tels qu’ils sont, avec leurs qualités et leurs défauts, et sachez que tout le monde à quelque chose d’intéressant à raconter. Les gens sontintéressants. Si vous ne vous sentez pas intéressé, c’est de votre faute, alors faites un effort.

Soyez sincèrement curieux. Posez des questions sur la vie des autres, leurs passions, leurs projets, leurs rêves, leurs activités, leur métier, leur famille, leurs états d’âmes. Il est trés important de pratiquer une écoute active : soyez attentif et compatissant. Même si la conversation ne semble être qu’un échange de banalités, faites l’effort d’en retenir le contenu principal. Si quelqu’un vous explique un aspect de son métier, ce n’est pas pour que vous l’oubliiez au bout de quelques minutes. S’il vous demandez à quelqu’un s’il est marié, ou s’il a des enfants, vous devrez vous en souvenir pour lui demander des nouvelles de sa famille la prochaine fois que vous le rencontrererez

Ensuite, vous devez faire en sorte que les gens se sentent bien avec vous. Qu’ils se sentent important à votre contact. C’est une compétence trés rare, je ne l’ai rencontré que chez une poignée de personne au cours de ma vie. Elle réclame beaucoup de subtilité, et est difficile à acquérir, mais les effets sont sidérants. En fait, ce n’est ni plus ni moins qu’une manière trés spéciale de faire de compliments. Comment s’y prendre ? Ce sera le sujet d’un prochain article détaillé 😉

Soyez visionnaire

Avez vous déjà essayé de parler en public sur un sujet que vous ne maîtrisiez pas ? Les résultats ont sans doute été assez décevants, non ? Mais avez vous déjà parlé de votre plus grande passion ? De quelque chose qui était réellement important pour vous ? D’un sujet que vous maîtrisiez sur le bout des doigts, dont vous connaissiez les moindres détails ? D’un sujet qui vous emballait, qui vous exaltait, vous transportait ? Je parierai que les réactions furent meilleures.

La passion peut transformer n’importe qui en un Cyrano, dissertant sur son sujet avec une maestria telle qu’il est impossible de ne pas être emballé. Lors d’une conférence, l’orateur le plus intéressant est toujours celui qui est intéressé par ce dont il parle. Cela se sait, parce que cela se sent.

Que vous devisiez sur les timbres, votre collection d’insectes ou vos vacances au ski, du moment que votre sujet vous passionne vraiment, vous parviendrez à entraîner votre auditoire. Un orateur passionné communique une vie incroyable à son sujet, et dégage une énergie puissante qui rayonne autour de lui.

La passion est un excellent moyen de booster son charisme, parce qu’elle confère de la puissance, elle est capable de transformer une personne timide en interlocuteur exaltant. Celui qui est passionné, parce qu’il est extremement intéressé, prend toute l’apparence de quelqu’un d’extremement intéressant, et c’est pourquoi il est capable d’attirer les foules.

Mais plus que la passion, c’est la vision qui confère le plus de charisme. Pensez aux hommes politiques qui haranguent les foules en promettant un monde meilleur. Ce sont leurs visions passionnées et leur faculté à les partager qui ont donné tant de pouvoir à Gandhi et Bill Gates qui, à la base, étaient des hommes somme toute trés communs.

L’aisance relationnelle, la personalité, et même le charisme ne sont que des moyens. Mais la vision est une fin. Des moyens sans fins ne mènent nulle part, et développer son charisme sans avoir de vision, c’est un peu comme sortir la Grosse Bertha pour tuer une mite2.

Vous seriez sûrement surpris de connaître le nombre réel de personnes qui ont des projets à long terme (plus d’1 ou 2 ans). Ça ne fait pas beaucoup. Les gens sont attirés pas les visionnaires, parce qu’ils donnent un sens à leur existence. Ils leur épargne la peine de concevoir leurs propres projets, et leurs fournissent des buts dans la vie.

Si vous avez des projets, que vous êtes prêt à les partager, et savez les « vendre », si vous êtes capable de faire appel à l’imaginaire des gens pour leur prédire ce qu’ils désirent le plus, vous détiendrez sur eux un pouvoir fabuleux, et les effets pour votre charisme seront extraordinaire. Vous deviendrez un leader, quelqu’un qu’on a envie de suivre, qu’on écoute, et qu’on admire.

Le charisme, c’est un mélange de tout ça

Pour détenir du charisme, il faut un mélange de tous ces éléments. Si vous avez confiance en vous mais que vous ne vous intéressez pas aux autres, ou si vous avez une vision mais êtes incapable de communiquer, vous ne deviendrez pas charismatique.

Vous voulez devenir celui qu’on admire, qu’on écoute, qu’on respecte, et dont on recherche la compagnie ? Et bien, au boulot !

  1. à supposer que vous soyez visible pour de bonnes raisons. Si vous vous faites remarquer parce que vous êtes bourré et vomissez partout, ça ne marchera pas. []
  2. J’ai emprunté cette expression à un pote, finissez vite de la lire que je puisse la lui rendre, merci []
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La recette magique pour que tout le monde vous aime

J’ai croisé dans ma vie des gens qui étaient universellement aimés, appréciés, admirés, respectés, écoutés, et les autres cherchaient leur présence presque désespéremment. Je me suis toujours demandé : « Qu’est-ce qui fait la différence entre ces gens que tout le monde aime, et ceux qu’on ne peut pas blairer ? ».

Trés récemment, j’ai croisé dans ma vie certaines de ces personnes. Décidé à découvrir leur secret, j’ai suivi mes propres conseils et commencé à les observer en les prenant pour modèle. Leur contact a été trés riche en enseignements, et j’en ai beaucoup appris sur la psychologie humaine. Je pense aujourd’hui être en mesure de vous révéler une des recette les plus efficace qui soit si vous voulez être apprécié. Voulez vous l’entendre ? D’accord, mais d’abord, laissez moi vous raconter une autre histoire.

Ce qu’il ne faut pas faire

Il n’y a pas si longtemps, j’ai croisé dans le cadre professionnel une personne avec qui j’ai été amené à travailler de temps en temps. Cette personne était, je dois bien l’avouer, bien plus compétente que moi dans mon domaine. Mais dans ma vie, j’ai croisé beaucoup de personnes plus compétentes, plus intelligentes et plus douées que moi1. Ce n’était pas extraordinaire. Mais ce qui la rendait si spéciale, c’était son autre talent : celui de me faire sentir à quel point elle m’était supérieure.

Ce n’étais pas un de ces « m’a tu vu ? » qui se pavannent en frimant, et qui me font rire plus qu’autre chose. Ce n’était pas de la frime, il n’y avait aucune volonté de « se la jouer »2 derrière tout ça.

Non, c’était extrémement subtil, imperceptible consciemment. Un petit quelque chose d’indéfinissable dans le langage corporel, dans l’attitude, le ton de la voix, les mots employés, le regard. Mais au final, toute cette attitude criait « Regarde comme je suis compétent ! Je suis bien meilleur que toi ! ».

Sans vouloir jouer au psychologue de bas étage, je suis persuadé qu’elle était en fait gravement en manque de reconnaissance, et tout ce qu’elle souhaitait, même sans en avoir conscience, c’était de la considération. Conscient, et à raison, de ses qualités, son inconscient pensait sûrement qu’en la plaçant sur un piédestal, elle serait enfin admirée.

Il n’en fut rien ! A votre avis, qu’ai je ressenti pour cette personne ? De la considération ? De l’admiration ? Du respect ? Que nenni ! Je l’ai trouvé franchement antipathique. Pourquoi ? Parce qu’en s’élevant, elle me rabaissait. Elle me renvoyait à la face tous mes défauts, toutes mes imperfections.

Vous trouveriez du plaisir à côtoyer quelqu’un qui par sa seule présence vous donne l’impression d’être un minable ? Moi non plus !

Comment être aimé

Pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que si vous voulez être aimé, c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire. En fait, telle est la recette pour être apprécié : il faut faire exactement le contraire.

Lorsque j’ai observé les gens dont je vous parlais plus haut, ceux que tout le monde aime, j’ai remarqué qu’ils avaient une faculté absolument fabuleuse : à leur côté, je mesentais extraordinaire. Je n’avais pas l’impression qu’ils avaient quelque chose de spécial, j’avais l’impression que moi, j’avais quelque chose de spécial. Et cela rendait leur compagnie trés agréable et confortable.

Voici donc une des choses les plus importantes que j’ai jamais appris en matière de rapports humains :

(vous êtes prêts ?)

(accrochez vous !)

Si vous faites en sorte que les autres se sentent extraordinaires en votre présence, ils vous voueront une reconnaissance sans borne, et ils vous aimeront.

Je crois que cette affirmation est tellement importante que je veux la répéter encore :

Si vous faites en sorte que les autres se sentent extraordinaires en votre présence, ils vous voueront une reconnaissance sans borne, et ils vous aimeront.

Place à la pratique

Ça, c’est la théorie. Elle est trés simple à énoncer, mais comme toute théorie qui se respecte, la mise en pratique s’avère bien plus complexe. Il ne vous suffira pas d’approcher et de dire « Wow ! Tu es extraordinaire » pour mettre quelqu’un dans votre poche. Ce serait bien trop simple, et les rapports humains sont si complexes !

Voici une recette à suivre, qui devrait donner des résultats corrects :

Aimez-vous

La première étape de cette méthode est cruciale. Cela peut sembler paradoxal, mais pour être aimé des autres, il faut commencer par s’aimer soi même. Après tout, si vous même considérez que vous n’êtes pas digne de considération, comment pourrez vous en convaincre les autres ? Vous avez déjà essayé de défendre une opinion qui n’était pas la votre ? Alors vous devez savoir à quel point c’est inefficace et inutile.

Ne mettez pas la charrue avant les boeufs, et n’espérez pas trop obtenir l’estime des autres tant que vous n’aurez pas d’estime pour vous même. Votre amour-propre est regonflé ? Parfait ! Passons à l’étape suivante.

Rencontrez des gens…

Vous voulez être aimé ? Ce sera difficile si vous vivez sur une île déserte ! Cette méthode nécessite que vous passiez du temps avec des gens. De vrais personnes, en chair et en os ! Alors décollez de votre ordi, et procurez vous une vie sociale digne de ce nom (mais finissez l’article quand même).

…et aimez-les

Je crois que c’est l’étape la plus dure3mais vous ne serez jamais aimé si vous n’aimez pas d’abord. Je sais que c’est difficile, on rencontre tant d’abrutis dans sa vie ! Mais allez ! Vous et moi ne sommes pas des modèles de perfection non plus, et puis, on est toujours le con de quelqu’un. Alors, il faut lâcher prise, se résigner à l’imperfection chronique de monsieur tout-le-monde, et accepter ses petits défauts et ses imperfections.

Et vous savez quoi ? Quand on y parvient, on se sent beaucoup mieux.On arrive alors à sentir que derrière chaque humain grognon, cynique, fainéant, manipulateur, menteur, etc. se cache souvent un être extraordinaire, qui ne demande qu’à être découvert.

Aimer les autres est un prérequis indispensable à cette méthode. Bon, ok, c’est trés difficile à réaliser, mais hé ! J’ai dit que c’était une recette magique, pas que c’était facile.

Si vous êtes arrivé jusqu’ici, vous avez fait le plus dur. Le reste n’est qu’une question de technique, et avec un peu de pratique, vous devriez y parvenir sans trop de soucis.

Intéressez vous à eux

: Étape suivante, s’intéresser aux gens. J’en ai déjà parlé dans plusieurs articles, mais je crois qu’on ne le répetera jamais assez. Cela suppose que vous développiez plusieurs facultés :

  • La curiosité de vouloir en savoir plus sur les autres, découvrir qui ils sont vraiment. Apprendre à ne plus se contenter des façades, mais considérer chaque personne comme un être unique et passionnant, qui a une histoire à raconter.
  • La franchise de mener des relations saines et basées sur la confiance et le partage, et pas sur la manipulation. Considérer les gens comme ce qu’ils sont : ni complètements bons, ni tout à fait mauvais. Reconnaître qu’on est pas soi même un modèle de perfection. Accepter de se dévoiler et de montrer aux autres ce qu’on aimerait qu’ils nous donnent.
  • La faculté d’observation qui permet d’être attentif aux autres, de remarquer des choses, de voir ce que les autres ne voient pas.
  • L’empathie, la faculté de comprendre les émotions et les états d’esprit d’autrui. De se glisser dans les chaussures d’un autre pour embrasser son point de vue.

Si vous vous intéressez sincèrement aux gens, vous allez naturellement remarquer des choses sur eux. Observez donc les particularités de leur physique, cernez leur personalité, découvrez quelles sont leurs compétences, leurs qualités et leurs défauts, mais surtout, gardez à l’esprit qu’on ne connait jamais vraiment quelqu’un.

Soyez psychologue

Vous commencez à connaître quelqu’un ? Quels sont ses points faibles ? Ses points forts ? Que désire-t-il le plus au monde ? Qu’espère-t-il et que craint-il ?

Pour que les gens se sentent bien en votre présence, il faut que vous leur donniez ce qu’ils désirent. Pour mieux comprendre, prenons le problème à l’envers. A votre avis, quelle insulte lui ferait le plus mal ?

Pour savoir quel compliment ferait le plus plaisir, devinez quelle insulte serait la plus douloureuse. Nos personalités respectives recèlent toutes des points forts et des points faibles. Si vous voulez blesser quelqu’un, il faut taper sur l’endroit le plus sensible.

Exemple, supposons que vous vouliez blesser une jolie fille. Vous pouvez tenter de la dénigrer sur son physique, mais les résultats seront médiocres. Elle sait qu’elle est jolie, il y a des tas de gens qui le lui disent régulièrement. Pour elle, vous ne serez qu’un plouc frustré qui ne sait pas s’y prendre avec les femmes.

Pour la blesser, il sera plus efficace de vous moquer de sa personalité, son esprit, etc. Note importante : Je ne suis pas en train de vous apprendre à insulter les gens, alors ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Le but, c’est que les gens se sentent bien prés de vous, ce n’est pas en les insultant que vous y parviendrez. Fermons la parenthèse.

Les compliments, c’est un peu la même chose. Si vous complimentez un mannequin sur son physique, vous ne lui ferez pas plaisir. Tant de gens ont déjà fait la même chose que vous ! Vous ne lui apportez rien de nouveau, rien d’intéressant. Par conséquent, elle vous dira merci poliment, et vous classera dans la catégorie « admirateur à ses pieds, gentil mais collant ».

Un bon compliment doit renforcer l’estime de soi de celui qui le reçoit.Par conséquent, il doit viser là ou l’autre doute de lui. La pommade ne fait du bien que quand elle passe sur des plaies. Ce sont toutes ces failles, tous ces doutes, que vous devrez découvrir et mettre à jour. Comme vous le voyez, il vous faudra une bonne maîtrise de la psychologie humaine, et une bonne faculté à comprendre les autres.

Complimentez

Nous en arrivons à la partie finale. Nous avons visé, il ne reste plus qu’à tirer. J’ai déjà expliqué le pouvoir des compliments, c’est ce que nous allons mettre en pratique ici.

L’efficacité d’un bon compliment repose essentiellement sur trois principes : 1) la justesse, 2) la franchise et 3) la subtilité.

1) Qu’est-ce que la justesse d’un compliment ?Il s’agit, comme expliqué plus haut, de tirer là où ça fait le plus de bien. Le meilleur compliment renfore l’estime de soi de sa cible, il le rend fier de lui, il le gonfle de plaisir et d’orgueil. Si vous avez bien suivi, l’étape précédente vous a déjà permis de déterminer à quel endroit viser. Passons donc à l’étape suivante.

2) Pourquoi la franchise est-elle importante ? Parce qu’il est trés difficile de feindre un compliment. En règle générale, n’essayez même pas, cela se verra. En revanche, un compliment franc et sincère ne pourra que faire plaisir. Il n’existe pas de méthode pour devenir sincère, il faut l’être, point. Si le compliment que vous vous apprêtez à lancer n’est pas sincère, abstenez vous. Ne soyez jamais complaisant, ni condescendant, ce sera considéré comme une insulte.

3) Enfin, pourquoi la subtilité est-elle si importante ? D’abord, parce qu’un compliment assené sans aucune subtilité sera reçu consciemment, et son impact sera fortement réduit. En revanche, un compliment indirect sera reçu inconsciemment, et son impact sera tout autre.

Par exemple, vous voulez complimenter quelqu’un sur ses talents de cuisinier. Si vous dites « ta cuisine est délicieuse » (discours franc et direct), le cuisinier en question va analyser votre message, en déduira que c’est un compliment, cela lui fera vaguement plaisir, et en échange, il vous répondra quelque chose comme « merci, vieux ». Suite à quoi, il se considérera comme quittes vis-à-vis de votre compliment.

En revanche, si votre hôte vous voit vous régaler et que vous lâchez subtilement quelque chose comme : « hmm… La dernière fois que j’ai aussi bien mangé c’était… C’était quand, d’ailleurs ? », sans pour autant avoir l’air de complimenter, vous envoyez un message indirect, qui sera reçu inconsciemment, et son impact sera plus fort.

Deuxième chose, il est également beaucoup plus difficile de refuser un compliment subtil par un « oh, tu sais, ce n’est pas grand chose ». Par votre subtilité, vous pourrez traverser les barrières mises en place par votre cible, et ne lui laisserez aucune chance de vous échapper.

Enfin, la subtilité permet de faire des compliments même à ceux qui vous sont supérieurs par la valeur sociale. Dans chaque interraction sociale, il existe une différence de statut tacite entre les participants. Untel sera perçu comme ayant une plus grande valeur sociale qu’Unautretel. Aux extrèmes, on trouve par exemple d’un côté le petit binoclard souffre douleur, et de l’autre la reine de la promo.

On recherche généralement la compagnie et l’approbation de ceux qui ont une valeur sociale supérieure à la sienne. Ainsi, si la reine de la promo consent à poser les yeux sur le pauvre souffre douleur, et le complimente sincèrement, ce dernier sera transporté sur un petit nuage. Mais dans la situation inverse, la reine du bal n’aura probablement que faire des louanges du souffre douleur.

Si votre valeur sociale est supérieure à celle de votre cible, votre compliment fera mouche, même s’il n’est pas trop subtil. Dans le cas contraire, un compliment trop direct pourra se retourner contre vous.

Telle est ma recette. N’oubliez pas, mieux vaut trois compliments francs, indirects et subtils qu’un seul compliment gros comme une maison. Les compliments ne passent pas forcément par les mots, ne négligez pas la puissance du langage corporel. Par exemple, quand votre interlocuteur lance une blague, ou une saillie humoristique, rire est encore le meilleur compliment. Mais n’oubliez pas : pour être apprécié, faites en sorte que votre présence soit une source de confort.

Encore une fois, connaître cette méthode ne vous rendra pas apprécié par tous, si vous ne la pratiquez pas. Alors, au boulot !

  1. Si si ! C’est possible ! []
  2. Comme disent les d’jeunes []
  3. On ne dit pas dur, on dit difficile, aurait dit ma mère []
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Le pouvoir du silence

Aujourd’hui, je vous propose une astuce de communication un peu atypique, mais extrémement puissante. Je connais trés peu de personnes qui savent l’employer correctement, et pourtant, elle peut-être terriblement efficace.

Il s’agit de la technique du silence.

Comme son nom l’indique, cette technique consiste à ne pas piper mot et à laisser votre interlocuteur faire tout le boulot. Elle s’utilise lors de discussions animées, de débats houleux ou d’âpres négociations, et en général, lorsque la communication devient difficile parce que chacun campe sur ses positions en tenant de convaincre l’autre.

La technique du silence

La mise en oeuvre paraît simple : lorsque votre interlocuteur s’interrompt parce qu’il a fini de parler, contentez vous de le regarder d’un air interrogatif, comme si vous attendiez qu’il continue. Et surtout, ne dites rien, pas même un « continuez ». Fixez le bien dans les yeux, et silence absolu !

En quoi cette technique est-elle utile ? Tout d’abord, elle permet de calmer le jeu. Lorsque la communication passe mal, les esprits s’échauffent, personne n’écoute plus rien, et les espoirs d’avoir une discussion constructive fondent comme neige au soleil. En vous taisant, vous stoppez net l’escalade, et empêchez l’échange de tourner au pugilat.

Puisque vous ne parlez pas, ni ne l’interrompez, votre interlocuteur peut à loisir exprimer ce qu’il a sur le coeur. Une fois qu’il aura l’impression d’avoir été entendu, il se calmera.

Ensuite, dans une discussion animée, chacun se sert des paroles de l’autre pour l’interrompre, rebondir et enchaîner sur d’autres arguments. Si vous ne dites rien, vous ne donnez aucune « prise » à votre adversaire pour lui permettre de continuer cette joute verbale. Il n’aura aucun argument à contrer, il ne pourra plus vous interrompre. Vous lui donnerez l’impression d’enfoncer une porte ouverte.

Autre avantage : vous lui coupez l’herbe sous le pied en le forçant à épuiser tous ses arguments, sans trop savoir ou il va. Vous l’obligez à jouer cartes sur table, quand votre jeu reste caché. Quand ce sera votre tour de parler, vous pourrez facilement anticiper toutes ses répliques, ce qui vous conférera un avantage indéniable.

Enfin, la technique du silence vous conférera beaucoup de présence, et un charisme indéniable. En effet, c’est vous qui maîtrisez la communication. C’est vous qu’il faut convaincre. C’est à l’autre de faire un effort pour vous atteindre. Vous être le maître.

Tout le génie de cette technique, c’est que vous maîtrisez complètement la conversation sans dire un mot. Sans rien faire, vous placez votre interlocuteur dans une position difficile. Vous allez le mettre terriblement mal à l’aise, sans lui donner de possibilités de vous contrer.

Comment mettre votre adversaire mal à l’aise

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Crédit photo : mouton.rebelle

Il faut avouer que le principal avantage de la méthode du silence, c’est qu’elle va mettre l’adversaire mal à l’aise. En ce sens, ce n’est pas trés Fair Play, mais c’est efficace.

Le malaise de l’adversaire est la clé de la technique, il faut donc chercher à le maximiser, parce que c’est ce qui vous donnera le plus de chances de remporter la victoire. Mais d’où vient ce malaise ?

D’abord, il s’agit d’une joute verbale. Lorsque l’adversaire attaque, il s’attend à ce que vous ripostiez, parce que c’est le comportement « naturel ». Si vous ne faites rien, il se trouve dans une situation inconnue. Qu’allez vous faire ? Que préparez vous ? Pourquoi ne réagissez vous pas ? Et lui, qu’est ce qu’il va faire, maintenant ?

Il espère vous convaincre par ses arguments, comme un boxeur espère voir son adversaire chanceler après un coup. Or, rien n’a d’effet sur vous. Vous restez impassible, comme s’il n’était que du vent. En agissant comme ceci, vous transmettez une image de puissance, de pouvoir. Votre adversaire n’est qu’un moucheron face à vous.

Vous lui faires perdre tous ses moyens. Vous le frustrez terriblement. Vous l’énervez, et le fait de s’énerver alors que vous êtes si calme l’énerve encore plus.

Quand il aura débité ses arguments, donné le meilleur de lui même, et compris que cela ne mène à rien (vous n’avez toujours pas pipé mot), il y a de bonnes chances pour qu’il se calme, qu’il réfléchisse, et qu’il change de tactique. Il sera obligé de s’ouvrir, d’essayer de vous comprendre, se montrera même gêné de vous avoir agressé. De lui même, il cherchera des compromis.

L’exécution de la technique

Quelques conseils pour exécuter la technique. D’abord, attention à ne pas commettre certaines erreurs. Il ne s’agit pas d’ignorer votre interlocuteur, bien au contraire. Il s’agit de se taire. Vous devez vous taire, tout en étant impliqué dans la conversation.

L’efficacité de la technique du silence réside dans l’impassibilité. Ne quittez pas votre adversaire des yeux, mais ne montrez aucune émotion. Il faut vraiment lui donner l’impression qu’il n’a absolument aucune prise sur vous.

Vous pouvez affecter un air dubitatif, sourcils et mentons relevés, cela donnera de bons résultats. Tâchez de faire en sorte qu’il se demande si vous ne le prenez pas pour un idiot, mais il faut que cela reste une impression trés légère, pas une certitude. Envoyez lui des messages corporels à peine marqués, pour qu’il ne soit pas sûr de leur interprétation.

Vous pouvez aussi, quand il s’interrompt, prendre l’air de celui qui réfléchit profondément, mais qui ne comprend pas quelque chose. Le but est de le pousser à s’expliquer plus avant.

Vous pouvez, par des mouvements de sourcils et de bouches (l’air de dire « Ah ? Tiens ! ») mettre l’accent sur l’un ou l’autre de ses arguments, pour contrôler sa direction en le forçant à s’expliquer sur tel ou tel point.

En bref, la technique du silence est terriblement efficace dans certains cas. N’hésitez pas à l’utiliser, si vous pensez que des moyens conventionnels ne donneront aucun résultat, ou si vous êtes persuadés d’avoir raison mais que votre adversaire est plus doué que vous en rhétorique.

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Sachez parler de vous même

La plupart des gens n’aiment pas parler d’eux. Par pudeur ou timidité, ou par peur de passer pour des raseurs, ils évitent soigneusement tout sujet de conversation portant sur eux-même, leur vie privée, leurs sentiments et leurs émotions.

Et ceux qui parlent d’eux, justement, ne savent tout simplement pas s’y prendre et sont effectivement des raseurs, des gros lourds, des égocentriques qui ne savent que parler mais qui n’écoutent jamais.

On gagne beaucoup à parler de soi

Pourtant, oser parler de soi, quand on le fait correctement, peut-être trés bénéfique dans de nombreux domaines. Voici ce que vous pourriez y gagner :

Meilleure faculté d’expression

la communication est essentiellement une question d’entraînement. Plus vous communiquez, mieux vous communiquez. La vie n’est rien d’autre qu’une histoire de relations. Je pense sincèrement que savoir communiquer est un des talents les plus importants qu’on puisse acquérir. Alors, exécution !

Une source de sujets de conversation sans fin

Quoique vous même ou les autres puissiez en penser, vous êtes quelqu’un d’intéressant. Vous êtes unique, comme votre histoire, et tout le monde peut apprendre quelque chose de vous. Si parfois, vous vous trouvez en panne de sujet de conversation, pourquoi ne pas raconter une anecdote que vous ou une de vos connaissances avez vécu ? Le tout, c’est de bien savoir raconter.

L’ouverture

Parler de soi nécessite d’outrepasser sa pudeur et sa timidité. Ce faisant, vous acquerrez une meilleure aisance relationnelle, et vous développerez votre confiance en vous.

Une meilleure connaissance de soi

Parfois, on ne sait pas ce qu’on pense vraiment avant de l’avoir formulé de manière intelligible. Parler à haute voix de vos émotions et opinions vous aidera souvent à clarifier vos pensées.

Une plus grande cohérence intérieure

Le fait d’exprimer vos états internes vous aidera à synchroniser ce que vous êtes et ce que vous faites. Cela clarifiera vos positions sur tel et tel sujets, et vous permettra de mettre à jour vos incohérences et vos croyances limitantes. Le fait de savoir que les autres pourraient apercevoir votre moi intime vous encouragera à conserver votre intégrité et votre cohérence en toutes occasions.

Un gain en charisme

Une bonne histoire interpelle, et se retient facilement. Quand les autres repenseront aux anecdotes et aux souvenirs que vous leur aurez compté, ils penseront à vous. Peut-être même iront-ils à leur tour les répéter à leurs amis, ou citeront-ils votre exemple en racontant leurs propres anecdotes. Quoiqu’il en soit, vous gagnerez en visibilité sociale. De plus, vous serez perçu comme quelqu’un doté d’une certaine franchise, ce qui est un élément important du charisme.

Et puis, vous montrerez que vous avez une vie passionnante, qu’il vous arrive des choses, que vous ne pensez pas être insignifiant, et que vous n’avez pas peur de le montrer.

L’aide des autres

Il est souvent plus facile de voir la solution d’un problème lorsqu’on a un regard extérieur. Par conséquent, en soumettant vos problèmes aux autres, vous recevrez des conseils intéressants et avisés auxquels vous seriez resté aveugle autrement. On est bien plus fort quand on travaille en synergie.

Le rapport aux autres

Tant que des gens ne se connaissent que superficiellement, ils ne sont jamais vraiment liés. En parlant de vous, vous aidez les autres à vous connaître, vous leur témoignez de la confiance et de la considération, ce qui tissera ou resserera des liens d’amitié.

Une relation de confiance

Ouvrir votre coeur, faire preuve de franchise, c’est encore le meilleur moyen trouvé pour obtenir l’effet réciproque. Vous voulez que les autres s’ouvrent à vous ? Ils ne le feront pas avant que vous même vous soyez ouvert. Quand vous dévoilez des parties intimes de votre coeur, ceux qui vous écoutent vous considérent vraiment comme une personne, et pas juste comme « quelqu’un ».

Une meilleure relation avec soi même

: Il arrive souvent que l’on se voile la face sur certains défauts, ou certains actes dont nous ne sommes pas trés fiers. Nous préférons les ignorer en les reléguant dans un coin de notre insconscient. En évoquant ces problèmes à haute voix, en racontant ces histoires dont nous ne sommes pas fiers, nous n’avons plus d’autres choix que de les dévoiler au grand jour, et d’agir pour régler nos incohérences.

Parler de soi, c’est d’abord s’accepter soi même, étape essentielle du développement personnel.

Ok, et comment s’y prend-on ?

Parler de soi n’est pas facile. Et quand on le fait, encore faut-il le faire correctement pour ne pas devenir le raseur de service. Voici quelques conseils de base pour parler de soi correctement :

Choisissez votre sujet avec soin

Il n’y a rien de plus énervant que quelqu’un qui n’ouvre la bouche que pour se vanter de ses exploits, raconter ses vacances au ski, ou mentionner sa promotion.

− L’autre jour, j’étais dans mon jacuzzi, et il m’a appelé sur mon portable pour me parler de mes copropriétés.
− Et alors ?
− Rien ! Je voulais juste te dire que j’avais un portable, un jacuzzi et des copropriétés.
François Pérusse, Les 2 minutes du peuple

Si vous parlez de vous, c’est pour solliciter de l’aide, ou pour en apporter. C’est pour tisser des liens, bâtir une relation, distraire, amuser ou plaire, mais jamais pour se vanter (ou alors, par des moyens subtils et détournés).

Vous pouvez raconter une histoire d’amour particulièrement émouvante, une anecdote tordante, une question existentielle pasionnante, un problème philosophique insoluble. Tout ce qui apporte quelque chose à vos interlocuteurs est bon à prendre. Si vous ne parlez que pour vous faire bien voir, vous pourriez aussi bien vous coller une étiquette « boulet » sur le front.

Faites-le avec les bonnes personnes

N’étalez pas votre vie sexuelle devant votre banquier, et ne parlez pas de vos vacances aux caraïbes avec votre concierge. Ouvrir votre coeur est un acte qui nécessite un certain engagement, et le faire devant quelqu’un que vous connaissez à peine pourrait le mettre mal à l’aise. Faire preuve d’un peu de bon sens devrait vous suffire pour traverser cette étape sans problème.

Choisissez votre moment

certains moments sont plus propices à l’ouverture que d’autres. Après une soirée à refaire le monde avec ses amis, l’envie de s’ouvrir, d’être plus proche est beaucoup plus grande. Raconter une histoire intime dans la queue d’un supermaché, ça la fout mal 🙁

N’oubliez pas d’écouter

Avoir des choses à dire ne vous dispense pas d’écouter. Une conversation est un échange, en aucun cas un flux unidirectionnel. Cherchez à comprendre avant d’être compris, et ne racontez pas une histoire si vous barbez toute votre assemblée.

J’espère que cet article vous aura convaincu de vous ouvrir aux autres. Pour conclure, n’oubliez pas cette citation de jean-Louis Aubert : voilà, c’est fini.

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Tout sur les poignées de main

Parmi les nombreux gestes que nous accomplissons tous les jours, serrer des mains est un des plus courant. A force de le répéter, il devient machinal, et nous n’y pensons même plus.

Pourtant, saviez vous qu’il était possible d’apprendre énormément de choses d’une personne en lui serrant la main ? D’ailleurs, la réciproque est vrai : quand vous saluez quelqu’un en lui serrant la main, vous lui transmettez beaucoup d’informations sur vous.

La poignée de main est particulièrement importante lors de la première rencontre. Votre maman avait raison, les gens se font une opinion de vous dés les premières secondes. Or, quelle est la première chose que l’on fait lorsqu’on est présenté à quelqu’un ? On lui serre la main, bravo ! (yen a au moins un qui suit, ça fait plaisir)

Par conséquent, si votre poignée de main n’est pas convainquante, si vous ne serrez pas comme il faut, vous pourrez trés bien passer dés les premières secondes pour une minable lopette, un tyran dominateur, ou un abruti dégénéré. Ce n’est pas ce que vous voulez, n’est-ce pas ?

Et bien, voyez comme je pense à vous ! Pour vous permettre de projeter une bonne première impression, pour vous apprendre à distribuer des poignées de mains convainquantes, je vous ai concocté ce petit guide des poignées de mains.

soumission, domination et statut social

Globalement, le fait de montrer ses paumes de main est un signe de non aggression, d’excuse et de soumission. Lorsque vous voulez montrer à quelqu’un que vous ne portez pas d’armes, vous montrez vos paumes ouvertes en écartant les bras du corps. Vous faites le même mouvement lorsque vous voulez prouver votre bonne foie ou votre innocence. Vous montrez encore vos paumes en disant « tu as raison », ou en mendiant quelque chose, ou encore en suppliant quelqu’un.

En revanche, cacher ses paumes en tournant les mains vers le bas est un geste d’autorité et de domination. Vous désignez quelqu’un avec votre paume tournée vers le sol lorsque vous lui donnez une directive ou un ordre.

Vous désirez connaître celui qui porte la culotte dans un couple ? Observez les marcher main dans la main. Trés souvent, celui dont la paume recouvre l’autre (paume vers le bas, donc) sera le dominant. La plupart du temps, c’est à monsieur que revient cet honneur.

Sur les photos, les hommes politiques tentent toujours de se placer à gauche, parce qu’ainsi, leur main recouvrira celle de leur interlocuteur. Malin, non ?

Ces différents mouvements trouvent un écho dans la poignée de main. Lorsque vous serrez une main, vous pourrez grosso-modo transmettre trois attitudes : autoritaire voire dominateur en tournant la paume vers le bas, ouvert voire soumis vers le haut, ou égalité avec l’autre.

Bien entendu, à moins d’être un maître en communication expert en langage corporel, toutes ces attitudes ne sont pas volontaires. Le message est transmis et reçu de manière inconsciente. Mais il est bien là, je peux vous l’assurer.

Autorité ou domination ?

Un individu dominateur aura tendance à diriger sa paume vers le bas en serrant les mains, pour montrer son autorité. De plus, la pression exercée par sa main sera plus importante que la moyenne. Vous pouvez avoir recours à ce type de poignée de main si vous saluez un subordonné, par exemple, ou encore si vous voulez paraître autoritaire et sûr de vous.

En revanche, prenez garde à ne pas abuser, car si vous transmettez un message trop autoritaire, vous pourrez provoquer un sentiment d’hostilité plus ou moins conscient chez votre interlocuteur.

Un jour, dans un cadre professionnel, j’ai salué quelqu’un qui m’a tendu sa main à l’horizontale, c’est à dire avec la paume complètement parallèle au sol. Si je rajoute qu’il m’a broyé la main, vous imaginerez bien que ce brave homme est immédiatement passé à mes yeux pour un australopithèque décérébré.

Une poignée de main trop autoritaire dissimule souvent un manque de confiance en soi ou un sentiment d’infériorité. Ce malaise est alors surcompensé par des signes de confiance et d’autorité trop appuyés pour être parfaitement honnêtes.

Faites également usage avec parcimonie de la poignée à deux mains. Il peut s’agir d’un geste extrémement chaleureux et convivial, et il est donc à réserver à vos proches. Dans le cas contraire, votre interlocuteur risque de trouver que vous « en rajoutez », et doutera de votre sincérité. Ce n’est pas pour rien que les hommes politiques emploient couramment ce type de poignée de main 😉

Ouverture ou soumission ?

Jusqu’à maintenant, vous aurez compris que paume vers le bas = autorité. En revanche, en tendant votre main paume tournée légèrement vers le haut, vous envoyez un message d’ouverture et de non aggression, indiquant que vous vous soumettez symboliquement à votre interlocuteur.

C’est un geste approprié lorsque vous saluez votre supérieur hiérarchique, ou quand vous voulez présenter des excuses à quelqu’un. Certaines écoles de commerce conseillent également à leurs vendeurs d’utiliser ce type de poignée de main1. Un client a plus de chances d’acheter ce qu’on lui vend s’il ne se sent pas influencé et a l’impression de dominer l’entretien.

En revanche, évitez ce type de poignée de main si vous souhaitez vous placer sur un pied d’égalité avec votre interlocuteur.

Gérez la pression

Si l’orientation de la paume envoie un certain message, la pression compte également beaucoup. Là encore, il faut trouver le juste milieu entre le morceau de guimauve et le casse noisette.

Avez vous déjà serré une main molle comme une éponge ? Pas trés agréable, n’est-ce pas ? Ce type de poignée de main traduit souvent une introversion, un manque de détermination, d’initiative et de confiance en soi, et le refus ou la peur de s’impliquer dans une relation. En résumé, une personalité faible.

Si votre main est molle, froide et humide, vous aurez définitivement raté le premier contact, et l’effet de sympathie suscité sera trés moyen. En effet, lors des périodes de stress ou de danger, le sang quitte les extémités du corps pour irriguer les muscles des bras et des jambes, pour préparer le corps au combat ou à la fuite2.

Par conséquent, comme le sang circule moins dans les mains, celles-ci se refroidissent et transpirent, leur procurant un toucher assez semblable à celui d’un poisson mort. Vous passerez immanquablement pour un froussard mal dans sa peau.

À l’inverse, si vous serrez trop, au lieu de vous montrer extraverti et dynamique, vous passerez pour quelqu’un de trop rigide, manquant de souplesse, d’aggressif, voire, encore une fois, de dominateur.

Le bras et les distances

Les personnes qui ont un grand besoin d’espace ont tendance à tendre le bras raidi pour serrer la main. C’est le cas des populations rurales qui ont l’habitude de la vie au grand air.

Si votre besoin d’espace est plus faible que celui de votre interlocuteur, vous pourriez être surpris, et avoir l’impression qu’il cherche à vous repousser tout en vous serrant la main. Et bien, c’est sans doute le cas, même s’il s’agit d’un geste inconscient. L’autre tente de défendre son territoire. C’est aussi parfois le signe qu’il refuse de s’impliquer dans la relation.

A l’inverse, d’autres personnes ont un besoin d’espace intime beaucoup plus réduit, et se tiendront donc beaucoup plus près pour vous saluer. L’exemple des citadins japonais est peut-être le plus expressif.

Il arrive que celui que vous saluez tire sur votre bras comme pour vous attirer à lui. Peut-être manque-t-il de confiance en lui, et préfère rester sur son territoire, ou bien cherche-t-il à vous dominer ? Sinon, c’est simplement que sa bulle intime est plus réduite que la votre.

N’oubliez pas que tout est relatif

Bien entendu, tout ce que je raconte ne doit pas être mangé comme du pain béni. Gardez à l’esprit que les gens peuvent avoir de bonnes raisons de donner des poignées de main molles ou peu dynamiques.

Ceux pour qui leurs mains sont particulièrement précieuses, par exemple, ont tendance à serrer beaucoup moins que la moyenne, pour protéger leur outil de travail. C’est le cas des pianistes, des chirurgiens, etc. Si votre interlocuteur est mou, cela ne signifie pas forcément qu’il est timide, peut-être souffre-t-il simplement d’une blessure aux doigts.

Dans certaines cultures, notamment asiatiques, les poignées de main « normales » sont beaucoup moins fermes que les notres, qui sont considérées comme aggressives.

Enfin, gardez à l’esprit que les mains d’un homme peuvent exercer une pression deux fois plus importante que celle d’une femme. Un homme considérant sa poignée de main comme dynamique sera peut-être surpris d’apprendre que les femmes redoutent d’en échanger une avec lui, par peur de finir avec les doigts en sang. C’est d’autant plus désagréable quand madame porte des bagues.

La poignée de main parfaite

Depuis le début de l’article, j’ai beaucoup parlé de ce qu’il ne faut pas faire. Voici maintenant ce que je considère comme étant la poignée de main parfaite, qui vous permettra de transmettre le meilleur message corporel.

Cette poignée vous permettra de vous montrer comme quelqu’un de chaleureux, ouvert, sociable, sympathique, dynamique, sans pour autant être faible et soumis.

Avant tout, assurez vous que vos mains sont sèches, et pas trop froides. Petit truc pour les réchauffer : imaginez vous face à un bon feu de cheminée, mains tendues vers le feu. Sentez la chaleur qui envahit vos paumes, entendez les craquements du bois, et respirez l’odeur du feu. Vous devriez gagner ainsi quelques degrés.

Si vous prenez l’initiative de la poignée, tendez la main vers l’autre, la paume légèrement tournée vers la haut pour transmettre une image d’ouverture d’esprit. Si c’est l’autre qui a pris l’initiative, adoptez une distance correcte (ni trop près, ni trop loin) avant de saisir sa main.

A ce moment, vos deux paumes doivent être parfaitement à la verticale, pour vous mettre sur un pied d’égalité. Adaptez votre pression à celle de votre interlocuteur. S’il serre, serrez aussi au même niveau. S’il est mou, soyez juste un peu plus dynamiques que lui. Ne tentez pas d’avoir absolument une poignée ferme c’est le meilleur moyen de vous transformer en casse noisette ambulant.

Si vous êtes une femme qui saluez un homme, n’hésitez pas à serrer un peu plus que votre habitude. En revanche, si vous êtes une homme qui salue une femme, faites bien attention de ne pas lui broyer la main.

Il arrive que les poignées de main soient « tronquées », c’est à dire que vous ou votre interlocuteur ne saisissiez que le bout des doigts de l’autre. Auquel cas, n’hésitez pas à recommencer en saisissant sa main, et en la glissant convenablement dans la votre avec un grand sourire. Ainsi, vous montrez que cette rencontre compte pour vous.

Respectez le besoin d’espace de l’autre. S’il vous attire à lui, approchez vous légèrement. S’il vous repousse, gardez vos distances.

Avant, et pendant la poignée de main, regardez votre interlocuteur dans les yeux, tout en affichant un sourire franc et montrant les dents. S’il y a une chose qui me déplaît particulièrement, c’est lorsque quelqu’un me serre la main sans même me jeter un oeil. Profitez-en pour le saluer en prononçant son nom. Après la poignée de main, soutenez encore son regard pendant une a deux secondes.

Entraînez vous

Je suis souvent surpris de constater à quel point certaines personnes sont inconscientes d’avoir des poignées de main aussi catastrophiques.Des gens qui pensent être dynamiques alors qu’ils sont brutaux, d’autres qui pensent être calmes alors qu’ils sont mous, ou d’autres encore qui pensent être chaleureux alors que leurs mains sont moites et froides.

Pour être certain de l’effet que donne votre poignée de main, demandez à vos amis ce qu’ils en pensent. Choisissez quelqu’un de franc, qui vous dira toute la vérité. Nombreux seront désagréablement surpris. Mais c’est comme ça qu’on progresse 😉

N’oubliez pas le but premier d’une poignée de main : établir un contact pacifique, et transmettre votre meilleur message corporel. Vous n’avez plus aucune excuse pour ne plus réussir de bonnes poignées de mains.

  1. J’ai perdu mes références. Si un vrai vendeur pouvait confirmer, ça m’éviterait de raconter des con**ies []
  2. Si vous vous disputez avec quelqu’un, et que cette personne se met soudain à palir, vous feriez mieux de prendre vos distances, conseil d’ami []
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Vaincre la peur de l’autre

Durant notre court passage sur cette planète, nous ne vivons pas tous les mêmes expériences. Chacun à son propre parcours, son histoire, ses espoirs et ses échecs. C’est ce qui fait que nous sommes tous uniques, et c’est tant mieux. Mais je pense pouvoir affirmer qu’il est une expérience que nous avons tous vécu, au moins une fois dans notre vie. J’ai nommé la tristement célèbre braguette ouverte.

Qui parmi vous ne s’est jamais rendu compte au beau milieu de l’après-midi que sa zipette était grande ouverte, laissant entrevoir au monde entier la couleur de ses sous-vêtements ? Qui n’a jamais subi la déconfiture de découvrir qu’il s’était baladé toute la journée la frite à l’air ?

Durant ces grands moments de solitude, un sentiment de honte nous submerge. La gêne d’avoir exposé son intimité à l’air libre nous envahit, et nous donne l’envie de rentrer sous terre et de s’y cacher pour l’éternité. Nous imaginons les rires moqueurs, les sarcasmes de tous ceux que nous avons croisé dans la journée, et qui doivent être en ce moment même en train de plaisanter sur notre étourderie.

Le regard de l’autre

Ce genre d’expérience arrive plus souvent qu’on ne le croit. Par exemple, lorsque l’on découvre avac horreur le soir que l’on a un bouton sur le nez, ou que sa chemise est tâchée. La première chose à laquelle on pense, c’est au regard de l’autre. L’autre, celui qui nous a vu, qui n’a pas manqué de remarquer nos imperfections, et qui n’a pu qu’éprouver du dédain, voire du mépris à notre encontre.

Nous avons une conscience aïgue de ce regard. Quoi que nous fassions, dés lors que nous ne sommes plus seuls, nous éprouvons une certaine pudeur, une retenue vis à vis d’autrui, qui nous empêche de commettre les pires excès. C’est cette conscience qui nous empêche de sortir tout nu dans la rue. C’est elle qui nous pousse à manger plus proprement au restaurant que lorsque nous sommes seuls chez nous. C’est encore elle qui nous empêche de hurler pour dire bonjour à une connaissance que l’on aperçoit de l’autre côté de la rue.

En général, nous préférons éviter d’être le centre de l’attention. Nous n’aimons pas attirer le regard des foules, au risque d’y voir du dédain, ou de la désapprobation. Nous faisons tout pour rester discret, invisible. Surtout, ne pas se faire remarquer.

Cette retenue est trés importante dans la vie sociale. Sans elle, la vie serait intenable. Plus de retenue, plus de pudeur ! Vous imaginez si tout le monde se comportait en public comme vous vous comportez chez vous 😉 ?

D’après les chercheurs, la conscience du regard de l’autre s’est développée trés tôt dans l’histoire de l’humanité. Dés la préhisoire, à l’époque ou un individu ne pouvait survivre sans appartenir à un groupe. Celui qui était banni de la tribu était tout simplement condamné à mourir, dévoré par je ne sais quel monstre ancestral aux dents pointues, ou tout simplement incapable de subvenir seul à ses besoins. A cause de cela, ne pas indisposer autrui était une question de vie ou de mort.

Aujourd’hui, ce besoin est resté (même si certains individus, moins développés que des hommes-singes, n’hésitent pas à faire la fête chez eux après 22h, ou à écouter de la musique à tue tête dans les transports en commun bondés.)

L’effet projecteur

La conscience du regard d’autrui peut être bénéfique, et nous conduire à nous dépasser si nous voulons susciter l’admiration. Mais elle peut parfois être trés handicapante, et nous freiner, voire nous bloquer dans nos entreprises. C’est ce qui se passe chaque fois qu’un excès de timidité nous empêche de faire quelque chose que nous désirerions, par peur du « qu’en dira-t-on ».

C’est cette peur qui va nous empêcher d’aborder une séduisante inconnue, nous donner le trac lorsque nous devons parler en public, détruire notre confiance en nous lorsque nous découvrons une tâche sur nos vêtements, et nous bloquer dans nos relations sociales. Bien des fois dans ma vie, j’ai désiré moins souffrir du regard d’autrui.

Il y a quelques temps, j’ai fait d’énormes progrès dans cette direction. Cela s’est fait trés rapidement, pratiquement du jour au lendemain. Quand j’y repense, ça a été presque magique. Pour cela, il a suffit que je tombe sur un bouquin qui décrivait ce que ce que les psychologues appellent « l’effet projecteur ».

Des recherches ont montré que nous surestimons systématiquement l’attention que les autres nous portent. C’est à dire que lorsque notre braguette est ouverte, nous imaginons que tout le monde l’a remarqué. Lorsque nous trébuchons, nous imaginons que tout le monde en rira encore dans deux heures.

Prenons mon propre cas, par exemple. Lorsque j’ai démarré ce blog, je l’ai fait de manière assez discrète, sans en parler à tout mon entourage. Pourtant, je me suis attendu à voir mes amis arriver dés le lendemain pour me taper sur le dos en me disant « Alors ? Te voilà blogueur ? ». C’est complètement irrationnel, si l’on y pense bien, quand on connaît la taille de l’Internet. La probabilité qu’une de mes connaissance tombe sur ce site par hasard et ne remarque mon nom est infiniment faible.

En fait, il semble que les autres sont en fait trés peu nombreux à remarquer nos petits défauts, et quand ils le font, ce n’est généralement pas pour nous mépriser férocement . D’où « l’effet projecteur », nommé ainsi parce que nous avons sans arrêt l’impression qu’un projecteur est braqué sur nous, et que nous sommes le centre de l’attention.

L’expérience

Beautyproof
Crédit photo : larskflem

Des chercheurs ont réalisé une expérience pour mettre ce phénomène à jour1. Durant cette expérience, des étudiants des deux sexes devaient enfiler un tee-shirt particulièrement ringard et démodé. Ensuite, chacun devait s’asseoir dans une salle d’attente, en compagnie de cinq autres étudiants qui n’étaient au courant de rien.

Les chercheurs ont demandé à leurs victimes d’estimer la quantité de personnes qui avaient remarqué leur affreux tee-shirt. Ensuite, ils demandaient aux étudiants de la salle d’attente s’ils pouvaient se rappeler comment étaient habillés les premiers.

Les étudiants vêtus du tee-shirt ont estimé que 50% des personnes dans la salle d’attente avaient remarqué leur look horrible. En réalité, ils n’étaient que 10% à 20% environ.

Cette expérience montre bien à quel point les autres sont peu soucieux de notre propre apparence. Ils ne remarquent que trés rarement nos fautes de goût, nos imperfections et nos petites erreurs. Le blocage que la peur du regard de l’autre engendre n’a donc souvent pas lieu d’être.

Le simple fait d’avoir pris conscience de cet effet m’a permis de m’affranchir en grande partie de cette peur. Je sais maintenant que la ville entière ne va pas rire si ma braguette reste ouverte, et que mes imperfections ne resteront pas dans les annales de l’histoire. Du coup, ma confiance en moi à fait un bond en avant, et cela m’a permis de guerir en partie de ma timidité.

Bien entendu, je ne prétends pas qu’il s’agisse d’une méthode miracle, capable de guérir n’importe quel timide. Je ne prétends pas que vos complexes vont s’envoler du jour au lendemain, ni que vous allez acquérir d’un coup une confiance inébranlable. Toutefois, cette méthode fut efficace pour moi, peut-être le sera-t-elle pour vous ?

Voici donc la manière dont je procède lorsque la peur du regard d’autrui me bloque : Lorsque ma braguette est ouverte, je me dis « Et moi, est-ce que je remarque les braguettes ouvertes des autres ? Auquel cas, est-ce que je les classe automatiquement dans la catégorie « Gros looser minable ? » » Lorsque mon réveil ne sonnait pas le matin (c’est toujours la faute du réveil) et que je devais partir au boulot mal coiffé, j’étais gêné. Maintenant, je pense « Beaucoup sont dans mon cas. Est-ce que je remarque qu’ils sont mal coiffés ? ».

A chaque fois que vous avez peur que l’on remarque l’une de vos erreurs ou imperfections, pensez « Et moi, est-ce que je le remarquerais ? Et quelle serait ma réaction ? ». Bien souvent, vous découvrirez que ce que vous pensiez être une tare ignoble ou un problème honteux, n’a en fait pas plus d’importance qu’un pet de lapin. Vous saurez alors qu’il n’y a pas lieu d’être gêné, et votre blocage aura de bonnes chances de disparaître.

  1. Gilovich, 2000 []
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Comment convaincre votre patron de vous laisser prendre des pauses ?

Si vous avez lu les deux derniers articles sur les problèmes de santé liés à l’ordinateur et sur l’art de la pause café, j’espère que vous êtes maintenant convaincu des bénéfices des pauses au travail.

Pourtant, dans certaines entreprises aux méthodes de gestion des RH un peu, disons… old school, les managers ne voient pas d’un trés bon oeil que les employés prennent trop de pauses. Pour eux, pause = perte de temps = perte d’argent = pas glop ! (cet exemple démontre bien à quel point le processus de réflexion d’un manager peut être primaire, parfois…).

Voici donc quelques arguments pour convaincre votre patron que lui aussi y gagne si vous prenez des pauses.

La pause café ? Tout le monde y gagne !

  1. Ses employés travailleront mieux : Un employé qui ne prend pas de pause voit sa concentration et sa capacité de réflexion décroître au fil des heures. En revanche, prendre des pauses permet de rester frais et dispos, et d’être au maximum de ses capactités intellectuelles quasiment toute la journée.
  2. Ses employés travailleront plus longtemps : Un employé qui ne prend pas de pauses a l’impression que la journée dure des siècles. Sans interruptions régulières, le temps semble trés long. Du coup, dés 17h, l’employé n’a qu’une envie : tout plaquer pour rentrer chez lui se reposer.En revanche, le fait de s’arrêter régulièrement rythme la journée, et le temps passe plus vite. L’employé trouve alors moins pénible de rester plus tard au bureau pour finir ce qu’il a à faire.
  3. Ses employés seront plus heureux : Pour un employé qui ne prend pas de pause, une journée de travail est tout ce qu’il y a de plus barbant et monotone. Le pauvre travailleur se lève le matin la mort dans l’âme, déprimé à l’idée de la morne journée qui l’attend, et il se couche le soir, désespéré de savoir que le schéma se répétera le lendemain, et le jour d’après, et celui d’après, etc.Par contre, si l’employé peut prendre des pauses, il se lèvera de bonne grâce le matin, et sera naturellement d’humeur guillerette en évoquant les agréables moments qu’il pourra passer à se détendre avec ses collègues, à discuter de tout et de rien en sirotant un excellent café payé par la direction, et à effectuer quelques étirements simples pour assouplir son corps. Il sera également enchanté de penser qu’il rentrera chez lui le soir en pleine forme, encore capable d’avoir une vraie vie de famille.
  4. Ses employés seront plus créatifs : C’est un corollaire du point précédent. Des études ont démontré que la bonne humeur a une influence trés importante sur la créativité1. Un état mental positif provoque une ouverture d’esprit, porte d’entrée à des associations d’idées originales.Des employés créatifs sont d’un bénéfice inéstimable pour une entreprise. Ce sont des employés qui ont des idées, et prennent des initiatives.
  5. Ses employés coûteront moins cher : De plus en plus d’accidents du travail sont liés aux troubles musculosquelettiques. Or ces problème peuvent en grande partie être évités par l’utilisation de positions de travail ergonomique, et par la prise de pauses régulières.Un employé qui prend des pauses est un employé qui s’absente moins, et qui contribue à reboucher le trou de la sécu.
  6. Ses employés seront mieux coordonnés : Des employés qui prennent leurs pauses en même temps discutent ensembles, apprennent à mieux se connaître, ce qui contribue à détendre l’atmosphère, et à créer un climat de confiance. Lorsque ces mêmes employés doivent travailler en équipe, ils sont plus efficaces, et c’est encore l’entreprise qui en bénéficie.

Si avec tout ça, votre patron n’est pas convaincu, et bien, peut-être faudrait-il changer de boulot ? Ou mieux encore, remplacez le 😉

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Savoir dire non

Si vous me disiez que vous n’avez jamais accepté une requête, tout en souhaitant secrètement avoir refusé, je ne vous croirais pas. Tous, un jour ou l’autre, nous avons connu les déboires liés à l’incapacité de dire non. Etude de cas :

Le directeur :
– Roger, je vous confie la rédaction de ce rapport, j’en ai un besoin urgent, je le veux demain matin sur mon bureau à la première heure

Roger pense :
– Non mais dis donc, espèce d’andouille incompétente ! Tu crois peut-être que je suis ton esclave personnel ?! C’est manager depuis deux mois, et ça se croit le maître du monde !? Ton rapport, tu peux te le foutre là ou je pense ! Comme si je n’avais pas assez de trucs à faire, avec ce projet prioritaire à finir pour hier, et la grippe du gosse !

Mais Roger dit :
– Bien, monsieur le directeur.


La coiffeuse, en tenant un miroir :
– Alors, ça vous plaît, Mme Michu ?

Madame Michu pense :
– Non mais qu’est-ce que c’est que cette horreur ?! Où tu as eu ton diplôme de coiffeuse ? Dans une pochette surprise ?! De quoi j’ai l’air, moi, maintenant ?! Je ne vais pas pouvoir sortir sans chapeau pendant un mois !

Mais madame Michu dit :
– Oui, oui, c’est trés bien, merci beaucoup


Henri, un collègue de Robert :
– Robert, tu es mon dernier espoir. J’ai oublié mon portefeuille chez moi, et j’ai absolument besoin d’argent. Pourrais tu me prêter 50€ ? Je te les rends sans faute lundi !

Robert pense :
– Et puis quoi encore ! La dernière fois, tu es allé te saouler avec, espèce de pochtron ! Tu peux pas bosser, comme tout le monde ? Moi aussi, j’ai des dettes, figure toi ! Et je te rappelle que j’attends toujours tous les tickets restaurants que je t’ai avancé le mois dernier ! Je te connais, mon billet de 50, je ne vais jamais le revoir.

Mais Robert dit :
– Bon, bon, d’accord. Mais lundi sans faute, hein ?!


Qu’ont en commun tous ces personnages ? Tous, ils ressentent de la frustration et du dépit face à des situations courantes de la vie réelle, parce qu’ils n’ont pas été capable de dire non. Être incapable de refuser une demande peut parfois nous amener à ressentir des sentiments violents et négatifs vis-à-vis de nous même et des autres.

Ainsi, celui qui n’a pas su dire non va se sentir coupable de son manque de courage. L’impression de ne pas maîtriser sa vie provoquera de la frustration, et il éprouvera du ressentiment face à celui qui lui a « imposé » quelque chose qu’il ne désirait pas.

Pourquoi est-il si difficile de dire non ?

Pourtant, ceux qui ont déjà expértimenté ces sentiments savent que dire non n’est pas toujours aisé. La plupart du temps, répondre par l’affirmative est beaucoup plus facile, et surtout beaucoup moins effrayant.

C’est bien de peur que l’on parle. C’est souvent la peur qui nous bloque, et nous empêche de poser nos limites.

  • La peur d’être jugé : Certains considèrent que dire non équivaut à un aveu de faiblesse, et ils ont peur d’être jugés en conséquence. Si je refuse de prendre ce dossier supplémentaire, je vais passer pour un fainéant, et adieu ma promotion. Si je refuse d’aller à cette soirée, je vais passer pour un rabat-joie.
  • Les peur des conflits : En disant non, certains ont l’impression de tenir tête à leur interlocuteur. Ils préfèrent alors dire oui, à condition d’éviter les ennuis à tout prix.
  • La peur de blesser : Essuyer un refus n’est pas toujours agréable. Par conséquent, il arrive à certains de dire oui dans le seul but de ne pas décevoir leur interlocuteur. Ceux dans ce cas se résignent à dire oui car ils s’estiment responsables de la déception de l’autre.
  • La peur de décevoir : Certains s’imaginent absolument indispensables, et se considèrent des obligations extravagantes envers les autres. C’est le cas de celui qui ne manque aucune soirée parce que « sans moi, ils ne s’amuseront pas autant ».

Les bénéfices du non

La plupart du temps, ces peurs sont irrationnelles, et sont le reflet d’un problème d’affirmation de soi. Pourtant, utilisé avec parcimonie, le non peut être trés bénéfique.

  • Gagner du temps : Si vous refusez à votre patron les tâches qui ne vous reviennent pas, si vous refusez de vous rendre à une soirée qui ne vous intéresse pas, vous dégagerez du temps libre, et serez un peu plus maître de votre emploi du temps. Je suis sûr que vous ne seriez pas contre une ou deux heure libres en plus de temps en temps, si ?
  • Être en accord avec soi même : Si vous apprenez à affirmer vos préférences, à refuser ce qui ne vous convient pas, vous vous sentirez bien plus confortable mentalement. Vous éviterez ainsi les problèmes de frustration liés au manque d’affirmation de soi.
  • Donner de la valeur au oui : Si vous acceptez tout ce que l’on vous demande, mais faites preuve de mauvaise volonté, vous ne serez pas considéré comme quelqu’un de confiance. En revanche, si vous savez dire non quand quelque chose ne vous convient pas, les autres sauront que vous êtes parfaitement franc lorsque vous dites oui.
  • Affirmer sa personnalité : En affirmant franchement vos préférences, vous aiderez les autres à cerner votre personalité. Avez vous remarqué comme certains ne donnent jamais leur opinion ? Et comme ces gens sont pénibles, insondables, sans personalité ? En apprenant à dire non, vous deviendrez moins « flou », moins superficiel, et gagnerez en charisme.

Comment dire non ?

Bon, ce n’est pas tout ça, mais si vous avez lu jusqu’ici, vous devez trépigner d’impatience : « Oui, moi aussi, je veux apprendre à dire non ». Trés bien, trés bien (on ne peut rien vous refuser). Voici donc une méthode en six étapes pour apprendre à dire non, sans être aggressif ni blesser votre interlocuteur.

  1. Sachez ce que vous voulez : Il nous arrive d’accepter une invitation avant de savoir si nous désirons réellement nous y rendre. Ce n’est que plus tard, trop tard, que viennent le remord et la frustration de n’avoir su dire non.La première chose à faire, c’est de savoir ce que vous voulez. Si vous hésitez sur la réponse à donner à une requête, prenez le temps d’y réfléchir convenablement. Tant que vous balancerez entre deux choix, vous ne pourrez pas déterminer quelle est la réponse qui vousconviendra. Quand vous aurez reglé vos problèmes d’ambivalence, passez à l’étape suivante.

    Parfois, votre interlocuteur vous pressera pour obtenir une réponse rapide. N’hésitez pas à temporiser en expliquant que vous avez besoin de réflexion pour lui donner une réponse viable. Précisez à quel moment précis votre décision définitive sera disponible, ce qui l’aidera à patienter. Si l’on exige de vous une réponse immédiate, affirmez que vous ne disposez pas de tous les éléments pour la donner, et que toute affirmation de votre part ne pourra qu’être aléatoire et approximative.

  2. Dites non : Maintenant que vous savez que vous devez répondre par la négative, et bien, faites le. Un simple « non, je suis désolé » suffira pour l’instant. Cela permettra à votre interlocuteur de prendre acte de votre refus.Soyez franc, précis et direct. Vous refusez, faites le savoir, et surtout faites le comprendre. Ne vous embarquez pas dans des phrases du genre « Euh… Tu comprends… ça ne va pas être pratique… ».

    Ne soyez pas non plus aggressif ! Même si votre patron vous surcharge de travail, il ne le fait pas forcément pour vous nuire personnellement, et il n’est pas censé savoir que votre emploi du temps est déjà rempli. Contentez vous d’exprimer clairement et simplement votre volonté.

  3. Expliquez pourquoi : Puisque vous savez pourquoi vous dites non, et bien expliquez le. Après tout, personne ne sait ce que vous pensez. Donnez des raisons objectives qui permettront à votre interlocuteur de comprendre que votre refus est motivé par des raisons valables.Expliquez votre point de vue en utilisant le « je ». Ne dites pas « vous me donnez trop de travail », mais « je n’aurai pas le temps de faire tout le travail que vous me donnez ».
  4. Exprimez votre sentiment : Expliquez ce que vous ressentez devant cette situation, pour aider l’interlocuteur comprendre votre position, et à se rendre compte de la validité de vos explications.Le fait d’exprimer vos sentiments permet d’atténuer le choc du refus, ce qui aidera l’autre à l’accepter.
  5. Cherchez une solution : Proposez une solution à votre interlocuteur pour régler le problème, afin de parvenir à un accord. Par exemple, si vous refusez d’aller à une soirée, proposez de venir à la prochaine. Si vous devez refuser une réunion, expliquez qu’en cas de question urgente, vous serez joignable au téléphone.Expliquez quels seront les bénéfices commun que chacun d’entre vous pourrez gagner grâce à ce accord.

Exemple 1 : refuser une invitation à une soirée entre amis

Non, je suis désolé, mais je ne pourrai pas venir à cette soirée. Je sais que tu comptais sur ma présence, et cela me désole de te décevoir, mais j’ai eu une semaine chargée, et j’ai vraiment besoin de repos, j’ai un examen dans trois jours. Si tu veux, dés la fin de mes partiels, on se fera des sorties ensembles pour rattraper le temps perdu. Comme ça, je sera débarrassé du stress des exams, et ce sera plus agréable pour toi

Exemple 2 : refuser d’aller à une réunion

Non, je ne peux pas aller à cette réunion. Je suis déjà surchargé de travail, et il faudra encore que j’emporte des dossiers à la maison pour les terminer ce week-end. Cela m’ennuie, mais vous devrez vous passer de moi. Si vous avez une question urgente, je reste disponible par téléphone, et je m’informerai du compte rendu de la réunion. Ainsi, je peux espérer finir à temps le projet urgent que vous m’avez vous même confié pas plus tard que ce matin.

Exemple 3 : refuser de prêter de l’argent

Non, désolé, mais je ne peux pas te prêter d’argent. Je sais que tu en as besoin, mais je suis pas riche, et je te rappelle que j’attends toujours mes 50€ que je t’ai prêté le mois dernier. Peut-être que tu pourrais demander à quelqu’un d’autre ? Pourquoi pas Georges ? Il ne refuse jamais rien à personne. Je suis sûr que lui te les prêterai, tes 50€. Et moi, cela m’éviterai de me faire étriper par mon banquier.